Illustration générée par IA
Île-de-France
Une rose rapportée des croisades, cultivée sur les coteaux d'une cité médiévale, transformée depuis des siècles en confits, miels et sirops qui parfument encore la Seine-et-Marne.
Confiserie d'Île-de-France.
Illustration générée par IA
Selon la tradition orale, Thibaud IV, comte de Champagne, rapporte vers 1240 de son expédition à Jérusalem un rosier qu'il fait planter sur les coteaux du Châtel, à Provins — un geste fondateur qu'aucune chronique d'époque ne vient toutefois confirmer. La rose ainsi installée, la Rosa gallica officinalis, existait pourtant déjà en Gaule depuis l'époque romaine, où elle était utilisée sous forme de baume, d'essence ou de pétales, notamment dans le culte des morts. Provins devient néanmoins le principal centre de production de cette variété : pétales frais ou séchés, confits, miel, eaux et vinaigres parfumés, sirops, gâteaux fourrés et coussins odorants s'y échangent dans les échoppes de la ville.
Illustration générée par IA
La rose de Provins connaît son heure de gloire sous l'Ancien Régime : des coussins de pétales séchés sont offerts aux hôtes de marque de la ville, dont François Ier, Catherine de Médicis et Henri IV, et ses pétales sont lancés lors des processions de la Fête-Dieu. Mais avec l'arrêt des foires de Champagne à la Renaissance, l'attrait pour la fleur et sa culture s'estompent ; la production décline encore aux XVIIIe et XIXe siècles, concurrencée par les roseraies plus ensoleillées du Maghreb.
La tradition renaît à la fin du XXe siècle grâce à quelques artisans locaux qui reprennent la culture de la rose galeuse et sa transformation en confit, miel, nougat ou confiture. La Roseraie de Provins, créée puis abandonnée avant d'être restaurée en 2008, réunit aujourd'hui trois cents à quatre cent cinquante variétés de roses sur trois à trois virgule cinq hectares au pied de la cité médiévale, aux côtés d'une boutique-salon de thé où se dégustent les spécialités locales à base de rose.
Aspect
Le confit de pétales de rose, préparation la plus emblématique, présente une texture proche d'une gelée raffinée.
Odeur
Parfum floral puissant, hérité d'une fleur réputée depuis le Moyen Âge pour son intensité aromatique.
Goût
Saveur florale et sucrée, avec la légère fraîcheur acidulée apportée par le jus de citron entrant dans sa préparation.
Texture
Selon la préparation : gélifiée et fondante pour le confit, liquide pour le sirop et le miel, ferme pour les bonbons et nougats.
Au fil des siècles, artisans et apothicaires de Provins ont décliné la rose en confit et confiture de pétales, miel à la rose, sirops, bonbons, nougat, guimauve, pâtes de fruit, pain d'épice, thés et infusions florales, ainsi qu'en eau de rose (hydrolat) utilisée en cosmétique. Des créations plus contemporaines s'y ajoutent, comme la bière artisanale ou le vin de rose obtenu par macération de pétales.
la Rosa gallica officinalis ne fleurit qu'une fois par an, en juin-juillet ; les fleurs sont cueillies à la main.
les pétales sont macérés dans du sucre et du jus de citron pour former le confit de pétales de rose.
Illustration générée par IA
Le confit de pétales de rose accompagne traditionnellement les fromages frais, le foie gras et les pâtisseries. Le sirop de rose parfume une limonade maison ou un cocktail ; le miel de rose reste, avec la confiture, l'une des spécialités locales les plus emblématiques, tout comme les tisanes et infusions mêlant rose et autres plantes médicinales.
La Rose de Provins ne bénéficie d'aucun signe officiel de qualité (AOP, IGP, Label Rouge). C'est une spécialité de terroir portée par une poignée d'artisans locaux — confiseurs, apiculteurs, la Roseraie de Provins — qui perpétuent depuis les années 1990-2000 un savoir-faire tombé en désuétude après le déclin des foires de Champagne.
Artisan apiculteur-confiseur
Artisan pâtissier-chocolatier
Jardin, salon de thé et boutique
Faites-vous référencer et gagnez en visibilité auprès des amateurs de produits du terroir.
Demander mon inscription