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AOC — AOP — Corse
Cinq variétés locales façonnées par des siècles d'isolement insulaire, des moulins qui perpétuent des méthodes ancestrales et un maquis qui parfume tout — l'Oliu di Corsica est l'une des plus petites appellations d'huile d'olive d'Europe.
Huile de Corse, AOP depuis 2007.
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L'olivier sauvage, ou oléastre, est indigène en Corse : des noyaux retrouvés dans l'abri de Scaffa Piana attestent une présence dès le Néolithique moyen, au Ve millénaire avant notre ère. Sa culture s'est développée sous l'impulsion des Grecs puis des Romains, avant que l'oléiculture insulaire ne prenne une véritable dimension économique à partir du XIIIe siècle, sous la République de Gênes, maîtresse de l'île jusqu'au début du XVIIIe siècle. Le XIXe siècle marque ensuite l'apogée de l'oléiculture insulaire, portée notamment par les primes que le pouvoir royal français accorde dès 1775 pour chaque olivier greffé ou planté.
C'est cette histoire qui explique en grande partie l'origine des variétés cultivées aujourd'hui. La Sabina, la plus répandue de l'île — surtout présente en Balagne — et la Capannace, dominante dans le Cap Corse, ont été sélectionnées localement à partir d'oliviers sauvages : elles sont bien endémiques à la Corse. La Ghjermana, elle, serait d'origine toscane et aurait été introduite par les Génois, tandis que la Zinzala résulterait d'une hybridation entre oléastres locaux et variétés importées. Ces origines mixtes n'enlèvent rien à la singularité du patrimoine variétal insulaire, façonné par des siècles de sélection et d'isolement.
Dès 1998, les producteurs engagent, avec le Syndicat AOC Oliu di Corsica, les premiers travaux pour faire reconnaître la typicité de l'huile d'olive corse. La demande de reconnaissance en Appellation d'Origine Contrôlée est déposée en 2001, la pré-reconnaissance intervient en juillet 2003, et le décret d'AOC est finalement publié au Journal officiel le 28 novembre 2004. Trois ans plus tard, en 2007, l'Union européenne confirme cette reconnaissance en accordant l'AOP (Appellation d'Origine Protégée), inscrivant l'Oliu di Corsica dans le patrimoine gastronomique européen protégé.
La filière est petite mais structurée : le Syndicat AOC Oliu di Corsica, organisme de défense et de gestion de l'appellation, compte 123 producteurs d'huile — dont 21 possèdent leur propre moulin — pour une production moyenne de 204 tonnes par an, dont environ 60 % sous le label AOP. Cette production ne représente que 3,5 % du volume national, ce qui en fait l'une des plus petites appellations d'huile d'olive d'Europe — et l'une des plus rares.
Le cahier des charges AOP n'autorise que sept variétés locales, dont certaines endémiques et d'autres issues d'une longue histoire d'introduction et d'hybridation sur l'île. Les cinq principales retenues dans les assemblages :
(Sabine, aussi dite Aliva Bianca) : variété la plus répandue de l'île, sélectionnée localement, surtout présente en Balagne ; arômes floraux délicats, notes d'amande verte, douceur équilibrée
d'origine toscane, introduite par les Génois ; apporte puissance et amertume végétale, longue persistance en bouche
sélectionnée localement, dominante dans le Cap Corse où elle s'est adaptée aux vents violents et aux embruns ; notes fruitées intenses et mûres, rondeur en bouche
variété plus rare, enrichit les assemblages de notes épicées et légèrement poivrées
issue d'une hybridation entre oléastres locaux et variétés importées, implantée surtout dans le Sud (Bonifacio, Porto-Vecchio) ; touches de poivre vert et herbe fraîche
Aspect
Couleur jaune paille à jaune clair, parfois avec des reflets verts.
Odeur
Arômes fins rappelant l'amande, l'artichaut, le foin, les fruits secs ou la pomme ; les huiles « récolte à l'ancienne » développent des notes d'olives noires, de fruits secs et de maquis.
Goût
Une huile caractérisée par sa douceur en bouche, l'ardence et l'amertume étant quasiment absentes à la première commercialisation ; acidité libre au maximum de 1,5 gramme pour 100 grammes.
Texture
Onctueuse et fluide.
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L'huile d'olive de Corse s'utilise crue pour exprimer pleinement ses arômes : filet sur une salade de tomates, sur du Brocciu frais avec du miel, en trempette avec le pain de campagne corse. Elle entre aussi dans les plats traditionnels — la stufata (ragoût de porc), les légumes grillés au four — où son fruité intense et sa résistance à la chaleur modérée en font un ingrédient de premier plan.
Depuis : 2004
Zone couverte : Toute la Corse (2A + 2B)
Exigences clés : Sept variétés locales autorisées, dont Sabina, Ghjermana, Capannace, Raspulata, Zinzala · récolte nov.-janv. · procédé mécanique, température de pâte ≤ 27°C · acidité libre ≤ 1,5 g/100 g
Depuis : 2007
Zone couverte : Toute la Corse (2A + 2B)
Exigences clés : Enregistrement européen de l'appellation d'origine contrôlée, confirmant les exigences du cahier des charges national.
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