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Kig ha farz — illustration générée par IA Illustration générée par IA

Bretagne

Kig ha farz

Kig, c'est la viande. Farz, c'est le far. Sans far, pas de Kig Ha Farz.

Plat traditionnel de Bretagne.

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L'Essentiel

Histoire & Origine

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Le plat du pauvre, né dans les terres du Léon

Le kig ha farz est un plat roboratif du nord-Finistère, dans le pays historiquement appelé le Léon. Il fut, jusqu'à la Révolution française, le seul « far » connu : le mot far désigne en breton une large famille de préparations à base de farine. Le sarrasin, ou blé noir, apparaît au XVIe siècle dans les terres pauvres de la Bretagne intérieure et s'impose rapidement pour l'alimentation, à la place du froment. N'étant pas une céréale, il appelle de nouvelles préparations qui permettent d'éviter le passage, payant, par le four seigneurial : c'est de là que naissent la galette et le far.

À l'origine, la recette ne contenait aucun légume : elle se limitait au far, cuit dans un sac de toile, accompagné d'un morceau de lard salé cuit à part. Ce n'est qu'après la Révolution, avec l'apparition d'autres modes de cuisson, que la recette s'étoffe peu à peu de viandes plus variées puis de légumes, jusqu'à devenir le plat complet qu'on connaît aujourd'hui : far noir cuit en sac, viandes et légumes mijotés ensemble.

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D'un plat du dimanche à un incontournable de la gastronomie bretonne

Dans les fermes du Léon, le kig ha farz cuisait pendant des heures pendant que l'on travaillait aux champs ; c'était surtout le plat du dimanche d'hiver, celui qui réchauffait toute la famille réunie autour de la table après une longue matinée de mijotage. Les recettes se transmettent de grand-mère en petite-fille, chacune jalousement gardée : « ma recette n'est pas celle de la voisine ».

Le plat a aujourd'hui retrouvé une place de choix dans la vie sociale du Léon : il est redevenu l'incontournable des repas de groupes, des associations et des écoles, et il n'est pas rare de voir une dizaine de kig ha farz proposés en un même mois, les dimanches d'hiver. Originaire du pays de Léon, entre Brest et Morlaix, Ouessant et Molène comprises, il a depuis gagné ses lettres de noblesse dans toute la Bretagne.

Caractéristiques du produit

Description sensorielle

Aspect

un plat de service généreux où viandes (bœuf, porc, lard) et légumes du pot-au-feu — carottes, oignons, chou, navets, parfois poireaux — voisinent avec le far, servi à part, émietté en grains grossiers comme du sable.

Odeur

les bonnes odeurs du bouillon qui mijote toute une matinée embaument la cuisine bien avant de passer à table.

Goût

un bouillon de légumes servi en premier, puis des viandes fondantes et un far qui a pris tous les arômes de la cuisson, le tout rehaussé par le lipig, une sauce au beurre salé et aux oignons ou échalotes qui donne « énormément de goût ».

Texture

le far noir, une fois cuit, s'émiette entre les doigts comme du sable — c'est le geste du « bruzhuner » — tandis que le far blanc, coupé en tranches et doré au beurre à la poêle, offre une texture plus ferme et croustillante en surface.

Variétés & déclinaisons

Far noir

, à la farine de sarrasin — la version la plus courante, celle qui s'est imposée dans la région depuis l'arrivée du sarrasin au XVIe siècle.

Far blanc

, à la farine de froment, coupé en tranches une fois cuit puis doré au beurre à la poêle.

Pesked ha farz

, la variante côtière : les viandes cèdent la place au poisson (maquereau, lieu…), parfois complété d'algues, pour un plat plus iodé.

Veg ha farz

, une version végétarienne où les légumes prennent toute la place laissée par la viande.

Mode de fabrication

01

Préparer la pâte du far

mélanger farine de blé noir et œufs, saler, puis ajouter progressivement le lait jusqu'à obtenir une pâte compacte ;… Lire la suite
mélanger farine de blé noir et œufs, saler, puis ajouter progressivement le lait jusqu'à obtenir une pâte compacte ; incorporer la crème pour l'homogénéiser sans trop la liquéfier.
02

Emplir et fermer le sac

verser la pâte dans un sac de toile de lin préalablement trempé dans l'eau, puis fermer à hauteur du far avec une fi… Lire la suite
verser la pâte dans un sac de toile de lin préalablement trempé dans l'eau, puis fermer à hauteur du far avec une ficelle de cuisson.
03

Cuire le far

plonger le sac dans l'eau bouillante avec le jarret de porc et laisser cuire environ trois heures.

04

Mijoter le pot-au-feu

mettre le bœuf et les légumes (sauf le chou) dans une marmite, couvrir d'eau, saler, porter à ébullition et laisser … Lire la suite
mettre le bœuf et les légumes (sauf le chou) dans une marmite, couvrir d'eau, saler, porter à ébullition et laisser cuire deux heures ; ajouter le chou et poursuivre la cuisson trois quarts d'heure.
05

Dresser et bruzhuner

disposer viandes et légumes sur un plat de service, puis sortir le far du sac en l'émiettant au fur et à mesure (le … Lire la suite
disposer viandes et légumes sur un plat de service, puis sortir le far du sac en l'émiettant au fur et à mesure (le « bruzhuner ») dans un plat creux.

Dégustation & accords

Kig ha farz — illustration générée par IA Illustration générée par IA

Le service suit toujours le même ordre : le bouillon de légumes est servi en premier, puis vient le plat de viandes et de légumes accompagné du ou des fars et du lipig. Ce dernier — beurre salé fondu aux oignons ou aux échalotes, allongé d'une louche de bouillon pour ne pas brûler — se sert à côté, en quantité généreuse chez les amateurs. Traditionnellement, aucun dessert ne suit le kig ha farz : le repas, copieux, se suffit à lui-même. C'est un plat de saison froide par excellence, associé aux dimanches d'hiver en famille.

Les acteurs du terroir

Confrérie — elle perpétue la tradition de ce produit Confrérie Landéda

Confrérie des Amis du Kig ar Farz

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Confrérie

Fondée le 19 décembre 2019 et basée à Landéda, au cœur du Pays des Abers dans le nord du Finistère, la Confrérie des Amis du Kig-Ha-Farz réunit les amateurs du plat traditionnel du Léon pour le faire connaître, le déguster et le transmettre. Association de la loi de 1901, elle se donne pour mission de défendre ce mets emblématique ainsi que les produits qui le composent — élevage breton, farines de froment et de sarrasin, légumes du pays — et de perpétuer les traditions gastronomiques et culturelles qui l'entourent.

Comme les autres confréries bretonnes, elle organise des chapitres solennels où de nouveaux membres sont intronisés « chevaliers » et deviennent « amis » du Kig-Ha-Farz, revêtus d'une toge ornée de l'hermine bretonne aux couleurs du plat — brun grisâtre du sarrasin, crème du froment, rouge de la viande de porc — et coiffés du chapeau breton, le grand maître se distinguant par une paire de sabots de Saint-Pol-de-Léon. Son quatrième chapitre s'est tenu le 6 septembre 2025 à Saint-Frégant, sous la conduite du grand maître Philippe Martin, réunissant une vingtaine de confréries venues de toute la Bretagne et au-delà autour d'un repas rassemblant plus de 70 convives.

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