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AOC — AOP — Languedoc-Roussillon
L'oignon des Cévennes : sucré comme du miel, cultivé sur les terrasses de pierre que seuls les hommes ont osé tracer.
Légume du Languedoc-Roussillon, AOP depuis 2008.
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Dès le Moyen Âge, les paysans du versant sud des Cévennes, terre peu propice à l'agriculture en dehors de l'élevage, s'installent sur ce relief escarpé pour assurer leur autonomie alimentaire. Faute de surfaces planes, ils façonnent à la main des terrasses en pierre sèche — les faïsses, appelées cébières lorsqu'elles sont dédiées à l'oignon — soutenues par des murets et irriguées par gravité grâce au béal, le canal qui capte l'eau des torrents. Cet aménagement connaît un essor spectaculaire à partir du XVIIIe siècle, ouvrant de nouvelles surfaces cultivables pour nourrir une population importante tout en protégeant les sols de l'érosion. En juin 2011, l'UNESCO inscrit les Causses et les Cévennes au patrimoine mondial au titre de paysage culturel de l'agropastoralisme méditerranéen, une reconnaissance qui cite explicitement les faïsses parmi les éléments ayant façonné ce territoire. L'oignon, planté dans les sols siliceux issus de la décomposition des granites et des schistes cévenols, puise dans ce terroir minéral la douceur qui le distingue de tous les autres.
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La commercialisation de l'oignon cévenol sur les marchés de Sumène, du Vigan et de Montpellier est attestée par des registres de commerce dès la fin du XIXe siècle — les documents de l'époque précisent qu'il possédait déjà ses qualités actuelles. Longtemps cantonnée à l'autoconsommation, la production se structure véritablement au XXe siècle : au début des années 1980 elle reste stable mais de notoriété locale, puis la création en 1991 d'une coopérative de producteurs contribue à une augmentation significative des volumes, passés de 530 à près de 1 800 tonnes en quelques campagnes. L'appellation d'origine est reconnue en 2003, avant que l'Union européenne n'accorde l'AOP en 2008. Aujourd'hui, environ 70 producteurs cultivent l'oignon sur les précieuses terrasses, réunis au sein de la coopérative Origine Cévennes. La récolte reste manuelle, respectant le rythme séculaire des Cévennes — un oignon que l'on arrache à la main, qu'on laisse ressuyer au soleil de montagne, et qu'on conserve jusqu'à la fin de l'hiver sans perdre une once de sa suavité.
Aspect
Bulbe de grande taille à la forme arrondie à losangique, tuniques fines et translucides d'un blanc nacré parfois cuivré, aspect brillant, écailles épaisses.
Odeur
Arômes fins et équilibrés, sans note piquante ni amère.
Goût
Grande douceur, absence d'amertume et de piquant ; cru, chair craquante et juteuse ; cuit, il devient translucide et onctueux, avec des notes de châtaigne et de grillé.
Texture
Chair blanche moyennement ferme et juteuse, onctueuse et fondante à la cuisson.
du 1ᵉʳ janvier au 15 mars, sur les parcelles les mieux orientées.
en août-septembre, avant les pluies d'équinoxe, par soulevage et arrachage à la main.
sur la parcelle (bulbes protégés du soleil) ou en séchoir, selon les exploitations.
en local aéré et sec ou en chambre froide, jusqu'à la fin de l'hiver sans perte de qualité.
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L'Oignon doux des Cévennes se déguste cru en lamelles fines — sa douceur naturelle s'exprime alors pleinement dans une salade de tomates ou une vinaigrette légère, sans les larmes que provoquent les variétés piquantes. C'est l'oignon que l'on croque à belles dents.
À la cuisson, il révèle une autre facette : caramélisé doucement à la poêle avec un peu de beurre et de thym, ses sucres naturels se concentrent en une confiture fondante, parfaite sur une tarte fine ou sur une tranche de pain grillé avec du fromage de chèvre. Dans une soupe de légumes de montagne ou un gratin revisité, il apporte une douceur profonde sans dominer les autres saveurs.
Accord vins : un blanc sec et minéral du Languedoc (Clairette de Languedoc) pour les préparations crues ; un rouge léger de Coteaux du Languedoc pour les gratins et les tartes aux oignons.
Depuis : 2003
Zone couverte : 32 communes, versant sud du massif de l'Aigoual (Gard)
Exigences clés : Culture manuelle en terrasses irriguées par gravité, sols siliceux (granites et schistes), variétés Cénol et Toli, récolte manuelle août-septembre, antigerminatif interdit en conservation
Depuis : 2008
Zone couverte : 32 communes, versant sud du massif de l'Aigoual (Gard)
Exigences clés : Enregistrement européen de l'appellation d'origine contrôlée, confirmant les exigences du cahier des charges national.
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