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Bretagne
Ni tout à fait un far, ni tout à fait une crêpe, ni tout à fait une omelette : le farz pitilig se fait dorer à la poêle, un morceau de beurre après l'autre, jusqu'à devenir la madeleine de Proust d'une Bretagne d'enfance.
Pâtisserie ou spécialité boulangère de Bretagne.
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En breton, « farz pitilig » signifie littéralement « far à la poêle », par opposition au « farz fourn », le far au four que l'on prépare traditionnellement avec des pruneaux. Le résultat ne ressemble pourtant complètement ni à l'un ni à l'autre : c'est une pâte à crêpe un peu épaisse, cuite comme une omelette, avec une texture qui rappelle celle du far breton. La cuisson, en plusieurs fournées dans une poêle pas trop large — en fonte si possible, pour bien chauffer jusqu'aux bords —, est un art à part entière : il faut faire dorer progressivement la première face sans la laisser brûler, avant de retourner la galette épaisse pour dorer l'autre côté.
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Le farz pitilig reste peu connu, y compris en Bretagne : le site culinaire Cuisine à l'Ouest raconte n'en avoir entendu parler qu'en Nord-Finistère, et encore, de façon confidentielle. Cette discrétion tranche avec l'accueil qu'il reçoit à chaque fois qu'il est servi, en particulier auprès des enfants — au point que son auteur imagine une improbable « chaîne de boutiques à pitilig » pour le sortir de l'ombre. Une variante existe par ailleurs sous le nom de « farz buen » : la pâte y est cuite plus longtemps, puis découpée en boulettes que l'on fait tremper dans du lait ribot.
Pour beaucoup de Bretons, le farz pitilig reste avant tout associé aux souvenirs d'enfance : le goûter préparé chez la grand-mère un mercredi après-midi, le repas improvisé un jour de neige sans école, le dîner de frigo vide ou de dimanche soir sans idée, la récompense après avoir aidé au potager des grands-parents. Il se déguste tout juste sorti de la poêle, brûlant, sans attendre — et sans trop se soucier du beurre qui déborde.
Aspect
Une grosse crêpe épaisse, dorée sur les deux faces, d'environ un centimètre d'épaisseur, cuite et servie à l'unité plutôt qu'empilée.
Goût
Sucré et beurré, avec la saveur du beurre doré à la cuisson ; se personnalise avec du sucre, de la confiture (de mûres sauvages notamment), du caramel au beurre salé, du miel, du cacao ou de la cannelle.
Texture
Fondante et moelleuse à l'intérieur comme un far, saisie et légèrement croustillante en surface comme une omelette bien dorée.
une louche de pâte par fournée, sur environ un centimètre d'épaisseur.
dorer l'autre face quelques dizaines de secondes à feu doux, puis déguster immédiatement, fournée après fournée.
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Le farz pitilig se mange chaud, tout juste sorti de la poêle, saupoudré de sucre en poudre — qui croque sous la dent — ou nappé de confiture de mûres sauvages, de caramel au beurre salé ou d'un miel local. La pâte se personnalise volontiers avant cuisson, avec des morceaux de pomme, des pépites de chocolat ou des raisins secs gonflés dans du rhum.
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