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IGP — Label Rouge — Midi-Pyrénées
Perle rose des coteaux tarnais, l'ail de Lautrec se reconnaît à sa robe satinée, sa douceur persistante et sa remarquable capacité de conservation.
Légume de Midi-Pyrénées, IGP depuis 1996.
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Dans les coteaux tarnais qui dominent la plaine albigeoise, Lautrec veille sur ses champs d'ail depuis des siècles. La tradition veut qu'un marchand ambulant ait autrefois payé son repas d'une tresse d'ail rose, lançant involontairement une vocation maraîchère qui ne s'est jamais démentie. La plus ancienne trace écrite remonte à une charte de Bertrand de Lautrec de 1291, qui mentionne des « dîmes sur l'ail » à Graulhet, preuve que la culture tenait déjà une place importante dans le secteur. Entre 1800 et 1900, l'ail rose — déjà présenté en « manouille » — reste cultivé en petites quantités, à raison de 5 à 10 ares par exploitation, pour la consommation familiale ou la vente sur les marchés de Mazamet, Castres, Albi et Réalmont.
La variété rose de Lautrec se distingue radicalement des aulx blancs industriels : une robe satinée d'un rose vif naturel, des caïeux serrés protégés par des tuniques fines, une chair dense et blanche nacrée. Cette identité visuelle si particulière résulte d'une sélection paysanne patiente, conduite pendant des générations sur les mêmes terres argilo-calcaires, à la même altitude, sous le même soleil du Midi.
La structuration moderne de la filière commence en 1959, quand une trentaine de jeunes agriculteurs de Lautrec se fédèrent pour créer le Syndicat de défense du Label ail rose de Lautrec. Ils obtiennent dès 1966 le Label Rouge, une reconnaissance précoce pour un produit agricole. En 1976, les producteurs créent une coopérative à Lautrec pour structurer la commercialisation. La reconnaissance européenne suit en 1996 avec l'IGP. Chaque année, la fête de l'ail rose de Lautrec réunit producteurs et public autour de ce bulbe devenu emblème du terroir tarnais.
La tête d'ail rose de Lautrec présente une robe d'un rose vif et satiné, caractéristique qui la distingue au premier coup d'œil. Les caïeux, au nombre de huit à douze par bulbe et répartis en deux couronnes, sont serrés et enveloppés dans des tuniques fines aux reflets roses. La chair, blanche et nacrée, dégage à la coupe une odeur aromatique puissante mais sans agressivité, avec des notes soufrées typiques tempérées par une douceur florale.
En bouche, la saveur est intense et persistante, nettement plus douce que les variétés blanches standard, avec une légère pointe sucrée et une chaleur qui s'installe progressivement sans brûler. Cru, il est moins âcre et plus aromatique que ses concurrents. Cuit, il développe une onctuosité remarquable et une douceur confite appréciée dans les préparations mijotées.
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La culture de l'ail rose de Lautrec suit un calendrier ancestral respecté par tous les producteurs IGP. Les caïeux sélectionnés sont plantés en plein cœur de l'hiver, entre fin novembre et fin janvier, dans les terres argilo-calcaires des coteaux tarnais. La récolte est déclenchée à maturité, fin juin ou début juillet, une fois que le rapport poids des bulbes/poids des feuilles dépasse 1,8 et qu'il ne subsiste plus que quatre feuilles vertes au maximum sur le pied — une opération encore en partie mécanisée mais qui demande beaucoup de main-d'œuvre.
Après récolte, les bulbes sèchent au moins 15 jours, en local aéré ou par ventilation dynamique, jusqu'à perdre au moins 25 % de leur poids initial. Ils sont ensuite pelés à la main et conditionnés en grappe (« manouille »), en botillon, en filet, en plateau ou en sac. Stockés à l'air ambiant en local aéré ou en chambre froide, ils se conservent jusqu'en mai de l'année suivant la récolte, soit près de onze mois de garde.
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L'ail rose de Lautrec s'intègre dans toutes les cuisines du Midi et bien au-delà. Entier confit en chemise dans un rôti d'agneau ou de volaille, il révèle une douceur crémeuse incomparable. Écrasé en aïoli ou en persillade, il parfume généreusement sans dominer. Dans les soupes et les cassoulets, il apporte une profondeur aromatique qui s'efface progressivement dans le plat.
Les accords les plus naturels se font avec les vins blancs secs du Gaillac voisin, dont la vivacité tranche agréablement avec la richesse de l'ail confit. Pour les préparations crues (vinaigrettes, tapenade), un Côtes du Tarn léger ou même un rouge fruité de Fronton convient parfaitement. La conservation en grappe suspendue dans un endroit sec et ventilé préserve toutes ses qualités jusqu'en mai.
L'IGP autorise cinq variétés : la variété traditionnelle Rose de Lautrec, ainsi que quatre variétés créées dans les années 1990 par sélection massale à partir des populations locales — Edenrose, Goulurose, Ibérose et Jardirose — retenues pour leurs aptitudes à la conservation et leurs caractéristiques morphologiques. La grappe (manouille) constitue le conditionnement traditionnel et festif, tandis que le botillon, le filet, le plateau et le sac permettent une distribution plus large dans la restauration et la grande distribution.
Depuis : 1996
Zone couverte : 87 communes du Tarn
Exigences clés : 5 variétés autorisées, plantation fin novembre-fin janvier, récolte fin juin-début juillet, séchage min. 15 jours
Depuis : 1966
Zone couverte : 87 communes du Tarn
Exigences clés : Calibre min. 40 mm, robe rose homogène, conditionnement traditionnel en grappe, profil sensoriel et test hédonique
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