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Guadeloupe
Sous la canopée des forêts domaniales de Basse-Terre, la gousse noire mûrit à l'ombre — patiemment fécondée fleur par fleur, griffée à l'arête de poisson selon un geste que la Guadeloupe seule connaît.
Épice ou condiment de Guadeloupe.
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La culture de la vanille se développe en Guadeloupe et en Martinique dans les années 1830. Dans les années 1920, les plantations de Basse-Terre comptent parmi les plus productives, en particulier pour la Vanilla Fragans Planifolia, et l'archipel exporte alors 35 tonnes de gousses avec une solide réputation internationale. Cette production est ensuite largement supplantée par la canne à sucre et la banane, qui deviennent les cultures dominantes de l'île.
Dans les années 1990, le Syndicat agricole des producteurs de vanille de Guadeloupe (Syaprovag) engage une relance à travers le projet « Valorisation écosystémique intégrée de l'agrobiodiversité en forêt de Guadeloupe » (Valab), fondé sur une culture en agroforesterie plutôt qu'en plein champ. Cette relance s'appuie sur l'Office National des Forêts (ONF), qui attribue trente concessions d'un hectare en forêt domaniale de Basse-Terre — en décembre 2018 puis en juillet 2019 — à des producteurs candidats à cette culture sous canopée.
La production actuelle se concentre autour de Sainte-Rose, sur la Basse-Terre, où plusieurs producteurs cultivent la vanille en sous-bois de la forêt domaniale, dans les sections de Béron, Cacao et du Comté de Lohéac. Deux espèces y sont cultivées : la Vanilla Fragans Planifolia, la plus répandue, et la Vanilla Pompona, variété rare originaire d'Amazonie, plus difficile à faire fructifier mais recherchée en parfumerie pour sa molécule d'héliotropine. C'est dans ce contexte que Cédric Coutellier a remporté la médaille d'or au Concours général agricole 2020, dans la catégorie Vanille Fragans Planifolia, devant un jury de professionnels dont des juges tahitiens réputés exigeants, qui lui ont accordé un 20 sur 20.
Aspect
Gousses noires une fois affinées, obtenues après scarification puis séchage progressif du fruit vert de vanillier.
Odeur
Arômes typiques de vanille, développés durant l'affinage qui suit la scarification.
Goût
Parfum vanillé prononcé ; la Vanilla Pompona est en particulier recherchée pour sa richesse aromatique.
Texture
Gousses souples après affinage, à la surface lisse et sombre.
fermentation et séchage progressif des gousses, qui développent leur couleur noire et leurs arômes caractéristiques.
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La vanille de Guadeloupe entre traditionnellement dans la composition du rhum arrangé antillais, parmi les épices employées, avec une macération d'au moins six mois pour les versions parfumées. Sa forte teneur en vanilline permet de n'utiliser qu'un petit morceau de gousse par préparation culinaire, là où les vanilles de grande distribution en demandent davantage.
Aucun signe officiel d'ORIGINE à ce jour. La certification biologique que portent certains producteurs de l'île engage leur exploitation, pas l'appellation. L'APAGwa (Association des Producteurs Agricoles de Guadeloupe) conduit une démarche de reconnaissance d'un signe d'identification de la qualité et de l'origine (SIQO) pour la filière « Vanilles de Guadeloupe », encore au stade d'une étude de faisabilité — aucun cahier des charges n'a été déposé.
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