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Cresson de fontaine de Méréville — illustration générée par IA Illustration générée par IA

STG — Île-de-France

Cresson de fontaine de Méréville

Née des sources vives de l'Essonne, la capitale française du cresson cultive depuis 1894 un légume-feuille croquant que les Parisiens se disputent depuis le Moyen Âge.

Légume d'Île-de-France, STG depuis 2022.

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L'Essentiel

Histoire & Origine

Des sources de l'Essonne à l'apogée des années 1930

Le cresson est consommé et valorisé à Paris depuis le XIe siècle, mais sa culture organisée en Essonne ne s'installe que bien plus tard. La première cressonnière du département voit le jour en 1854-1856 à Vayres-sur-Essonne, dans le Gâtinais. Il faut attendre 1894 pour que la culture s'étende jusqu'à Méréville, sous l'impulsion de son premier « cressonnier », Charles Lefèvre, qui exploite les sources d'eau pure de la région — une eau essentielle à la croissance de cette plante aquatique. Le cresson lui-même est connu depuis l'Antiquité pour ses vertus, vanté par Hippocrate comme expectorant et par le roi Saint-Louis pour ses bienfaits.

La culture prospère : des voitures à cheval acheminent le cresson jusqu'aux gares, d'où il est transporté, frais cueilli, vers les halles de Paris. De nombreuses cressonnières s'aménagent tout au long des vallées voisines — la Juine, l'École, l'Essonne, la Chalouette et l'Éclimont — et les années 1930-1935 marquent l'apogée de cette culture sur le territoire. Depuis les années 1950, la baisse de la consommation a réduit l'activité sur de nombreux sites, mais l'Essonne reste aujourd'hui le premier département producteur de cresson de France, avec vingt-six cressiculteurs sur les soixante que compte le territoire national.

Cresson de fontaine de Méréville — illustration générée par IA Illustration générée par IA

Le geste du cressonnier, à genoux dans l'eau

Une cressonnière est une parcelle rectangulaire creusée de longues fosses parallèles de 50 à 80 mètres de long, profondes de 30 à 40 centimètres, à la pente si légère qu'elle laisse l'eau s'écouler sans jamais stagner — alimentées en amont par un puits artésien ou une source, et vidées en aval vers la rivière. Le cressonnier y descend en bottes de caoutchouc et récolte le dos ployé, protégé autrefois par des genouillères de cuir et un caparaçon de toile imperméable fixé sur le dos ; le cresson coupé est rassemblé en bottes, portées jusqu'au marché ou aux halles de Paris dans des paniers d'osier. Ce travail, dur et physique, se fait les mains dans l'eau quelles que soient les conditions climatiques.

À la Villa Paul, fondée en 1897 par Paul Barberot, cette tradition familiale se transmet depuis plusieurs générations : Olivier et Isabelle Barberot y perpétuent aujourd'hui le métier, avec l'espoir qu'un fils reprenne la suite. L'exploitation, qui compte désormais trois sites de production, a fait le pari des serres pilotées par informatique pour réguler la température et gagner en régularité de récolte — un confort nouveau pour un métier resté longtemps inchangé depuis le XIXe siècle. Elle écoule environ 700 000 bottes par an, pour un tiers en restauration, un tiers en grande distribution et un tiers sur les marchés ; depuis le 1er avril 2024, le cresson de Méréville est même servi à la table des restaurants de la tour Eiffel.

Face à une consommation qui tend à diminuer depuis les années 1950, les cressiculteurs de l'Essonne — ainsi que quelques producteurs voisins du Loiret et de Seine-et-Marne — ont créé en 2023 la marque collective « Cresson de Méréville », qui fédère et géolocalise aujourd'hui dix-sept cressiculteurs du secteur, un premier pas vers une reconnaissance en Indication Géographique Protégée : le dossier est en préparation avant sa présentation à l'INAO, sans calendrier arrêté à ce jour. La tradition reste vivante et se fête chaque année lors de la Foire du cresson, à Méréville.

Caractéristiques du produit

Description sensorielle

Aspect

Feuilles vert clair, portées par des tiges immergées dans l'eau vive.

Goût

Saveur légèrement piquante et poivrée.

Texture

Feuilles et tiges croquantes.

Variétés & déclinaisons

Le cresson de Méréville se vend traditionnellement en bottes fraîches, mais se décline aussi en produits transformés — veloutés, pâtes, tapenade, pesto au cresson — et, plus récemment, en cresson déshydraté destiné à la cosmétique.

Mode de fabrication

01

Semis

au printemps, en pleine cressonnière.

02

Construction de la cressonnière

de longues fosses parallèles sont creusées à même la terre, sur 50 à 80 mètres de long et 30 à 40 centimètres de profond… Lire la suite
de longues fosses parallèles sont creusées à même la terre, sur 50 à 80 mètres de long et 30 à 40 centimètres de profondeur, avec une pente de 1 à 3 cm par mètre qui garantit un débit lent et régulier ; un canal de charge, alimenté par un puits artésien ou une source, amène l'eau, qu'un canal de décharge évacue ensuite vers la rivière.
03

Culture en eau vive

la plante, aquatique ou semi-aquatique, s'ancre par son système racinaire au fond ou sur le côté du cours d'eau … Lire la suite
la plante, aquatique ou semi-aquatique, s'ancre par son système racinaire au fond ou sur le côté du cours d'eau ainsi créé.
04

Récolte

traditionnellement effectuée dans l'eau, à la main, toute l'année ; le cressonnier descend dans les fosses en bo… Lire la suite
traditionnellement effectuée dans l'eau, à la main, toute l'année ; le cressonnier descend dans les fosses en bottes de caoutchouc et coupe le cresson le dos ployé.
05

Mise en botte

le cresson coupé est rassemblé en bottes, aujourd'hui destinées à la restauration, à la grande distribution et aux m… Lire la suite
le cresson coupé est rassemblé en bottes, aujourd'hui destinées à la restauration, à la grande distribution et aux marchés.

Dégustation & accords

Cresson de fontaine de Méréville — illustration générée par IA Illustration générée par IA

Le cresson de Méréville se déguste toute l'année, cru en salade ou cuit en velouté, et accompagne aussi bien les poissons que les viandes. Sa saveur piquante et poivrée en fait également un ingrédient de choix pour les tartines et les toasts. Depuis 2024, il figure même à la carte des restaurants de la tour Eiffel — signe de la place qu'occupe aujourd'hui ce légume longtemps resté modeste dans la gastronomie française.

Labels & Certifications

STG

Depuis : 2022

Zone couverte : Protection européenne partagée entre la Belgique, l'Espagne, la France, les Pays-Bas, le Portugal et le Royaume-Uni — la dénomination n'est utilisable qu'associée à la mention « produit selon la tradition de » l'un ou plusieurs de ces pays.

Exigences clés : Plante aquatique ou semi-aquatique, ancrée au fond ou sur le côté d'un cours d'eau ou d'une source par son système racinaire ; couleur vert clair ; récolte traditionnelle dans l'eau.

Signe enregistré pour le « cresson de fontaine » en général — dossier porté par le Royaume-Uni, soutenu par les producteurs belges, espagnols, français et portugais — et non spécifiquement pour Méréville, dont la production traditionnelle en cressonnière en relève.

À noter

Le Cresson de Méréville est distingué « Site Remarquable du Goût », une reconnaissance touristique et gastronomique — pas un signe officiel de qualité. Les cressiculteurs de l'Essonne ont créé en 2023 la marque collective « Cresson de Méréville » et préparent un dossier de demande d'Indication Géographique Protégée, en vue d'une présentation à l'INAO : démarche engagée, non encore aboutie à ce jour.

Les acteurs du terroir

Producteur Méréville

La Villa Paul

Familiale

Producteur Méréville

Cressonnière les Petits Prés

Familiale

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Producteur Méréville

La Villa Paul

Familiale

Fondée en 1897 par Paul Barberot, la Villa Paul cultive le cresson de fontaine à Méréville (Essonne) depuis cinq générations. Dirigée aujourd'hui par Olivier Barberot — également président de l'Association syndicale libre de la cressiculture essonnienne —, l'exploitation emploie quatorze salariés en CDI et produit environ 700 000 bottes de cresson par an, écoulées pour un tiers en restauration, un tiers en grande distribution et un tiers sur les marchés.

Pour gagner en régularité de récolte tout au long de l'année, la Villa Paul a fait construire des serres pilotées par informatique, avec l'appui du conseil départemental de l'Essonne. Depuis le 1er avril 2024, son cresson de Méréville est servi à la table des restaurants de la tour Eiffel, et l'exploitation explore de nouveaux débouchés, notamment le cresson déshydraté destiné à la cosmétique.

Adresse91660 Le Mérévillois, France
Téléphone01 64 95 00 64
Site webcresson-mereville.com
Producteur Méréville

Cressonnière les Petits Prés

Familiale

La cressonnière des Petits-Prés, à Méréville (Essonne), est exploitée par la famille Barberon depuis plusieurs générations. Ghislaine Barberon y cultive aujourd'hui un cresson certifié biologique, sans engrais chimique, aux côtés d'une seconde parcelle familiale dite de la « Vallée Colleau ». L'exploitation adhère à la marque collective « Cresson de Méréville » et participe à la démarche de reconnaissance en Indication Géographique Protégée engagée par les cressiculteurs de l'Essonne.

Adresse91660 Le Mérévillois, France
Téléphone06 87 56 55 12