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Galette de sarrasin — illustration générée par IA Illustration générée par IA

Bretagne

Galette de sarrasin

« Galette ou crêpe ? La distinction est fondamentale et respectée avec sérieux : on dit galette pour le salé et crêpe pour le sucré. »

Pâtisserie ou spécialité boulangère de Bretagne.

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L'Essentiel

Histoire & Origine

Galette de sarrasin — illustration générée par IA Illustration générée par IA

Une plante venue de loin, une légende à écarter

Le sarrasin, qu'on appelle aussi blé noir bien qu'il ne s'agisse pas d'une véritable céréale mais d'une plante herbacée de la famille des polygonacées, trouve ses racines en Chine. Une idée reçue très répandue attribue à la duchesse Anne de Bretagne l'introduction de sa culture dans la péninsule armoricaine au XVIe siècle — une belle histoire, mais qui ne résiste pas à l'examen : au XVIe siècle, aucune souveraine ne pouvait ordonner la mise en culture d'une plante, et des pollens de sarrasin ont été retrouvés en Bretagne dès l'âge de bronze, bien avant le règne d'Anne. Sa culture proprement dite s'impose plus tardivement, aux alentours des XVe-XVIe siècles : la première mention connue date de 1497 à Rennes, suivie d'une attestation à Saint-Brice-en-Coglès en 1502, puis à Langouët en 1508 et près de Quimper deux ans plus tard — une diffusion qui semble s'être faite d'est en ouest, portée notamment par les ports commerçant avec les villes de la Hanse. Contrairement à une autre légende tenace, cette arrivée n'a rien à voir avec les croisades ou l'Afrique du Nord.

L'aliment du pauvre, devenu galette de tous les jours

Le sarrasin s'est imposé en Bretagne pour une raison très concrète : il s'accommode de sols acides et pauvres, peu propices au froment ou au seigle, et il bénéficiait en outre d'une exemption de la dîme prélevée par l'Église — un avantage fiscal réel pour des paysans qui pouvaient de surcroît le moudre eux-mêmes, dans des moulins domestiques rudimentaires, sans dépendre d'une meunerie seigneuriale. Sa farine grise ne pouvant lever comme celle du froment, elle ne permettait pas de fabriquer du pain : jusqu'au XIXe siècle, la majorité des Bretons se sont donc nourris de substituts confectionnés à partir de cette farine — la bouillie, les crêpes ou galettes, et le far en sac. La galette de sarrasin, cuite sur une bilig (une plaque de fonte posée sur le feu que les familles se transmettaient de génération en génération), constituait ainsi l'aliment de base du quotidien paysan, garnie simplement de lard, de légumes, d'œufs ou de beurre, mangée en lieu et place du pain à tous les repas.

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Galette ou crêpe : une distinction prise au sérieux

En Bretagne, confondre galette et crêpe relève de l'impair gastronomique : on réserve le mot galette au salé, préparé avec de la farine de sarrasin, sans gluten, à la couleur brune et au goût rustique légèrement amer ; la crêpe, elle, se prépare avec de la farine de froment, se garnit sucré, et se sert traditionnellement en dessert, après une ou plusieurs galettes. Cette exigence de vocabulaire s'incarne aujourd'hui dans une institution : la Confrérie de la Galette et de la Crêpe Bretonne, association déclarée en 1992 et basée près de Rennes, dont l'objet statutaire est justement de « faire connaître et apprécier la galette et la crêpe bretonne » et d'« encourager la recherche et la qualité par des concours » régionaux.

Caractéristiques du produit

Description sensorielle

Aspect

une galette fine, de couleur brune caractéristique de la farine de sarrasin, aux bords généralement plus croustillants que le centre.

Goût

rustique, avec une légère amertume propre au sarrasin — à l'opposé de la douceur sucrée de la crêpe de froment.

Texture

croustillante sur les bords, fondante au centre lorsque le geste du crêpier est maîtrisé ; naturellement sans gluten.

Mode de fabrication

01

La pâte

farine de sarrasin, eau et sel : une préparation plus fragile et plus délicate à travailler que la pâte à crêpe de frome… Lire la suite
farine de sarrasin, eau et sel : une préparation plus fragile et plus délicate à travailler que la pâte à crêpe de froment.
02

Le billig

une plaque de fonte posée sur le feu, que les familles transmettaient de génération en génération.

03

L'étalage au rozell

le geste du rozell, ce râteau plat en bois qui étale la pâte sur la plaque chaude, s'apprend pendant de longues anné… Lire la suite
le geste du rozell, ce râteau plat en bois qui étale la pâte sur la plaque chaude, s'apprend pendant de longues années pour obtenir une galette fine.
04

La garniture

traditionnellement lard, légumes, œufs ou simplement beurre ; aujourd'hui plus souvent fromage, jambon, œuf ou champ… Lire la suite
traditionnellement lard, légumes, œufs ou simplement beurre ; aujourd'hui plus souvent fromage, jambon, œuf ou champignons.

Dégustation & accords

Galette de sarrasin — illustration générée par IA Illustration générée par IA

La galette de sarrasin s'accompagne traditionnellement de cidre breton, servi en bolée — l'accord galette-cidre tient presque du rituel en Bretagne. Parmi les produits qui l'escortent souvent, l'andouille de Guémené-sur-Scorff, reconnaissable à ses anneaux concentriques et à sa saveur fumée, apporte un accord franc avec le goût rustique du sarrasin. Le repas breton traditionnel s'ouvre ainsi par une ou plusieurs galettes salées, avant de se conclure, en dessert, par une ou deux crêpes sucrées. Garnie de jambon, d'un œuf et de fromage, la galette devient la classique complète.

Labels & Certifications

À noter

La galette de sarrasin elle-même ne bénéficie d'aucune protection officielle (AOP, IGP, Label Rouge, STG, Bio). Seule sa matière première est parfois protégée : la Farine de blé noir de Bretagne, dont le cahier des charges a été homologué en France en 2008 puis reconnu par l'Union européenne en 2010 — un signe qui porte sur la farine, jamais sur la galette finie.

Les acteurs du terroir

Confrérie — elle perpétue la tradition de ce produit Confrérie Noyal-Châtillon-sur-Seiche

Confrérie de la Galette et de la Crêpe Bretonne

Confrérie

Table Cancale

Breizh Café Cancale

Crêperie

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Confrérie — elle perpétue la tradition de ce produit Confrérie Noyal-Châtillon-sur-Seiche

Confrérie de la Galette et de la Crêpe Bretonne

Confrérie

Association loi 1901 déclarée le 6 novembre 1992 et publiée au Journal officiel le 9 décembre suivant, elle a son siège au lieu-dit Le Hil, à Noyal-Châtillon-sur-Seiche, aux portes de Rennes. C'est l'une des confréries gastronomiques bretonnes dédiées à la galette de sarrasin et à sa cousine sucrée, la crêpe.

Son objet statutaire tient en une phrase : « faire connaître et apprécier la galette et la crêpe bretonne ; encourager la recherche et la qualité par des concours qui récompenseront par origine, par catégorie et par région les meilleurs crêpes ». La confrérie inscrit ainsi sa mission dans la promotion et la mise en compétition amicale du savoir-faire, plutôt que dans la gestion d'un signe officiel.

AdresseNoyal-Châtillon-sur-Seiche, France
Table Cancale

Breizh Café Cancale

Crêperie

Fondée par le Breton Bertrand Larcher, originaire d'une ferme près de Fougères (Ille-et-Vilaine), la crêperie Breizh Café a ouvert son port d'attache à Cancale en 2004, face au port de la Houle. Le lieu associe galettes de sarrasin et crêpes de froment traditionnelles à des garnitures composées de produits du terroir breton — beurre de baratte, cidre, produits de la mer — et à une influence japonaise que Larcher a rapportée de son parcours entre la Bretagne et le Japon.

À l'étage de la crêperie de Cancale, un restaurant de cuisine japonaise a été distingué d'une étoile au guide Michelin. L'enseigne, née à Cancale, s'est depuis développée à Paris et au Japon.

Autres produits

Adresse7 Quai Admis en Chef Thomas, 35260 Cancale, France
Téléphone02 99 89 61 76
Site webbreizhcafe.com
VisiteOui — crêperie ouverte au public