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Lorraine
Une prune bleu-violet voilée de pruine, moins chantée que sa cousine dorée la mirabelle, mais tout aussi enracinée dans les vergers, les tartes et la mémoire des villages lorrains.
Fruit de Lorraine.
Selon le média régional BLE Lorraine, la quetsche serait originaire de Macédoine et parvenue naturellement en Lorraine au XVIIe siècle, où elle se serait particulièrement bien adaptée aux sols silico-argileux. Son nom remonterait toutefois à une histoire plus ancienne encore : l'association de valorisation du terroir Steinhart, dans le nord mosellan, la rattache à la prune de Damas, rapportée en Europe par les croisés entre 1095 et 1148. Le mot « quetsche » lui-même viendrait du vieux francique, proche de l'allemand Zwetschge ; sa présence est attestée dès 1748 en Moselle germanique et au Luxembourg, puis en 1775 dans le patois alsacien. Aujourd'hui, la quetsche reste surtout associée à l'Alsace, mais sa culture s'étend aussi en Lorraine, notamment dans les Vosges, ainsi qu'en Allemagne et en Suisse.
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Dans le Steinhart, les vieux quetschiers haute tige, plantés pour la plupart entre les deux guerres, vieillissent sans être renouvelés : remembrement, disparition des haies et désintérêt pour un fruit « bio non moderne » ont réduit la place de l'arbre dans le paysage. Dans les années 1990, l'établissement Kieffer de Neumiehle (Kerbach) collectait encore les quetsches des particuliers pour les revendre aux transformateurs — entre 350 et 1 500 tonnes selon les années —, avant de cesser cette activité au début des années 2000. La production régionale reste aujourd'hui portée par des coopératives fruitières lorraines, qui commercialisent la quetsche aux côtés de la Mirabelle de Lorraine, leur production phare. Du côté de Farebersviller, dans le nord mosellan, la Confrérie de la Prune et de la Quetsche Lorraine, née en 1993 et fondée en 1999, perpétue chaque 3ᵉ samedi de septembre un chapitre festif autour du fruit.
Aspect
Prune allongée de forme oblongue, à la peau bleu-violacé à violet foncé recouverte de pruine — un fin voile blanchâtre naturel qui protège le fruit de la chaleur et n'est pas un résidu de traitement.
Odeur
Parfum délicat et caractéristique, propre au fruit mûr.
Goût
Chair verdâtre à jaune (parfois vert orangé), sucrée et délicatement acidulée ; la quetsche est un fruit moyennement sucré, environ 12 % en moyenne.
Texture
Chair ferme et juteuse, noyau qui se détache facilement (noyau libre).
Plusieurs quetsches se distinguent au sein de la grande famille des prunes :
la plus courante, également cultivée en Lorraine : petit fruit oblong d'environ 20 g, violet foncé, chair vert orangé et noyau libre.
variété d'origine allemande, au fruit plus gros (environ 40 g).
une prune de couleur jaune, particulièrement appréciée séchée en pruneau.
Les récoltes débutent fin août et les quetsches restent sur les étals jusqu'en octobre.
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Fraîche et bien mûre, la quetsche se déguste nature ou ajoutée à une salade de fruits ; rôtie, elle s'accorde avec le fromage de chèvre ou la feta et quelques noix. En pâtisserie, elle fait des tartes — fond saupoudré de poudre d'amande ou de biscuit émietté pour absorber son jus —, des clafoutis, des crumbles et des confitures. Côté salé, elle accompagne traditionnellement le gibier, le porc, le lapin ou l'oie, et se conserve aussi au vinaigre en chutney.
La quetsche fraîche de Lorraine ne porte aucun signe officiel de qualité (AOP, IGP, Label Rouge, STG, Bio) à ce jour. Un signe existe bien sous le nom « Quetsch d'Alsace », mais il protège l'eau-de-vie distillée à partir du fruit en Alsace — pas le fruit frais, et sa zone ne couvre pas les départements lorrains.
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