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AOC — AOP — Normandie
« Cent ans pour grandir, cent ans pour produire, cent ans pour mourir » — l'adage du Bas Domfrontais résume la lenteur et la longévité du poirier à poiré, doyen discret du bocage normand.
Boissons Cidricoles de Normandie, AOP depuis 2006.
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Le poirier à poiré est sans doute la plus ancienne espèce cultivée dans le Bas Domfrontais : il précède l'arrivée en Normandie des variétés de pommes à cidre, originaires du nord-ouest de l'Espagne, au XIe siècle. Depuis au moins quatre siècles, cet arbre fait partie intégrante du paysage domfrontais, seule région française où les vergers de poiriers à poiré sont encore plantés et exploités de façon significative — plus de 16 000 arbres plantés depuis 2000. Conduits exclusivement en haute tige pour l'appellation, ces poiriers peuvent atteindre 10 à 15 mètres de hauteur ; leur croissance est si lente que la mise à fruits demande parfois plus de quinze ans, pour une longévité qui dépasse fréquemment le siècle. Parmi la centaine de variétés locales, le Plant de Blanc se distingue : présent sur la totalité des communes de l'aire, il est pratiquement absent des autres régions cidricoles et constitue à lui seul un marqueur de l'appellation.
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Jusqu'à la fin du XIXe siècle, les poiriers domfrontais servent surtout à produire une boisson non gazeuse destinée à l'autoconsommation des exploitations, et parfois exportée vers les régions viticoles voisines. Dans la première moitié du XXe siècle, la production de poiré destiné à la distillation se développe en parallèle du poiré de consommation : les producteurs plantent alors des vergers où cohabitent variétés à eau-de-vie et variétés à poiré riches en composés phénoliques. À côté de la boisson quotidienne, plus ou moins diluée à l'eau, les agriculteurs élaborent aussi un poiré « bouché », obtenu à partir de pur jus dont la fermentation d'une partie des sucres en bouteille produit l'effervescence — un poiré réservé aux occasions festives. C'est autour de ce poiré bouché que se construit, à partir des années 1980, une notoriété régionale associée au nom de la capitale historique du Bas Domfrontais : Domfront.
Il aura fallu dix années de recherche et de démarches du Syndicat du Poiré Domfront pour aboutir à la reconnaissance de l'appellation d'origine : le comité national de l'INAO confirme la naissance de l'appellation le 12 décembre 2001, et le décret est publié au Journal officiel le 24 décembre 2002. La protection s'étend au niveau européen dès mars 2006, par le règlement communautaire n° 510/2006, qui transpose l'AOC française en Appellation d'Origine Protégée. À la suite de la loi d'orientation agricole de 2006, un nouveau cahier des charges définissant les conditions de production du Poiré Domfront est homologué par décret le 29 octobre 2009.
Aspect
Couleur jaune pâle à jaune doré, avec une effervescence harmonieuse liée à la finesse des bulles.
Odeur
Large palette aromatique dominée par des notes fruitées et florales.
Goût
Saveurs équilibrées entre l'acidité et la douceur apportée par les sucres non fermentés, avec une pointe d'astringence en fin de bouche.
Texture
Effervescence fine obtenue exclusivement par une prise de mousse naturelle en bouteille, sans ajout de gaz exogène.
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Le Poiré Domfront s'apprécie bien frais, à l'apéritif, mais aussi en accompagnement de coquillages, de poissons, ou en dessert. De plus en plus prisé des restaurateurs, il constitue une excellente base de cuisine, salée comme sucrée — sa légère acidité et sa palette fruitée et florale s'accordant aussi bien avec une volaille fermière mijotée qu'avec des poires pochées.
Depuis : 2002
Zone couverte : Une quarantaine de communes du sud-ouest de l'Orne, du sud de la Manche et du nord de la Mayenne (Bas Domfrontais)
Exigences clés : Poires à poiré de variétés locales (principalement Plant de Blanc), vergers conduits en haute tige, récolte manuelle au sol, pressurage sans vis sans fin, fermentation lente sans additif, prise de mousse exclusivement par fermentation en bouteille
Depuis : 2006
Zone couverte : Bas Domfrontais (ou Passais), au carrefour de la Normandie, de la Bretagne et du Maine — une quarantaine de communes du sud-ouest de l'Orne, du sud de la Manche et du nord de la Mayenne, autour de Domfront
Exigences clés : Protection européenne de l'AOC française « Domfront », transposition au niveau communautaire (règlement CE n° 510/2006)
Le Poiré Domfront est aussi distingué « Site Remarquable du Goût » par la Fédération nationale des Sites Remarquables du Goût — une reconnaissance touristique et patrimoniale, distincte des six signes officiels de qualité.
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