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Picardie
Entre les haies du bocage de Thiérache et de l'Avesnois, on presse le cidre depuis le XVIIe siècle — un breuvage doré-orangé et légèrement acidulé que les producteurs locaux veulent aujourd'hui faire reconnaître par une Appellation d'Origine Protégée.
Boissons Cidricoles de Picardie.
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Le bocage thiérachien est une terre riche en vergers, où la culture fruitière est une tradition bien ancrée : le cidre de Thiérache y est apprécié depuis le XVIIe siècle pour sa saveur subtile et acidulée. « De tout temps, on y a planté des pommiers », rappelle la presse économique régionale, qui situe la réputation du cidre local bien avant l'installation, à Boué, de l'usine Materne aujourd'hui connue pour ses compotes. Jusque dans les années 1950, ce cidre était la boisson quotidienne des familles d'herbagers, leur apportant un revenu d'appoint bienvenu.
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La filière a été frappée de plein fouet par la prime à l'arrachage de pommiers et de poiriers des années 1960, puis par la fermeture de la cidrerie de Vervins en 1983 : il n'est resté que des fermes vestiges et quelques particuliers passionnés. Après cette période difficile, marquée par l'arrachage de nombreux arbres âgés ou mal entretenus, de nouveaux arboriculteurs ont repris la tradition et monté leur propre cidrerie, en s'appuyant sur des variétés locales anciennes. L'Atelier Agriculture Avesnois-Thiérache accompagne depuis sa création cette replantation de vergers et la relance de la filière cidricole, aux côtés des producteurs et des cultivateurs de pommes.
Depuis 2021, un collectif de quatre producteurs — deux dans l'Aisne, deux dans le Nord — s'est mobilisé, avec l'accompagnement de l'Atelier Agriculture Avesnois-Thiérache, pour valoriser le « Cidre de Thiérache » par un signe officiel de qualité et d'origine : préserver le bocage, les variétés régionales et les traditions, redynamiser la filière cidricole locale et promouvoir la région. Réunis dans le « collectif des producteurs de cidre de Thiérache » et soutenus par la Région Hauts-de-France, ils ont engagé les démarches vers une Appellation d'Origine Protégée, un parcours qui peut prendre jusqu'à dix ans. En attendant, ils organisent des dégustations pour se faire connaître du grand public.
Aspect
Boisson pétillante à la couleur doré-orangé.
Goût
Saveur subtile et légèrement acidulée, rafraîchissante et subtilement savoureuse.
Texture
Effervescence obtenue par refermentation naturelle en bouteille — jamais par gazéification ; cidres non pasteurisés, dits « vivants ».
Les cidreries de Thiérache travaillent des variétés de pommes locales anciennes — colapuis (autrefois appelée Nicolas Puy), dello, roquet-vert, sains-richemont — aux côtés de variétés plus répandues comme la judeline et la mettais. Le cidre qui en résulte se décline en sec (ou brut), demi-sec et doux.
Le jus fermente lentement sur ses levures indigènes, sans produits ajoutés.
L'effervescence vient d'une refermentation naturelle en bouteille, sans gazéification.
Les cidres ne sont pas pasteurisés.
Les premières bouteilles de la récolte sortent aux alentours du mois de juin suivant.
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Typiquement acidulé, le cidre de Thiérache se déguste aussi bien à l'apéritif — où il rafraîchit — qu'à table, où il accompagne volontiers les produits de la mer, les charcuteries et les viandes blanches. Il se prête aussi bien à l'épilogue d'une balade dominicale à travers le bocage. La récolte et le cidre nouveau se fêtent chaque année à Boué, à la mi-septembre, et à Lemé, en octobre — deux rendez-vous qui réunissent plus de 10 000 amateurs autour des vieux pressoirs à bras.
Aucun signe officiel ne protège encore le Cidre de Thiérache. Depuis 2021, un collectif de quatre producteurs — deux dans l'Aisne, deux dans le Nord —, accompagné par l'Atelier Agriculture Avesnois-Thiérache et soutenu par la Région Hauts-de-France, vise une Appellation d'Origine Protégée. Fin 2025, ils ont déposé la marque collective « Le Cidre de Thiérache » à l'INPI, assortie d'un règlement d'usage et d'un cahier des charges, reconnaissable à la vignette orange sur les bouteilles des producteurs adhérents. Le chemin vers l'AOP reste long — la procédure prend généralement une dizaine d'années, vingt ans pour le Cidre du Perche, la dernière AOP cidricole obtenue — et seules trois autres AOP protègent un cidre en France : Pays d'Auge, Cotentin et Cornouaille.
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