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Angélique confite de Niort — illustration générée par IA Illustration générée par IA

Poitou-Charentes

Angélique confite de Niort

"L'herbe des anges" — c'est son surnom médiéval, celui qu'on lui donna quand on croyait que cette grande ombellifère aux tiges vertes et cannelées protégeait de la peste et des mauvais esprits. À Niort, on a préféré la confire dans le sucre. Le résultat est à la hauteur du nom : céleste.

Confiserie du Poitou-Charentes.

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L'Essentiel

Histoire & Origine

Angélique confite de Niort — illustration générée par IA Illustration générée par IA

Une plante venue du Grand Nord

L'angélique officinale (Angelica archangelica) est originaire du nord de l'Europe — Scandinavie et Groenland. Plante des zones humides et froides, elle trouve dans les marais du Poitou — le Marais Poitevin, appelé la "Venise verte" — un terrain idéal : humidité permanente, sol riche, fraîcheur des eaux. Elle y est implantée depuis le XIIe siècle, introduite par des moines venus valoriser cette vaste zone humide pour les vertus médicinales de la plante.

Au Moyen Âge, l'angélique est considérée comme une plante protectrice : la légende attribue à l'archange Raphaël la révélation de ses vertus médicinales, ce qui lui vaut son nom d'archangelica — herbe de l'archange. Dès le XIVe siècle, elle est cultivée dans les jardins des monastères d'Europe centrale comme préventif de la peste. À Niort, une anecdote rapportée par son producteur veut qu'en 1603 les habitants mâchaient déjà ses tiges pour se prémunir de l'infection.

Les religieuses et la confiserie

C'est aux religieuses de Niort, au cours du XVIIIe siècle, qu'on attribue l'invention de la confiserie d'angélique : elles ont l'idée d'intégrer le confisage dans leurs techniques de transformation de la plante, donnant des bâtonnets verts, translucides, croquants puis fondants, au parfum unique — herbacé, légèrement anisé, doux et envoûtant.

Le succès est immédiat. Dès la fin du XVIIIe siècle, le commerce de l'angélique confite de Niort est florissant. Un rapport du préfet Dupin, daté de 1827, précise : "En 1789, Niort expédiait près de 1 000 myriagrammes (10 tonnes) d'angélique confite, tant pour l'intérieur de la France que pour l'étranger." Le blocus continental, en renchérissant le sucre, fait chuter la production à 100-150 myriagrammes dès 1821 — l'angélique confite reste alors une friandise de luxe très prisée jusque dans les milieux aristocratiques parisiens. Le 13 octobre 1852, un aigle impérial sculpté en angélique confite est offert à Louis-Napoléon Bonaparte, de passage à Niort ; en 1900, la spécialité est mise à l'honneur lors de l'Exposition universelle.

Déclin et renaissance : la Maison Thonnard

Au XXe siècle, la production d'angélique confite de Niort connaît un déclin : les restrictions de sucre pendant la Seconde Guerre mondiale interrompent la culture, et l'urbanisation éloigne progressivement les champs du pied du Donjon vers la périphérie de la commune. Le flambeau passe de main en main — la distillerie Quintard, avenue Gambetta, traite encore 60 tonnes de tiges d'angélique en 1950, avant que les établissements Fallourd, arrivés à Niort vers 1953, ne reprennent l'activité.

En 1979, Pierre Thonnard reprend et relance la production artisanale de l'angélique confite de Niort, s'appuyant sur une technique ancienne retrouvée auprès d'un dernier producteur niortais. Il cultive lui-même l'angélique sur l'île de la Roussille, à trois kilomètres de son atelier avenue de Sevreau, dans les conditions traditionnelles du Marais Poitevin. Le savoir-faire est aujourd'hui aussi porté collectivement par l'Association de Promotion de l'Angélique Niort-Marais Poitevin, fondée fin 2000 à l'initiative des acteurs locaux, qui fédère producteurs, confiseurs et liquoristes autour d'une fête annuelle de l'Angélique organisée chaque mois de mai à Bessines.

Caractéristiques du produit

Description sensorielle

Aspect

Bâtonnets verts translucides, d'une dizaine de centimètres, légèrement brillants et nervurés. Leur couleur varie du vert tendre au vert émeraude profond selon le stade de récolte et la durée de confisage.

Goût

La première sensation est sucrée, puis s'installe un parfum complexe et singulier : herbacé, légèrement anisé et camphré, avec une légère amertume végétale en fin de bouche qui rappelle l'origine sauvage de la plante.

Texture

À la touche, la surface est légèrement collante, le bâtonnet ferme mais non dur. En bouche, la texture est croquante puis fondante — le sucre a pénétré entièrement la fibre de la tige.

Mode de fabrication

01

Récolte

Tiges de première année prélevées entre mai et septembre selon la transformation visée ; pour le confisage, on recherche… Lire la suite
Tiges de première année prélevées entre mai et septembre selon la transformation visée ; pour le confisage, on recherche les tiges les plus tendres, avant qu'elles ne deviennent fibreuses
02

Stockage et blanchiment

Tiges fraîches stockées en bain d'anhydride sulfureux dilué, puis ébouillantées et épluchées

03

Premier confisage

Immersion dans un sirop de sucre léger, en montée progressive de concentration

04

Confisages successifs

Répétition de bains de sirop de plus en plus concentrés, jusqu'à ce que le sucre pénètre entièrement la fibre de la … Lire la suite
Répétition de bains de sirop de plus en plus concentrés, jusqu'à ce que le sucre pénètre entièrement la fibre de la tige
05

Égouttage

Bâtonnets égouttés puis glacés (confits)

06

Séchage

Séchage à l'air libre ou en étuve douce pour fixer la surface

07

Conditionnement

En boîtes en bois ou sachets, bâtonnets entiers, en miettes ou moulés en sujets divers empruntés à la faune et la flore … Lire la suite
En boîtes en bois ou sachets, bâtonnets entiers, en miettes ou moulés en sujets divers empruntés à la faune et la flore locales

Dégustation & accords

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L'angélique confite entre traditionnellement dans la confiserie, la confiture, la pâtisserie et la liqueur — sa couleur verte vive en fait un ingrédient décoratif recherché des confiseurs.

Suggestion de dégustation : nature, en fin de repas, avec un café ou un thé ; ou avec un Pineau des Charentes blanc frais, dont la douceur vineuse complète le parfum herbacé de l'angélique, ou avec un thé vert en infusion.

Labels & Certifications

À noter

L'angélique confite de Niort ne bénéficie à ce jour d'aucun label officiel (AOP/IGP) — elle ne figure pas parmi les 37 produits sous Indication Géographique Protégée recensés en Nouvelle-Aquitaine. La spécialité est portée par l'Association de Promotion de l'Angélique Niort-Marais Poitevin, fondée fin 2000, qui fédère producteurs, confiseurs et liquoristes et bénéficie du soutien des collectivités locales (Agglomération et ville de Niort, Conseil départemental des Deux-Sèvres, Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine).

Les acteurs du terroir

Producteur Niort

Établissements Thonnard

Confiserie artisanale

L'entreprise se présente comme le site consacré à l'angélique de Niort et à ses transformations. Pierre Thonnard veille sur les plantations d'angélique de Magné et de Chanteloup, dans le Marais Poitevin, et maintient une production artisanale diversifiée. L'angélique y est transformée en liqueur, crème, confiture, coulis et fruit confit, ainsi qu'en glaces et pâtisseries. La vente directe se fait à l'entreprise, avenue de Sevreau à Niort, du mardi au samedi de 8h à 12h15 et de 14h à 19h.

AdresseAv. de Sevreau, 79000 Niort, France
Téléphone+33 5 49 73 47 42
Emailthonnard@angelique-niort.com
Site webangelique-niort.com
VisiteOui — vente directe à l'atelier