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IGP — Languedoc-Roussillon
Sur les galets roulés de la Costière, une petite fraise rouge vif entre en production dès le début mars — le tout premier fruit de l'année cultivé en pleine terre en France.
Fruit du Languedoc-Roussillon, IGP depuis 2013.
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Le plateau de la Costière s'étend au sud-est de Nîmes, entre 20 et 147 mètres d'altitude, sur 28 communes du Gard. Ce plateau singulier repose sur des galets roulés — les « cailloutis villafranchiens », d'anciens épandages alluviaux d'âge plio-quaternaire déposés par le Rhône et la Durance entre Avignon et Montpellier, dépourvus de calcaire.
Ces galets exercent un double rôle agronomique fondamental. D'abord thermique : ils restituent la nuit la chaleur du soleil emmagasinée le jour, contribuant au gain thermique qui fait la précocité de la fraise de Nîmes. Ensuite hydrique : le terroir est à la fois chaud et drainant. La principale contrainte reste le mistral — vent violent et destructeur —, qui oblige les producteurs à protéger systématiquement leurs cultures sous tunnels ou abris bâches ; ces derniers doivent impérativement être fermés au plus tard le 15 février pour lever la dormance des bourgeons et garantir la précocité du produit. Grâce à ce mode de culture en pleine terre sous abris, la fraise de Nîmes entre en production dès le tout début du mois de mars — le premier fruit français de l'année cultivé en pleine terre, plusieurs semaines avant les autres bassins de production français.
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En 1941, la production fraisière du Gard est encore modeste : 408 quintaux au total, dont déjà 20 % provenant de l'aire qui deviendra l'IGP. La véritable révolution advient au tournant des années 1960, sous la conjonction de plusieurs facteurs déterminants. D'abord, le développement du réseau d'irrigation de la Compagnie Nationale d'Aménagement de la région du Bas-Rhône et du Languedoc (CNABRL). Ensuite, l'installation en Languedoc oriental d'agriculteurs venus d'autres régions françaises — notamment du Vaucluse et d'Afrique du Nord —, à l'esprit pionnier. Enfin, les Services Agricoles du Gard, en collaboration avec l'INRA d'Avignon-Montfavet et le foyer agricole des Costières, lancent des essais variétaux qui démontrent rapidement le potentiel de précocité de la zone. En 1964, la production a bondi à 5 000 quintaux sur une soixantaine d'hectares.
La fraise s'intègre avec une logique agricole parfaite dans le calendrier de la Costière : producteurs avant tout arboriculteurs ou viticulteurs, ils trouvent dans cette culture de « saison morte » un complément idéal qui valorise leur main-d'œuvre entre le début mars et le début mai, avant les premiers fruits à noyau. Ce sont des producteurs de Saint-Gilles, sur les Costières, qui les premiers cultivent avec succès la Gariguette — variété sélectionnée par Georgette Risser à la station INRA d'Avignon-Montfavet et inscrite au catalogue en 1976 — et la commercialisent dès la fin des années 1970 sur les conseils du CTIFL de Balandran. La filière se structure : en 2001, l'association des Producteurs de Fraises de Nîmes se crée avec 15 producteurs sur 9 hectares et dépose la marque « Fraises de Nîmes » à l'INPI ; en 2013, l'IGP européenne vient consacrer cette tradition.
Aspect
pédoncule et calice obligatoirement frais et verts, fruit sain, brillant et sans souillure. Gariguette fine et vermillon ; Ciflorette de forme allongée, à la couleur plus rouge (orange à brique) que la Gariguette.
Odeur
parfum intense de fraise fraîche, avec chez la Ciflorette des notes prononcées de fraise des bois.
Goût
taux de sucre minimum de 7,5° Brix contrôlé à l'agréage. Gariguette tendre et légèrement acidulée ; Ciflorette très sucrée à la chair juteuse.
Texture
ni ferme ni molle — un juste équilibre selon Taste France ; la Ciflorette est réputée moins fragile que la Gariguette.
sélectionnée par Georgette Risser à la station INRA d'Avignon-Montfavet, inscrite au catalogue officiel en 1976, cultivée et commercialisée pour la première fois par des producteurs de Saint-Gilles (Costières) à la fin des années 1970. Vermillon, allongée, tendre et légèrement acidulée.
créée par le CIREF et inscrite au catalogue officiel français en 1998. Forme allongée, très sucrée et aromatique, goût prononcé de fraise des bois, moins fragile et de couleur plus rouge que la Gariguette ; sélectionnée par les producteurs comme seconde variété « Fraise de Nîmes » après plusieurs années d'essais sur les Costières.
plants certifiés SOC/CAC, irrigués par aspersion en juillet-août pour favoriser leur reprise.
entrée en production début mars, jusqu'à début mai — les premières fraises de pleine terre de France chaque année.
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Les Fraises de Nîmes se dégustent avant tout nature, à peine rincées, pour apprécier leur sucrosité exceptionnelle et leur parfum intense. Une légère pression du pouce suffit à vérifier leur maturité : la chair doit céder légèrement et libérer un jus rouge vif.
Sur une table gardoise, elles trouvent naturellement leur place dans une tarte fine sur pâte sablée à la poudre d'amande, ou dans un carpaccio de fraises à la menthe fraîche et au jus de citron. La version traditionnelle — fraises au sucre avec un filet de crème fraîche épaisse — reste indémodable. En version salée, quelques tranches de Gariguette accompagnent une burrata arrosée d'un filet d'huile d'olive du Languedoc.
Accord vins : un Clairette de Bellegarde moelleux ou un muscat de Lunel pour les desserts ; un rosé des Costières de Nîmes, produit sur le même plateau de galets, pour les associations salées-sucrées.
Depuis : 2013
Zone couverte : 28 communes Costière Nîmes (20-147 m altitude)
Exigences clés : Pleine terre + abri obligatoires, Gariguette ou Ciflorette, Brix ≥ 7,5 %, calice frais, livraison le jour même ou le lendemain de la récolte
Enregistrement européen.
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