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IGP — Lorraine
Petite sphère d'or suspendue au verger lorrain, la mirabelle concentre en elle la lumière d'août, 90 % de la production mondiale et plusieurs siècles d'une histoire qui remonte aux ducs de Lorraine.
Fruit de Lorraine, IGP depuis 1994.
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La mirabelle est une variété de prune aux origines lointaines : la tradition veut qu'elle ait été importée du Caucase en Provence par le roi René, avant que son petit-fils René II de Lorraine ne l'implante dans son duché. La première mention documentée remonte à 1568 : en visite officielle à Metz, le roi Charles IX et sa mère Catherine de Médicis auraient reçu des « mirabelles confites au sucre, spécialité du pays messin ».
Dès le XVIIe siècle, la petite prune jaune est considérée comme la meilleure des prunes lorraines. C'est ensuite la crise du phylloxéra qui lui donne une ampleur inédite : les vignes lorraines cèdent rapidement la place aux vergers de mirabelliers, notamment dans le Saintois, le Grand Couronné, les Coteaux Messins et le Toulois. La production décline avec l'industrialisation de la région, avant d'être relancée en 1990 par 250 agriculteurs lorrains qui s'unissent pour redynamiser la filière. Le produit obtient la reconnaissance de l'IGP en 1994 ; l'association « Mirabelles de Lorraine », qui gère aujourd'hui le label, est fondée l'année suivante.
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Le territoire lorrain — les quatre départements de Meurthe-et-Moselle, Meuse, Moselle et Vosges — offre des conditions particulières pour la mirabelle : les mirabelliers se sont adaptés à un sol argilo-calcaire (magnésie-potasse) et à un climat frais, avec une température généralement inférieure à 25 °C et plus de 800 mm d'eau par an. La zone IGP correspond exactement au territoire des quatre départements lorrains, confirmant l'adéquation entre fruit et territoire. Deux variétés — ou plutôt deux populations de clones — sont reconnues par le cahier des charges : la Mirabelle de Nancy et la Mirabelle de Metz, inscrites depuis 1961 au catalogue officiel des espèces et variétés.
La mirabelle est bien plus qu'un fruit : c'est l'emblème officieux de la Lorraine, au même titre que la croix de Lorraine. À Metz, la Fête de la Mirabelle se tient depuis le 17 août 1947, à l'initiative du maire Gabriel Hocquard et du député mosellan Raymond Mondon ; d'abord bisannuelle, elle devient annuelle à partir de 1953. Elle est indissociable de l'élection de la Reine de la Mirabelle, dont la première lauréate est désignée en 1949, et d'une parade nautique sur la Moselle. La récolte mobilise chaque saison environ 2 000 saisonniers dans les vergers lorrains.
Aspect
Petit fruit rond, d'un diamètre supérieur à 22 mm à maturité, bien coloré et ferme, à la couleur jaune dorée. Le noyau se détache facilement de la chair (noyau libre).
Odeur
Parfum délicat, léger et caractéristique.
Goût
Très sucrée — le cahier des charges de l'IGP impose un taux de sucre minimum de 16 °Brix pour les fruits de bouche (15 °Brix pour l'industrie) —, pulpe juteuse et sucrée.
Texture
Chair fine, peau fine et presque tendue, pulpe juteuse.
Le cahier des charges de l'IGP reconnaît deux populations de clones cultivés en verger, inscrites depuis 1961 au catalogue officiel : la Mirabelle de Nancy et la Mirabelle de Metz. Les fruits se commercialisent frais (entiers avec noyau, entiers dénoyautés ou en oreillons) ou surgelés — oreillons, confitures, fruits au sirop, mirabelles séchées, coulis et purées pur-fruit.
La production en verger suit un cahier des charges IGP précis : densité de plantation inférieure à 400 arbres à l'hectare, verger obligatoirement cloné, surface minimale de 50 ares par verger (ou 20 ares si la parcelle est contiguë à une autre du même exploitant). La récolte, mécanique ou manuelle selon les exploitations, s'étend sur une saison d'environ six semaines ; le délai entre récolte et expédition n'excède pas trois semaines. Environ un quart de la production se consomme en fruits frais, le reste partant en transformation (oreillons surgelés, confitures, coulis, fruits au sirop) via la coopérative Vegafruits et ses membres. Depuis 2009, le cahier des charges autorise la surgélation des fruits, ce qui a permis l'installation d'une unité de surgélation à Saint-Nicolas-de-Port et la commercialisation d'oreillons tout au long de l'année.
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La mirabelle fraîche se déguste nature, légèrement fraîche mais pas glacée, pour profiter pleinement de son parfum. En pâtisserie, la tarte aux mirabelles sur pâte brisée beurre avec une légère crème d'amande est la préparation reine de la région. Les mirabelles au sirop ou confites accompagnent foie gras et fromages à pâte molle. En confiture, leur faible acidité naturelle appelle souvent un ajout de jus de citron pour équilibrer la gelée.
Depuis : 1994
Zone couverte : Lorraine (54, 55, 57, 88)
Exigences clés : Variétés Mirabelle de Nancy et Mirabelle de Metz uniquement ; densité < 400 arbres/ha ; taux de sucre ≥ 16 °Brix (fruit de bouche)
Coopérative (Union de Coopératives Agricoles)
Coopérative fruitière
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