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Berlingots nantais — illustration générée par IA Illustration générée par IA

Pays de la Loire

Berlingots nantais

Bonbon tétraédrique au sucre tiré et coloré, né du grand commerce du sucre antillais sur les quais de Nantes — chaque parfum a sa couleur, chaque couleur son souvenir d'enfance nantais.

Confiserie des Pays de la Loire.

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L'Essentiel

Histoire & Origine

Berlingots nantais — illustration générée par IA Illustration générée par IA

Ancienneté et naissance du produit

L'histoire du berlingot nantais est enveloppée de légendes. La plus répandue veut qu'une cantinière des armées de Bonaparte ait rapporté la recette de la campagne d'Italie de 1796 — mais l'examen des archives ne confirme pas ce récit : l'intéressée est en réalité née en 1817. Le berlingot est en fait d'origine italienne (le berlingozzo, une sorte de macaron), sans doute passé par la Provence, où le berlingot provençal est attesté dès 1511 ; les machines nécessaires à sa fabrication industrielle y sont d'ailleurs mises au point dès 1851, à Carpentras, avant Nantes.

À Nantes, c'est à la fin du XIXe siècle que la confiserie du berlingot s'installe durablement rue de la Fosse, dans la plus ancienne maison encore en activité aujourd'hui : fondée en 1823 par Rogier au 8 rue de la Fosse, transférée au 9 en 1838, elle passe à Jules Suard puis, associé à Georges Gautier à partir de 1892-1893, décroche une médaille d'argent à l'Exposition universelle de Paris en 1900. Une fabrication industrielle se développe en parallèle dès les années 1860, portée par l'importation et le raffinage du sucre antillais dans le port de Nantes ; plusieurs confiseries industrielles coexistent alors, notamment dans le quartier de Malakoff, jusqu'à l'entre-deux-guerres.

Terroir et ancrage géographique

Le berceau du berlingot nantais tient en quelques rues du centre-ville : la place Royale et la rue de la Fosse, où plusieurs fabricants se sont fait concurrence — notamment Bénardin Renaudineau au 4 place Royale, et Jules Suard associé à Georges Gautier au 3 rue de la Fosse. C'est aussi le quartier où débarquait le sucre des Antilles, matière première de cette prospérité sucrière.

Patrimoine et culture locale

Anne-Julienne Couët, cuisinière originaire du pays de Rennes, épouse en 1866 Jean Dupont ; elle serait la « fameuse marchande de la place Royale » évoquée en 1888 par Léon Brunschvicg, qui se souvenait de ses cornets de « piquants » (berlingots à la menthe). Sa petite-fille tient, avant la Première Guerre mondiale au 4 place Royale, la boutique « À la Renommée des berlingots nantais ».

Après la Seconde Guerre mondiale et l'arrivée des bonbons américains, seuls deux confiseurs industriels nantais subsistent, Bonté et Pinson, qui fusionnent en 2006 avant de délocaliser leur production en Vendée en 2011. Seule perdure aujourd'hui à Nantes une fabrication artisanale, poursuivie par Gérald Debotté, qui reprend en 1989 la boutique Gautier de la rue de la Fosse et reste le seul confiseur nantais à façonner encore le berlingot dans son quartier de naissance.

Caractéristiques du produit

Description sensorielle

Aspect

Bonbon triangulaire aplati, surface striée longitudinalement, couleur translucide (rose menthe, jaune citron, noir cassis, marron café).

Odeur

Arôme sucré net, avec notes du parfum (menthe fraîche, citron zesté, cassis noir, café torréfié).

Goût

Sucre pur et croquant, dissolution rapide, saveur concentrée de l'épice (menthe très fraîche, citron acidulé, cassis amer-sucré, café amer-sucré).

Texture

Dureté et fragilité caractéristiques du sucre tiré (se casse net en bouche), pas collant.

Mode de fabrication

01

Cuisson

Sucre cristal, sirop de glucose et eau, cuits à une température très précise pour obtenir la bonne consistance.

02

Coloration et arôme

La pâte étalée sur le marbre s'enrichit aussitôt du colorant et de l'arôme, que le confiseur mêle au sucre cuit … Lire la suite
La pâte étalée sur le marbre s'enrichit aussitôt du colorant et de l'arôme, que le confiseur mêle au sucre cuit à la spatule.
03

Malaxage

La pâte est malaxée à la main et peu à peu formée en boule.

04

Roulage

La boule passe sur la « rouleuse », puis deux cylindres coniques en cuivre chauffés la réduisent en un long ruban circul… Lire la suite
La boule passe sur la « rouleuse », puis deux cylindres coniques en cuivre chauffés la réduisent en un long ruban circulaire et mince.
05

Découpe

Le ruban de sucre passe dans la « découpeuse », qui le pince pour lui donner sa forme caractéristique.

06

Séparation

Les berlingots sont malaxés doucement pour être séparés les uns des autres et obtenir le produit fini.

Dégustation & accords

Sucer lentement, en appréciant la saveur. Les enfants adorent ; les adultes gourmands aussi. À offrir ou à consommer nature. Peut accompagner un thé ou un café pour créer une harmonie parfumée.

Labels & Certifications

À noter

Actuellement sans label officiel IGP. Reconnus comme patrimoine gastronomique nantais informel.

Les acteurs du terroir

Producteur Nantes

Maison Debotté — Gérald Debotté

Familiale

La Maison Debotté se présente comme une entreprise familiale nantaise, artisan chocolatier et pâtissier installé à Nantes depuis 1977. L'histoire commence avec les grands-parents, puis se transmet aux parents et à leurs fils, sur trois générations. La maison tient six boutiques dans le centre-ville de Nantes, dont deux salons de thé, notamment au 9 rue de la Fosse.

Elle propose une gamme large : chocolats (bouchées, tablettes, ballotins), confiserie (caramels, pâte de fruits, calissous, berlingots maison), pâtisserie (gâteaux individuels et à plusieurs parts, macarons), viennoiserie et pain, ainsi qu'une épicerie fine (thés, cafés, cacao, confitures). Parmi ses spécialités les plus mises en avant : les berlingots maison, le raisin nantais (raisins macérés à l'eau-de-vie puis enrobés de chocolat) et le ballotin de mascarons nantais, présenté comme sa spécialité la plus célèbre.

Adresse9 Rue de la Fosse, 44000 Nantes, France
Téléphone+33 2 40 48 23 19
Site webdebotte.fr
VisiteOui — boutiques & salons de thé