Mise à jour le

Agneau de Pauillac — illustration générée par IA Illustration générée par IA

IGP — Aquitaine

Agneau de Pauillac

Agneau de bergerie sans parcours — allaité à la mère dans les prés du Médoc — chair rose claire, saveur délicate, tradition festive depuis le Moyen Âge.

Agneau d'Aquitaine, IGP depuis 2004.

Découvrir

L'Essentiel

Histoire & Origine

Agneau de Pauillac — illustration générée par IA Illustration générée par IA

Des Pyrénées aux vignobles du Médoc

L'histoire de l'Agneau de Pauillac commence dans les montagnes du Béarn, avec la grande transhumance hivernale qui animait chaque année les routes de l'Aquitaine : dès le XIIe siècle, les plaines cultivées de Gascogne recevaient déjà des brebis béarnaises, et les bergers des vallées d'Aspe, d'Ossau et de Baretous continuèrent au fil des siècles — les béarnais colonisant plus particulièrement l'Entre-deux-Mers au XVIIIe siècle — à descendre leurs troupeaux vers les plaines girondines pour l'hiver. Parallèlement, les « moutonniers » de la lande de Médoc quittaient chaque automne leurs landes humides et inondées pour rejoindre les terres égouttées des bords de Gironde, aujourd'hui occupées par le vignoble. Cette migration saisonnière installa durablement l'élevage ovin sur les terres de la Gironde, au cœur de l'un des plus grands vignobles du monde — la présence des troupeaux y est d'ailleurs antérieure à celle des vignes, comme en témoignent les bergeries visibles sur les cartes du XVIIIe siècle dans les paroisses de Pauillac et Saint-Julien-Beychevelle.

Agneau de Pauillac — illustration générée par IA Illustration générée par IA

Une naissance dans les bergeries du Médoc

C'est dans ce contexte pastoral ancestral que naquit l'Agneau de Pauillac, tel qu'on le connaît aujourd'hui : hivernant en terre étrangère, les bergers de la lande et des Pyrénées gardaient leurs agneaux exclusivement nourris au lait de leur mère, à la bergerie, jusqu'à leur sacrifice. Cette pratique de l'allaitement sous la mère, sans sevrage précoce, conférait aux jeunes animaux une chair claire et d'une tendreté remarquable, très appréciée sur le marché de Bordeaux. Le nom de « Pauillac » s'imposa naturellement, ancré dans une géographie viticole de renommée mondiale.

La consécration républicaine et l'IGP

La réputation de l'Agneau de Pauillac franchit les portes de l'Élysée le 2 mai 1903, lorsqu'il figura au menu du dîner offert par le Président Émile Loubet à Sa Majesté le Roi d'Angleterre — un prestige confirmé près d'un siècle plus tard par sa présence au menu du déjeuner offert par le Président François Mitterrand à l'Empereur et l'Impératrice du Japon, le 6 octobre 1994. Longtemps défendu par les éleveurs girondins fiers de leur tradition pastorale, le produit obtint sa reconnaissance officielle avec l'attribution de l'IGP en 2004, garantissant l'origine et le mode d'élevage de chaque agneau commercialisé sous cette dénomination.

Caractéristiques du produit

Description sensorielle

Aspect

Chair d'une couleur claire caractéristique, gras blanc ou légèrement rosé, de consistance ferme

Odeur

Arômes doux, caractéristiques d'un animal élevé exclusivement au lait maternel

Goût

Goût d'agneau intense mais jamais fort, sans excès — la viande se distingue nettement des agneaux de lait plus fades comme des agneaux lourds traditionnels au goût plus marqué

Texture

Tendreté remarquable, peu filandreuse

Variétés & déclinaisons

L'Agneau de Pauillac est commercialisé en carcasse entière, en découpe ou en unité de vente au consommateur. Il est issu de brebis des races Basco-Béarnaise, Tarasconnaise, Lacaune viande ou Blanche du Massif Central, croisées avec des béliers Charolais, Rouge de l'Ouest, Suffolk ou Berrichon du Cher. Non sevré, il est abattu entre 40 et 80 jours de vie, pour un poids de carcasse de 11 à 17 kg. Les morceaux commercialisés en gros sous IGP sont le gigot, la culotte, le baron, le carré, le quart avant et l'épaule.

Mode de fabrication

01

Mise-bas en bergerie

L'agneau naît et est élevé sur la même exploitation que sa mère, en bergerie, sur litière de paille obligatoire.

02

Allaitement sous la mère

Chaque agneau tète au pis de sa mère ; aucun aliment d'allaitement artificiel n'est autorisé, y compris en cas d… Lire la suite
Chaque agneau tète au pis de sa mère ; aucun aliment d'allaitement artificiel n'est autorisé, y compris en cas d'adoption, et l'animal n'est jamais sevré. Un complément concentré à base de céréales peut être fourni, dans la limite de 45 % de l'alimentation totale, à l'exclusion de toute farine ou graisse animale, antibiotique ou facteur de croissance.
03

Durée d'élevage courte

Entre 40 et 80 jours maximum, l'agneau est abattu selon les règles de l'IGP, pour un poids de carcasse de 11 à 1… Lire la suite
Entre 40 et 80 jours maximum, l'agneau est abattu selon les règles de l'IGP, pour un poids de carcasse de 11 à 17 kg.
04

Transport et abattage encadrés

Le transport dure au maximum 8 heures et le délai entre la sortie de l'exploitation et l'abattage ne dépasse pas… Lire la suite
Le transport dure au maximum 8 heures et le délai entre la sortie de l'exploitation et l'abattage ne dépasse pas 48 heures ; les carcasses sont ressuées en chambre froide dès l'abattage.
05

Traçabilité

Chaque carcasse porte un marquage permettant de remonter jusqu'au troupeau d'origine.

Dégustation & accords

Agneau de Pauillac — illustration générée par IA Illustration générée par IA

L'Agneau de Pauillac se cuisine traditionnellement rôti au four, légèrement arrosé de graisse de canard selon l'usage gascon, accompagné de haricots lingots ou de cèpes de Bordeaux. Sa chair douce supporte très bien les préparations simples qui en préservent la finesse : gigot à l'ail, côtelettes grillées, carré rôti aux herbes de la garrigue. Le mariage naturel avec les grands vins de Pauillac — Cabernet Sauvignon, Merlot — s'impose, leur tanins fondus soulignant la douceur lactée de la viande sans l'écraser.

Labels & Certifications

IGP

Depuis : 2004

Zone couverte : Département de la Gironde

Exigences clés : Agneau non sevré, âgé de 40 à 80 jours maximum ; né et élevé sous la mère sur la même exploitation ; allaitement artificiel interdit ; complément céréalier autorisé (≤ 45 %), sans farines ni graisses animales

Les acteurs du terroir

Producteur Gaillan-en-Médoc

Eleveurs Girondins

Groupement

Fondé en 1983, le Groupement des Eleveurs Girondins (GEG) rassemble en 2024 150 éleveurs, producteurs de bovins et d'ovins, avec pour objectif de développer et promouvoir une production locale de viande de qualité respectueuse de l'environnement. Dans les années 2000, le groupement a fait le choix de valoriser sa production en circuit court en ouvrant sa première boucherie dans l'Entre-Deux-Mers, à la rencontre des consommateurs locaux.

Le GEG porte aujourd'hui les Boucheries des Eleveurs Girondins : cinq magasins répartis sur le territoire girondin — Mérignac, Créon, Bègles, et prochainement Gaillan-Médoc et Toulenne — qui accueillent près de 3 500 clients chaque semaine. Le groupement revendique des engagements autour du bien-être animal, de la viande de terroir, du circuit court, de l'élevage extensif, de l'agriculture raisonnée et du commerce équitable. Il est également porteur du projet de l'Abattoir de Proximité de Bègles, encadré par une charte de bonnes pratiques.

Parmi ses produits phares figurent le bœuf, le veau de lait, ainsi que l'Agneau de Pauillac et le Petit Prince.

Adresse1a Rue de la Rège, 33340 Gaillan-en-Médoc, France
Téléphone+33 5 56 41 69 83
Site webeleveursgirondins.com