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Rhône-Alpes
Dans la vallée que les Gallo-Romains nommaient « Vallis Aurea », la vallée d'or, les poiriers ont remplacé les vignes malades — et leurs fruits, cueillis verts puis patiemment affinés, en ont gardé le fondant doré.
Fruit de Rhône-Alpes.
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La vallée de la Valloire, au nord de la Drôme, est le berceau de la production de poires du département depuis le XIXe siècle. Dans les années 1860, le phylloxéra ravage les pieds de vigne de la vallée ; les arboriculteurs locaux les remplacent peu à peu par des poiriers. La reconversion s'accélère à partir de 1930 : les producteurs se spécialisent, affinent leurs techniques de conduite — croisillon lyonnais, conduite au gobelet, branches charpentières — et diversifient les variétés cultivées. Moras-en-Valloire, bourg autour duquel s'est déployée cette arboriculture, est un village millénaire dont le nom est attesté dès 1009, et qui conserve un patrimoine médiéval et Renaissance.
Cette histoire se raconte encore aujourd'hui dans la « cabane Chosson », ancien abri d'outils d'un arboriculteur-restaurateur du village : Laurent Chosson y recevait notamment l'homme politique Édouard Herriot, venu goûter ses truites pêchées à Manthes. Restaurée par l'association du Site Remarquable du Goût, la cabane abrite désormais une exposition consacrée au métier d'arboriculteur de la Valloire.
Au tournant des années 2020, la production reste portée par une poignée d'exploitations familiales regroupées en association : en 2020, six producteurs réunis au sein des « Arbos de Moras et de la Valloire » cultivaient à eux seuls une centaine d'hectares autour de Moras-en-Valloire, pour une récolte annoncée autour de 10 000 tonnes cette année-là — un net redressement après une campagne 2019 amputée des deux tiers par le gel. Leurs fruits rejoignent le marché par plusieurs circuits parallèles : la coopérative Rhodacoop, l'organisation de producteurs Les Fruitiers Dauphinois, les marchés d'intérêt national (Corbas, Rungis, Bordeaux), la grande distribution, et pour certains la vente directe à la ferme.
La tradition se perpétue aussi par la fête : tous les deux ans en septembre, Moras-en-Valloire célèbre sa poire dans les rues du village, avec vente directe des producteurs, défilé de la confrérie de la Poire, dégustations et animations.
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Le nom de la vallée vient du latin « Vallis Aurea », la vallée d'or, qui atteste de sa fertilité dès l'époque gallo-romaine. Les vergers y sont plantés à flanc de coteau, orientés au nord, sur un sol argilo-limoneux fertile, sous un climat méditerranéen tempéré par la fraîcheur des reliefs voisins. Les arboriculteurs y ont développé une culture en palissage — les branches des arbres sont attachées à une structure pour améliorer le rendement — qui dessine et quadrille le paysage de coteaux en coteaux.
La vallée, creusée il y a plusieurs millions d'années, est aussi parsemée de galets déposés par la fonte des glaces anciennes : disposés en épis ou en arêtes de poisson, parfois entrecoupés de rangées de briques, ils marquent l'architecture vernaculaire des villages du bas Dauphiné, où leur usage, autrefois coûteux, réservait souvent ce matériau aux façades. C'est ce terroir — sol, orientation, climat et savoir-faire transmis de génération en génération — qui a valu à la Valloire d'être sacrée, en 2011, « Site Remarquable du Goût ».
Aspect
Couleurs chaleureuses qui vont du vert au jaune, en passant par le rouge et l'ambré, selon la vingtaine de variétés cultivées dans la vallée.
Goût
Chair sucrée, au taux de sucre élevé, et à la saveur affirmée par l'affinage.
Texture
Fondante et peu granuleuse.
Une vingtaine de variétés se partagent les vergers de la Valloire, la Williams dominant largement la production (environ la moitié des volumes). Elle est entourée de la Guyot, de la Conférence, de la Doyenné du Comice, de la Packham, de la Passe-Crassane et de la Louise-Bonne. Leur calendrier de récolte s'échelonne de juillet, avec la précoce Guyot, à la première quinzaine d'octobre, avec la tardive Passe-Crassane.
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La Poire de la Valloire se déguste fraîche, mais se prête aussi à la transformation — confiture, jus de fruit, eau-de-vie — ou à la cuisine, où elle se marie avec les autres produits de son terroir. Elle sert notamment de base au gratin morassien, une recette salée imaginée par le maître-restaurateur Jean-Jacques Galliffet, qui associe lamelles de poire (de préférence Williams) et pommes de terre dans un appareil à la crème et au lait. Rafraîchissante et peu calorique — environ 50 calories pour 100 g —, elle est aussi riche en fibres, en minéraux et en vitamine C.
La Poire de la Valloire ne porte aucun signe officiel de qualité (AOP, IGP, Label Rouge) : elle reste une production fermière de plein champ, sans cahier des charges européen. Son terroir a été sacré en 2011 « Site Remarquable du Goût » par la Fédération Nationale des Associations locales des Sites Remarquables du Goût — une distinction qui valorise un terroir et un savoir-faire, mais ne constitue pas une appellation protégée.
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