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Myrtille forézienne — illustration générée par IA Illustration générée par IA

Rhône-Alpes

Myrtille forézienne

Une baie violet-noir, plus petite qu'une bille, ramassée au peigne sur les pentes des monts du Forez — l'or bleu qui a payé des études et des chaussures à des générations de paysans du Livradois-Forez.

Fruit de Rhône-Alpes.

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L'Essentiel

Histoire & Origine

Myrtille forézienne — illustration générée par IA Illustration générée par IA

Une baie sauvage du Massif Central

La myrtille sauvage (Vaccinium myrtillus) est une espèce identitaire des territoires du cœur du Massif central — Monts du Forez et du Livradois en tête, mais aussi Margeride, Mézenc, Pilat, monts d'Ardèche ou plateau de Millevaches. Elle se plaît en sol acide, léger et perméable — granite, gneiss, micaschiste, roche volcanique — entre 750 et 1 400 mètres d'altitude ; elle craint la sécheresse mais résiste bien au froid, sauf aux gelées tardives sans couverture de neige. Les landes qu'elle forme sont pour partie classées habitats d'intérêt communautaire, et leur maintien dépend directement de la présence de l'élevage et de milieux ouverts.

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Une tradition paysanne, entre appoint de revenu et piraterie

Sur les Monts du Forez, la cueillette de la myrtille sauvage se transmet de génération en génération : les paysans la ramassaient pour la vendre à des collecteurs, et l'argent gagné « à la force du poignet » leur a longtemps permis d'acheter du matériel, des vêtements ou des livres pour que leurs enfants poursuivent leurs études à la ville. Il y a cinquante ans, les agriculteurs représentaient encore 75 % des cueilleurs ; aujourd'hui, ce sont surtout des retraités qui perpétuent le geste, aux côtés d'habitants permanents ou occasionnels et de quelques touristes de passage. La récolte suit une chaîne d'intermédiaires bien établie — cueilleurs, leveurs (commerçants locaux qui stockent), courtiers (qui l'acheminent vers les collecteurs) — avant d'être transformée et commercialisée, une partie non négligeable de la production d'Auvergne partant même à l'exportation vers l'Angleterre, la Belgique, l'Allemagne ou l'Italie.

1984, l'année qui a relancé la myrtille

En 1984, une chute des cours de l'ordre de 50 % pousse une poignée d'agriculteurs foréziens à réagir : avec l'appui du Parc naturel régional Livradois-Forez, ils fondent le Syndicat des Producteurs de Myrtilles et de Petits Fruits du Livradois-Forez, investissent dans du matériel de transformation et valorisent leur récolte en sirops, jus, confitures et gelées. La même année naît la Fête de la Myrtille du col du Béal, qui se tient chaque 15 août sur les sommets des Monts du Forez et reste, quarante ans plus tard, un rendez-vous incontournable de l'été forézien. La Confrérie de la Myrtille Forézienne, fondée en 2002 à Noirétable, perpétue aujourd'hui cette défense du fruit et du territoire qu'il symbolise ; plus récemment, en 2023, le Collectif Myrtille Sauvage du Forez s'est constitué pour épauler le Parc dans la préservation de la ressource — dépérissement des landes, changement climatique, recul de la cueillette traditionnelle — et porte depuis 2024 l'organisation de la fête du col du Béal.

Caractéristiques du produit

Description sensorielle

Aspect

Petite baie ronde à la peau violet-noir, nettement plus petite que la myrtille de culture.

Goût

Une qualité gustative réputée supérieure à celle des myrtilles surgelées importées d'Europe de l'Est, qui lui font pourtant une forte concurrence ; les années sèches et chaudes, où l'eau manque, donnent des fruits moins gonflés mais plus sucrés.

Mode de fabrication

01

Ouverture de la campagne

chaque année, un arrêté préfectoral fixe pour la Loire, le Puy-de-Dôme, la Haute-Loire et l'Allier une date d'ou… Lire la suite
chaque année, un arrêté préfectoral fixe pour la Loire, le Puy-de-Dôme, la Haute-Loire et l'Allier une date d'ouverture de la cueillette au peigne, décidée en fonction de la maturité constatée sur le terrain ; toute cueillette ou cession de fruits avant cette date est interdite.
02

La cueillette au peigne

deux outils traditionnels se partagent le terrain : le peigne à auget, manié de bas en haut, qui recueille directement l… Lire la suite
deux outils traditionnels se partagent le terrain : le peigne à auget, manié de bas en haut, qui recueille directement les baies dans son auget ; et le peigne-rateau, sans auget, manié de haut en bas, les fruits tombant dans un récipient tenu de l'autre main.
03

Le respect de la plante

arracher, mutiler la partie végétale ou couper les tiges est interdit ; seul un prélèvement limité des feuilles, sur 5 c… Lire la suite
arracher, mutiler la partie végétale ou couper les tiges est interdit ; seul un prélèvement limité des feuilles, sur 5 cm de hauteur maximum, est toléré pour un usage en tisane.
04

La revente aux leveurs et courtiers

les cueilleurs vendent leur récolte à des leveurs locaux (épiciers, cafetiers, restaurateurs du pays) qui la stockent av… Lire la suite
les cueilleurs vendent leur récolte à des leveurs locaux (épiciers, cafetiers, restaurateurs du pays) qui la stockent avant qu'elle ne soit acheminée par des courtiers vers les collecteurs chargés de la transformer et de la commercialiser.
05

Le tri et le conditionnement

chez le collecteur, la récolte est soufflée pour en écarter feuilles et brindilles puis triée, avant d'être congelée… Lire la suite
chez le collecteur, la récolte est soufflée pour en écarter feuilles et brindilles puis triée, avant d'être congelée en cagettes ou surgelée sous tunnel pour préserver l'intégrité des fruits, en vue d'une expédition vers confituriers, pâtissiers et grandes surfaces régionales.

Dégustation & accords

Myrtille forézienne — illustration générée par IA Illustration générée par IA

La myrtille forézienne se retrouve avant tout transformée : confitures, gelées, sirops, purées, mais aussi bonbons, liqueurs, yaourts ou petits pots pour bébé. Certains fermiers-aubergistes du Livradois-Forez l'associent à des recettes plus surprenantes — pâté de lapin ou terrine de pigeon aux myrtilles — ou la déclinent en tartes et en sorbets. Le rendez-vous le plus simple reste la dégustation sur place, à la Fête de la Myrtille du col du Béal, le 15 août, où producteurs et cueilleurs locaux la présentent fraîche, aux côtés de ses transformations.

Labels & Certifications

À noter

Aucun signe officiel ne protège la myrtille forézienne : c'est une baie sauvage, cueillie et non cultivée, qui échappe à la logique d'un cahier des charges AOP/IGP. Sa défense repose sur deux structures associatives locales — la Confrérie de la Myrtille Forézienne (créée en 2002) et le Collectif Myrtille Sauvage du Forez (né en 2023), engagé aux côtés du Parc naturel régional Livradois-Forez dans une démarche de préservation de la ressource plutôt que de certification.

Les acteurs du terroir

Confrérie — elle perpétue la tradition de ce produit Confrérie Noirétable

Confrérie de la Myrtille Forézienne

Confrérie

Producteur Ambert

Trapon Champignons

Industrie artisanale

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Confrérie — elle perpétue la tradition de ce produit Confrérie Noirétable

Confrérie de la Myrtille Forézienne

Confrérie

La Confrérie de la Myrtille Forézienne est une association loi 1901 déclarée à Noirétable (Loire) le 29 avril 2002, dont le siège social est domicilié à la mairie de la commune. Elle réunit des Foréziens de part et d'autre de la frontière entre la Loire et le Puy-de-Dôme, autour du Haut Forez et des Hautes Chaumes. Son objet statutaire est d'assurer la valorisation et la promotion de la myrtille, des produits qui en sont issus, et plus largement de toutes les richesses environnementales, naturelles et patrimoniales de la montagne forézienne, dont la myrtille sauvage est l'un des symboles.

Elle œuvre bénévolement pour faire connaître les produits gastronomiques tirés de la myrtille ainsi que le patrimoine environnemental et culturel du territoire forézien, et participe à ce titre à des manifestations locales, départementales et régionales, dont la fête de la Myrtille du col du Béal, le 15 août. Elle a effectué sa dernière déclaration officielle le 13 mai 2024, signe d'une activité qui se poursuit plus de vingt ans après sa création.

AdresseMairie, 1 rue Claude Peurière — 42440 Noirétable
Site webconfrerie-myrtille-forezienne.org
Producteur Ambert

Trapon Champignons

Industrie artisanale

Installée à Ambert, dans le Puy-de-Dôme, l'entreprise Trapon Champignons est un négociant-récoltant de produits forestiers sauvages. Chaque été, à l'ouverture officielle de la cueillette, elle achète la myrtille sauvage ramassée au peigne par une centaine à une cinquantaine de cueilleurs locaux dans les monts du Forez et du Livradois, avant de la souffler, de la conditionner et de la revendre à des confituriers, des pâtissiers et des grandes surfaces de la région.

Elle commercialise aussi en direct, sous sa propre marque, une gamme de produits à base de myrtille sauvage d'origine Auvergne — confiture, sirop, coulis, nectar, pur jus et pâte de fruits — aux côtés de ses champignons sauvages, son activité historique.

Adresse109 Av. de Lyon, 63600 Ambert, France
Téléphone04 73 82 20 08
Site webtraponchampignons.fr