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Forestine de Bourges — illustration générée par IA Illustration générée par IA

Centre-Val de Loire

Forestine de Bourges

Sous sa coque de sucre craquante, un cœur de praliné moelleux : la forestine porte le nom de son inventeur, le confiseur de Bourges Georges Forest.

Confiserie du Centre-Val de Loire.

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L'Essentiel

Saison
J F M A M J J A S O N D

Toute l'année

disponible toute l'année
Département
Cher18
ZoneBourges, dans le Cher

Histoire & Origine

Forestine de Bourges — illustration générée par IA Illustration générée par IA

Un confiseur de Bourges rêve d'un bonbon fourré

Georges Forest rachète en 1869 une confiserie de Bourges, « Au Bienfaisant », dont l'enseigne existait déjà en 1825, et il la garde. Il s'intéresse à la confiserie dès l'âge de 13 ans, se forme à Nevers puis à Moulins et termine son apprentissage à Paris ; il apprend la préparation des liqueurs, des dragées et du chocolat, mais rêve de concevoir son propre bonbon, dur à l'extérieur et tendre à l'intérieur, et étudie puis fabrique lui-même son matériel. La filière sucrière le présente comme un ancien compagnon du Tour de France, confiseur-pâtissier et liquoriste à ses heures.

Le 24 décembre 1878, la veille de Noël, il dépose à Bourges le brevet d'un nouveau bonbon qui s'appellera la Forestine, du nom de son inventeur. Les sources datent la création tantôt de 1879, tantôt de 1878. Forest fait connaître son invention lors d'expositions internationales et se bat pour en obtenir le brevet, afin que des confiseurs étrangers ne s'en emparent pas, rapporte la filière sucrière ; son idée, enrober de sucre un intérieur moelleux, est présentée comme une véritable révolution dans le domaine de la confiserie.

Pour Jean-François Tavernier, confiseur de la quatrième génération, c'est « le premier bonbon de sucre fourré, existant au monde » — et sa maison est, dit-il, la seule à le faire. L'agence de tourisme du Berry présente elle aussi la forestine comme le tout premier bonbon fourré de l'histoire, créé à Bourges.

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La Maison des Forestines, place Cujas

En 1884, la fabrique et le magasin s'installent dans une grande bâtisse à l'angle de la rue Moyenne et de la place Cujas : la « Maison des Forestines » est née. Ce fut, semble-t-il, un grand événement local, puisque le Journal du Cher du 20 décembre de cette année-là en parle sur plusieurs pages.

L'immeuble est de style haussmannien, et c'est surtout l'intérieur qui frappe, décoré à la manière des grands magasins parisiens, avec un plafond en faïence de Gien. Six grands cartouches y portent les noms des friandises inventées par Georges Forest, et le décor de bonbonnières rappelle la Belle Époque.

Vers 1929, le bâtiment est donné au Centre hospitalier de Bourges. Dans un reportage diffusé en mars 2025, France 2 indique que le bâtiment historique est fermé, tandis qu'une boutique provisoire continue d'attirer curieux et gourmands.

De Georges Forest à la famille Tavernier

En 1896, après une trentaine d'années dans la confiserie, Georges Forest change d'activité et devient conseiller municipal de Bourges ; la maison change de nom et passe à Georges Tavernier. Le reportage de France 2 précise que Forest passe le relais à l'arrière-grand-père de Jean-François Tavernier. Forest s'éteint en 1935, à 88 ans ; à partir de 1951, Marie-Claire Tavernier s'occupe de la maison, avant de la céder à son fils Jean-François. Berry Province compte quatre générations de la famille Tavernier à la tête de la maison.

La forestine a reçu des médailles aux expositions universelles : l'argent à Paris en 1900 et l'or en 1931, à l'exposition coloniale, selon Berry Province ; l'encyclopédie de Bourges y ajoute une médaille en 1889. Georges Forest a aussi inventé d'autres confiseries : les Amandines, les Châtaignes, les Noisettes et les Richelieux, une nougatine fourrée d'une crème d'amandes et de pistaches. La même encyclopédie résume la place du bonbon dans la ville : les forestines sont à Bourges ce que sont les pralines de Montargis ou les calissons d'Aix, toujours fabriquées sur place et à la main.

Caractéristiques du produit

Description sensorielle

Aspect

Un petit bonbon en forme de rectangle allongé, mince et renflé. Il sort de la presse comme un chapelet de petits coussinets collés les uns aux autres, que l'on sépare aisément. Sa coque de sucre cuit existe en plusieurs couleurs : marron, blanc, rose et bleu selon la filière sucrière, vert, rose et blanc selon l'encyclopédie de Bourges.

Goût

Un cœur de praliné d'amandes et de noisettes parfumé au chocolat, avec, selon la filière sucrière, « un inimitable goût de chocolat en touche finale ». Un annuaire gastronomique de l'Indre le décrit sur une base de chocolat, de noisettes et d'amandes.

Texture

À la fois croustillante et fondante : une écorce de sucre cuit enrobe un fourrage moelleux praliné. La coque est de sucre satiné et croustillant.

Mode de fabrication

01

Cuire le sucre

à feu nu, jusqu'à 150 °C. Le reportage de France 2 décrit le confiseur penché, dès l'aube, sur des marmites cuiv… Lire la suite
à feu nu, jusqu'à 150 °C. Le reportage de France 2 décrit le confiseur penché, dès l'aube, sur des marmites cuivrées.
02

Travailler le sucre

une fois liquide et bouillant, il est refroidi puis travaillé à la main jusqu'à une consistance élastique qui permet… Lire la suite
une fois liquide et bouillant, il est refroidi puis travaillé à la main jusqu'à une consistance élastique qui permet de le fourrer. Selon le magazine Saveur de 1995, cité par l'encyclopédie de Bourges, le sucre en fusion est versé sur une large table de métal huilé, refroidi sous un courant d'eau, puis battu longuement pour y incorporer des milliers de bulles d'air microscopiques.
03

Fourrer

dans cette « abaisse » de sucre, on introduit la masse de praliné, un mélange d'amandes et de noisettes caramélisées… Lire la suite
dans cette « abaisse » de sucre, on introduit la masse de praliné, un mélange d'amandes et de noisettes caramélisées dans le sucre et de chocolat finement broyé.
04

Étirer et couper

l'ensemble est étiré en un tube géant puis passé sous une presse, d'où sortent des coussinets allongés, faciles … Lire la suite
l'ensemble est étiré en un tube géant puis passé sous une presse, d'où sortent des coussinets allongés, faciles à séparer. Pour France 2, les forestines sont coupées et séparées à la main, une technique héritée de Georges Forest.

Dégustation & accords

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La forestine se vend dans des boîtes métalliques « à l'ancienne ». Berry Province la range parmi les spécialités incontournables de Bourges, à emporter avec soi. Un annuaire gastronomique de l'Indre la signale aux amateurs de confiseries.

Labels & Certifications

À noter

Aucun signe officiel de qualité (AOP, IGP, Label Rouge) ne couvre la forestine. L'encyclopédie locale de Bourges la dit inscrite à l'inventaire du patrimoine national des spécialités de France de confiserie, chocolaterie et biscuiterie : une reconnaissance patrimoniale, non une appellation.

Les acteurs du terroir

Aucun acteur n'est encore référencé pour ce produit.