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IGP — Languedoc-Roussillon
Le lingot blanc du Lauragais : peau fine, chair crémeuse, fondant à la cuisson — l'âme même du cassoulet depuis le XVIIe siècle.
Légumineuse du Languedoc-Roussillon, IGP depuis 2020.
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Le haricot voyage depuis les Amériques vers l'Europe dans les cales des navires de Christophe Colomb, mais c'est au XVIe siècle qu'il trouve sa vocation lauragaise. La tradition attribue à Catherine de Médicis le mérite d'avoir importé cette nouvelle plante dans le Lauragais, terre déjà réputée pour la fertilité de ses sols. Si la part de légende dans cette histoire est indiscutable — l'Italie de la Renaissance cultivait déjà les haricots américains —, la réalité géographique, elle, est irréfutable : les terres argilo-calcaires du Lauragais, à mi-chemin entre Atlantique et Méditerranée, offrent au haricot un terroir d'exception. Sols bien drainés, chaleur estivale modérée, alternance de pluies et de sécheresse : toutes les conditions sont réunies pour qu'une légumineuse se sente chez elle.
Le plateau du Lauragais — ce vaste échiquier de champs entre Toulouse et Carcassonne — devient peu à peu le grenier aux haricots de l'Aude. La culture se transmet de génération en génération, le haricot s'impose dans les jardins potagers paysans, puis dans les champs. Sa spécificité est son appartenance au type lingot : grain blanc ivoire, gros et réniforme, poids des 1 000 grains compris entre 440 et 690 grammes. Ces critères stricts, inscrits au cahier des charges IGP, sont ceux que les producteurs de Castelnaudary perpétuent sur les 69 communes de l'ouest de l'Aude.
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Dès le XVIIe siècle, le haricot de Castelnaudary s'impose comme l'élément fondateur du cassoulet, ce plat d'hiver monumental dont Castelnaudary revendique fièrement la paternité. Dans la cassole en terre cuite — la casserole qui donne son nom au plat —, le haricot devient le véritable liant, l'acteur principal d'une symphonie de saveurs. Trempé la veille dans l'eau froide, blanchi dans un bouillon de couenne et d'ail, il cuit ensuite longuement au four avec confit de canard, saucisse de Toulouse et épaule d'agneau, absorbant la graisse des viandes et développant une onctuosité incomparable. Sa peau fine n'éclate pas à la cuisson ; sa chair, fondante sans se désintégrer, se charge des arômes du bouillon comme aucune autre légumineuse ne sait le faire.
L'obtention de l'IGP le 22 décembre 2020 couronne une vingtaine d'années d'efforts de structuration de la filière. Aujourd'hui, une quinzaine de producteurs cultivent le haricot sur les terres de l'ouest audois, pour une production annuelle d'environ 200 tonnes, dans le strict respect d'un cahier des charges exigeant : semis début mai, récolte manuelle en août, grains cassés inférieurs à 2 %, impuretés inférieures à 0,3 %. Une rigueur qui honore la mémoire d'un haricot devenu, au fil des siècles, le symbole culinaire le plus puissant du Lauragais.
Aspect
Haricot de type lingot, blanc ivoire pur, grain gros et réniforme, peau lisse et brillante
Odeur
Subtile à cru, légèrement florale ; après cuisson, parfum doux de bouillon végétal
Goût
Saveur douce, légèrement sucrée, sans amertume ; après cuisson longue, fond dans les sucs de viande
Texture
Peau fine qui ne s'écaille pas à la cuisson ; chair crémeuse, fondante, onctuosité remarquable en bouillon
début mai, sur sol plat et affiné, dans les terres argilo-calcaires du Lauragais
pilotée selon les besoins hydriques de la plante, de la levée jusqu'à la maturité du grain
en août, en trois étapes — arrachage et andainage, séchage naturel en andains au champ, puis battage
en benne ventilée, taux d'humidité contrôlé (≤ 16 %)
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Le Haricot de Castelnaudary est avant tout l'âme du cassoulet : trempé la veille, puis cuit lentement dans un bouillon de couenne et d'ail, il absorbe les sucs des viandes confites — confit de canard, saucisse de Toulouse, épaule d'agneau — pour offrir une texture crémeuse et un goût profondément savoureux. C'est dans la cassole en terre cuite de Castelnaudary, enfournée plusieurs heures, qu'il révèle tout son potentiel.
Hors cassoulet, ces haricots se cuisinent aussi en soupe paysanne — mijotés avec carottes, céleris et bouquet garni — ou en salade tiède, égouttés encore chauds et assaisonnés d'un filet d'huile d'olive du Languedoc, d'échalotes et de persil plat.
Accord vins : un rouge de Cabardès ou de Minervois, robuste et charnu, pour accompagner le cassoulet ; un blanc sec de la Clairette du Languedoc pour les versions en salade.
Depuis : 2020
Zone couverte : 69 communes ouest Aude (Lauragais)
Exigences clés : Type lingot, blanc ivoire, poids 440-690 g/1 000 grains, grains cassés < 2 %
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