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IGP — Midi-Pyrénées
Dans les collines douces de la Lomagne, entre Gers et Tarn-et-Garonne, l'ail blanc mûrit au fil de l'été avant de sécher « à la barre », suspendu sous le vent d'Autan — une tradition paysanne attestée depuis le XIIIe siècle, devenue Indication Géographique Protégée.
Légume de Midi-Pyrénées, IGP depuis 2008.
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La plus ancienne trace écrite de la culture de l'ail en Lomagne remonte au 6 septembre 1265 : un acte mentionne des redevances sur le jardinage portant sur la culture des poireaux, de l'ail, des oignons, des choux et des fèves dans le village de Gariès. Longtemps vivrière, cette culture prend une dimension commerciale au XIXe siècle : un mémoire agronomique de 1864 couronné par la Société des sciences, agriculture et belles-lettres de Montauban évalue déjà le revenu que le canton de Beaumont tire de son ail, et un recensement de 1902 relève 80 hectares cultivés sur la seule commune de Beaumont-de-Lomagne. La surface progresse ensuite sans discontinuer au fil du XXe siècle, passant de 200 hectares en 1916 à 2 810 hectares en 1980.
À partir de 1958, le syndicat des producteurs d'ail se mobilise pour sélectionner un ail de qualité selon des critères commerciaux précis. En 1965, la première coopérative de vente, la COOP AIL, voit le jour, et le syndicat dépose officiellement la marque « Ail de Beaumont-de-Lomagne ». Le marché physique de Beaumont-de-Lomagne, où se négociait déjà l'ail dès 1936, atteint au début des années 1970 le quart des ventes nationales d'ail sec — record qui lui vaut encore aujourd'hui la première place du pays pour ce commerce. Autour de cette dynamique naissent, dès le début des années 1960, un concours de la plus belle gerbe d'ail (1961) puis une foire-concours annuelle avec le Comice agricole et la municipalité de Beaumont-de-Lomagne (1963), toujours tenue chaque année à la foire de septembre, ainsi que des confréries de l'ail à Beaumont, Lavit et Saint-Clar. Cette reconnaissance de terrain aboutit en 2008 à la consécration officielle : la Commission européenne enregistre l'« Ail blanc de Lomagne » comme indication géographique protégée par le règlement du 10 décembre 2008, publié au Journal officiel de l'Union européenne le 11 décembre suivant.
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L'aire de production s'étend sur 200 communes à cheval sur le Gers (154 communes) et le Tarn-et-Garonne (46 communes), bordée au nord-ouest par la Baïse et au nord-est par la Garonne. Elle correspond à la région agricole de la Lomagne, définie en 1958 par l'INSEE et le ministère de l'Agriculture sur un critère d'homogénéité pédoclimatique. Le relief y dessine des coteaux creusés de vallées et de talwegs, sur des formations molassiques du Miocène ; les sols qui en dérivent — bruns calcaires, de texture argilo-limoneuse à limono-argileuse, profonds d'un mètre ou plus — offrent un bon drainage et un enracinement profond, tandis qu'un climat sec traversé par le vent d'Autan favorise le séchage naturel des bulbes. L'ail blanc de Lomagne est aujourd'hui issu principalement de deux variétés locales, Corail et Jolimont, nées en 1970 d'une sélection massale menée sur les populations traditionnelles « Blanc de Lomagne ».
Aspect
Bulbe rond et régulier, de calibre minimum 45 mm, de couleur blanche à blanc ivoire, parfois marqué d'une flamme violette ; 8 à 12 gousses (caïeux) serrées, de couleur beige à crème, parfois striées de violet, chacune enveloppée d'une seule pellicule ; racines coupées au ras du bulbe.
Goût
Consommé cru, émincé ou broyé, un goût et des arômes persistants dus à la présence de composés soufrés.
Texture
Rôti ou cuit en chemise, il devient moelleux et ses arômes s'adoucissent.
variétés autorisées (Corail, Jolimont, Messidrôme, Thermidrôme), semences certifiées à 75 % minimum.
à l'automne, sur des sols argilo-calcaires sélectionnés pour leur profondeur et leur drainage.
à bonne maturité, dans l'aire géographique, autour de la Saint-Jean.
manuel, retirant les pellicules externes ternies ou déchirées.
les lots sont triés, calibrés puis contrôlés par un agréeur qui vérifie leur conformité au cahier des charges.
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L'ail blanc de Lomagne se prête aussi bien au cru qu'au cuit : émincé ou broyé, il révèle des arômes soufrés puissants et persistants ; rôti en chemise ou confit, il s'assouplit et s'adoucit. La tradition locale l'associe au tourin, une soupe à l'ail typique du Sud-Ouest, et au galinail, un poulet farci à l'ail servi lors de la fête de l'ail de Beaumont-de-Lomagne, célébrée chaque dernier dimanche de juillet. Le site de l'association de défense propose aussi des recettes plus contemporaines, comme des accras d'aubergine à l'ail et à la coriandre, une brioche perdue au floc de Gascogne accompagnée de foie gras du Gers poêlé aux fruits secs, ou une noisette d'agneau à la crème d'ail et trompettes de la mort.
Depuis : 2008
Zone couverte : 200 communes du Gers et du Tarn-et-Garonne (154 dans le Gers, 46 dans le Tarn-et-Garonne), formant l'aire agricole historique de la Lomagne
Exigences clés : Variétés Corail, Jolimont, Messidrôme ou Thermidrôme ; semences certifiées à 75 % minimum ; culture, récolte, séchage, pelage, tri et agréage réalisés dans l'aire géographique ; récolte à bonne maturité ; calibre minimum 45 mm ; traçabilité complète du champ à l'expédition (cahier cultural, bons d'apport, fiches d'agréage)
Cahier des charges modifié et republié par arrêté du 28 juin 2017, modification approuvée par la Commission européenne à compter du 8 février 2018.
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