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Sanquette — illustration générée par IA Illustration générée par IA

Midi-Pyrénées

Sanquette

Une petite galette brune rissolée à la poêle, née du sang encore chaud de la volaille — la Sanquette raconte, sans en avoir l'air, l'art très gascon de ne rien perdre à la ferme.

Plat traditionnel de Midi-Pyrénées.

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L'Essentiel

Histoire & Origine

Le plat de la saignée et du zéro déchet

L'origine de la Sanquette est intimement liée à deux pratiques fondamentales de la vie rurale du Sud-Ouest : l'abattage rituel et la nécessité de l'autosuffisance. Le plat s'inscrit dans la grande tradition hivernale du tue-cochon, moment où l'animal était abattu pour assurer la nourriture de la famille pour toute l'année ; le sang, produit le plus périssable, devait être utilisé sans attendre. De nombreux plats à base de sang étaient ainsi traditionnellement consommés juste avant le Carême, permettant de consommer rapidement tous les produits frais de l'abattage — une déclinaison de ce principe du « tout est bon » qui a façonné la cuisine paysanne bien avant que la lutte contre le gaspillage ne devienne une préoccupation moderne.

La Sanquette se distingue du boudin noir, qui utilise lui aussi le sang comme ingrédient principal mais l'incorpore à du gras et des oignons avant de l'embosser dans un boyau pour le pocher : la Sanquette, elle, est une préparation plus rapide, une simple brouillade de sang qui coagule directement à la poêle avec ses aromates.

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Du Gers à l'Aveyron : les variantes du Sud-Ouest

Si le plat se retrouve dans plusieurs régions d'élevage du grand quart Sud-Ouest, ses déclinaisons les plus célèbres et les plus codifiées en portent la marque. Dans le Gers, où elle reste l'une des recettes les plus populaires d'Occitanie, la Sanquette se prépare en garnissant le sang de volaille fraîchement recueilli d'ail, d'échalote, de persil, de sel, de poivre et, selon les foyers, de morceaux de ventrêche, avant de cuire la galette obtenue à la poêle une fois le sang caillé. Dans le Quercy et le Périgord, terres de foie gras et de confits, elle se prépare traditionnellement avec du sang de canard ou d'oie, cuite dans la graisse de la même volaille, ce qui lui donne une saveur typée Gascogne-Périgord. Plus au sud, dans l'Aveyron et les Cévennes, terres de forte tradition pastorale, la Sanquette peut se préparer avec du sang de porc ou de brebis : plus rustique, généreusement relevée d'ail et de persil haché, elle se rapproche parfois d'une galette très ferme, voire d'une variante mêlant le sang à des blettes.

Un plat oublié qui revient à la table

Longtemps menacée de disparition, la Sanquette connaît aujourd'hui un regain d'intérêt dans une cuisine qui valorise l'authenticité et la traçabilité : plusieurs chefs la remettent à l'honneur, en base de farce ou en galette raffinée, en hommage à la cuisine anti-gaspillage de leurs grands-parents.

Caractéristiques du produit

Description sensorielle

Aspect

Petite galette (ou crêpe) ronde et plate, de couleur brune, rissolée à la poêle.

Goût

Riche, terreux et fortement ferrugineux, offrant une puissante saveur umami.

Texture

Moelleuse et crémeuse, rappelant celle d'œufs brouillés très fins — jamais celle, plus sèche, d'un morceau de foie trop cuit.

Mode de fabrication

01

Récupération du sang

le sang de volaille est recueilli frais au moment de l'abattage ; un ingrédient acide (vinaigre de vin ou trait d… Lire la suite
le sang de volaille est recueilli frais au moment de l'abattage ; un ingrédient acide (vinaigre de vin ou trait d'eau-de-vie) y est aussitôt ajouté pour retarder sa coagulation naturelle.
02

Filtration

le sang est filtré pour retirer les éventuels caillots ou impuretés avant d'être utilisé.

03

Garnissage

le sang est mélangé à l'ail, à l'échalote (ou l'oignon doux), au persil, au sel, au poivre et, selon les foy… Lire la suite
le sang est mélangé à l'ail, à l'échalote (ou l'oignon doux), au persil, au sel, au poivre et, selon les foyers, à des morceaux de ventrêche ; certains y ajoutent de la mie de pain avant la cuisson.
04

Saisie des aromates

l'ail et l'échalote sont revenus dans la graisse (de canard ou saindoux selon la région) jusqu'à devenir tra… Lire la suite
l'ail et l'échalote sont revenus dans la graisse (de canard ou saindoux selon la région) jusqu'à devenir translucides, sans colorer.
05

Cuisson de la galette

le sang est versé sur les aromates chauds et cuit en remuant constamment à feu moyen, jusqu'à coagulation complète d… Lire la suite
le sang est versé sur les aromates chauds et cuit en remuant constamment à feu moyen, jusqu'à coagulation complète du liquide, puis servi bien chaud.

Dégustation & accords

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La Sanquette se déguste chaude, en début de repas. Son goût riche et ferrugineux appelle des accompagnements qui l'adoucissent : des pommes de terre sautées à la graisse de canard avec ail et persil, ou de simples croûtons de pain aillés pour en absorber les sucs. Côté vin, un rouge de caractère mais peu boisé — un Cahors ou un Gaillac du Sud-Ouest — se marie sans se laisser écraser par la puissance du plat ; un rouge léger et fruité de la Loire convient également.

Les acteurs du terroir

Aucun acteur n'est encore référencé pour ce produit.