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Rata beauceron — illustration générée par IA Illustration générée par IA

Centre-Val de Loire

Rata beauceron

« Longtemps considéré comme le plat du pauvre », le rata servait le soir aux journaliers des fermes de Beauce — et son odeur, en mijotant, vaut pour beaucoup la madeleine de Proust.

Plat traditionnel du Centre-Val de Loire.

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L'Essentiel

Histoire & Origine

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Le plat des journaliers de la Beauce

Dans les grandes plaines céréalières de l'Eure-et-Loir, le rata fut longtemps le plat unique et nourrissant des ouvriers agricoles, servi après une journée de moisson. On le considérait comme « le plat du pauvre » : il était servi aux journaliers dans les fermes de Beauce, le soir, et s'accompagnait de pain. Il est d'ailleurs présenté comme le seul plat traditionnel beauceron.

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Quatre produits de la plaine

Peu onéreux, le rata s'accommode des produits de base et reflète les cultures du pays : le blé, l'oignon, la pomme de terre et le porc en sont les essentiels. Autrefois « au menu de toutes les fermes », il ne variait que par la quantité de lardons, qu'on n'avait pas toujours. Il ne comportait d'ailleurs souvent pas de viande : « Les gens étaient pauvres », explique François Chadorge, et se contentaient du jus de viande pour agrémenter ce plat à base de pommes de terre.

Remis au goût du jour

François Chadorge, ancien chef du Quai Fleuri à Voves, l'a remis au goût du jour en l'inscrivant à sa carte, avec de la poitrine de porc fraîche et de la tomate. À Chartres, Thomas Parnaud, chef du restaurant Le Georges, a retravaillé la recette avec les pommes de terre et les oignons jaunes de son potager, du beurre fermier de Courgeon et de la truffe noire de Trancrainville, en Eure-et-Loir, ou de Touraine selon les arrivages ; une tuile à la truffe noire et au sarrasin de Beauce, moulée sur la forme de la rosace sud de la cathédrale, couronne l'ensemble. Le magazine So Good Paris le cite parmi les « vieilles gloires » que le chef cherche à réhabiliter.

Le Pays Dunois, au sud de l'Eure-et-Loir, y voit un plat « emblématique » de son territoire : en juin 2026, un défi culinaire a invité trois restaurants à en proposer une interprétation contemporaine, à partir de produits locaux et de saison.

Caractéristiques du produit

Description sensorielle

Aspect

un plat en sauce consistant, de pommes de terre revenues avec des oignons ; la préparation doit être lisse et consistante, plus liquide qu'une béchamel.

Odeur

l'odeur qu'il dégageait en mijotant équivaut pour beaucoup à la madeleine de Proust.

Texture

les pommes de terre sont fondantes.

Variétés & déclinaisons

La recette courante de la Société dunoise fait revenir des lardons et des oignons, saupoudre de farine, mouille de bouillon ou d'eau, ajoute les pommes de terre, et laisse mijoter doucement, avec thym et laurier si l'on aime. Les versions varient : lard fumé et saindoux avec un bouillon de poule dans un livre de recettes beauceronnes, lardons fumés et bouquet garni dans une autre, et, chez le chef Chadorge, poitrine de porc fraîche, vin rouge, fond de veau et concentré de tomates.

Mode de fabrication

01

Revenir

les oignons émincés (et les lardons, quand il y en a) sont dorés dans la graisse.

02

Farine

on saupoudre de farine et on laisse roussir légèrement.

03

Mouiller

bouillon ou eau, puis les pommes de terre coupées en morceaux.

04

Mijoter

à feu doux, de 30 à 45 minutes selon les livres de recettes, en remuant régulièrement ; la version du chef Chadorge mijo… Lire la suite
à feu doux, de 30 à 45 minutes selon les livres de recettes, en remuant régulièrement ; la version du chef Chadorge mijote trois heures.

Dégustation & accords

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Plat unique et nourrissant, le rata s'accompagne de pain. Dans sa version traditionnelle, il se sert aussi avec un rôti.

Labels & Certifications

À noter

Le rata beauceron n'est protégé par aucun signe officiel de qualité : c'est un plat de tradition paysanne, transmis par les recettes familiales et les ouvrages régionaux. Il figure en revanche à l'inventaire du patrimoine culinaire de la région Centre, terminé en 2012, qui le range parmi ses 110 produits, dans la catégorie « Viandes et volailles ».

Les acteurs du terroir

Table Chartres

Le Georges

Restaurant

Le Georges est le restaurant gastronomique de l'hôtel Le Grand Monarque, place des Épars à Chartres, distingué d'une étoile au Guide Michelin et récompensé par le Gault & Millau. Aux fourneaux depuis juin 2018, le chef Thomas Parnaud y invite à découvrir ou redécouvrir des recettes tombées en désuétude, avec une cuisine qui s'appuie sur des produits locaux et de saison.

Parmi ces plats remis à l'honneur figure le rata beauceron : le chef en a retravaillé la recette avec les pommes de terre et les oignons jaunes de son potager, du beurre fermier de Courgeon et de la truffe noire d'Eure-et-Loir ou de Touraine, selon les arrivages. Le magazine So Good Paris le cite, avec le pithiviers de colvert de Sologne et le silure du bassin de la Loire, parmi les « vieilles gloires » qu'il cherche à réhabiliter.

Adresse22 Pl. des Épars, 28000 Chartres, France
Téléphone07 65 26 73 37
Emailinfo@monarque.fr
Site webgrand-monarque.com
VisiteOui — restaurant (se renseigner pour les horaires)