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Marrons glacés de Privas — illustration générée par IA Illustration générée par IA

Rhône-Alpes

Marrons glacés de Privas

Un marron entier, confit des jours durant dans un sirop vanillé puis glacé d'une fine couche de sucre : à Privas, en Ardèche, on en a fait une industrie, et une réputation.

Confiserie de Rhône-Alpes.

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L'Essentiel

Région Rhône-Alpes Auvergne-Rhône-Alpes
Saison
J F M A M J J A S O N D

Toute l'année, avec un pic aux fêtes de fin d'année

Les fêtes de fin d'annéedisponible
Département
Ardèche07
ZonePrivas, en Ardèche, avec les ateliers voisins d'Aubenas
Dossier La Châtaigne dans tous ses états

Histoire & Origine

Une confiserie aux origines disputées

Le marron glacé est un dessert de confiserie : des châtaignes confites dans un sirop de sucre, puis glacées au sucre glace. Pour mériter le nom de « marron », le fruit doit se présenter d'un seul tenant, ni cloisonné, ni brisé.

Son origine est si imprécise que des légendes lui servent de marraines. L'une le fait paraître au XVIIe siècle sur la table de Louis XIV, sous la plume du cuisinier La Varenne et de son Parfait confiturier ; une autre, à la fin du siècle précédent, dans le Piémont, où le cuisinier du duc Charles-Emmanuel Ier l'aurait fait connaître à la cour de Savoie. Provence 7 parle d'origines « très disputées » et cite encore Coni, en Italie, et Lyon au XVIe siècle.

Une chose est certaine, écrit l'association des Ardéchois de Paris : la première fabrique de marrons glacés d'Ardèche est née en 1882, dans les ateliers de Clément Faugier, à Privas.

Marrons glacés de Privas — illustration générée par IA Illustration générée par IA

Privas, 1882 : la soie cède la place au marron

À la fin du XIXe siècle, la maladie des vers à soie frappe l'économie ardéchoise. Selon le magazine The Connexion, Clément Faugier y voit le moyen d'employer à la fois les ouvriers du textile, rompus aux gestes délicats, et les récoltes abondantes des châtaigniers du pays. Le cahier des charges de la Châtaigne d'Ardèche tient le même raisonnement : l'Ardèche y est dite « berceau de la valorisation des châtaignes », que favorisent la main-d'œuvre formée aux travaux délicats après la crise de la soie, l'abondance et la qualité de la matière première.

Les récits ne s'accordent pas sur les dates. La maison Clément Faugier se dit fondée en 1882. Le cahier des charges, lui, raconte que la Société anonyme des marrons glacés et confiseurs privadois Sérardy réunis est créée cette année-là, à partir du savoir-faire du pâtissier confiseur privadois Sérardy, et qu'elle fabrique entre autres des marrons glacés ; Clément Faugier y débuterait en 1887, pour fabriquer les marrons glacés à plus grande échelle et industrialiser la production. Provence 7 retient 1882 comme l'année où Clément Faugier met au point la fabrication industrielle du marron glacé.

Les anecdotes de la maison disent l'ambition de ses débuts. Dès 1890, pour un ami installé à Zanzibar, Clément Faugier met au point une boîte sous vide qui garde aux marrons glacés leurs qualités pendant un long voyage ; la boîte « export » d'aujourd'hui en descend. En 1924, selon Le Petit Journal, il crée les marrons au cognac pour les envoyer aux États-Unis, en pleine prohibition.

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Une capitale et quelques maisons

Privas reste « la capitale de la crème de marron et des marrons glacés », écrit l'Encyclopædia Universalis, avec l'entreprise Clément Faugier, « rescapée de l'industrie du XIXe siècle ». La maison se dit présente sur les cinq continents et dans plus de 88 pays et affirme que sa recette n'a pas changé depuis 1882. Un annuaire touristique signale à Privas son espace d'exposition, consacré à la castanéiculture et à l'histoire de la maison, où l'on découvre les objets, les outils, les méthodes et les seize étapes qui mènent de la châtaigne ramassée à l'automne au marron emballé ; la notice y présente la ville comme la « capitale mondiale du marron glacé ».

Autour d'Aubenas, d'autres maisons tiennent la même tradition. La Société des marrons glacés d'Aubenas, Contassot & Cie, fabrique déjà des marrons glacés, confits et au sirop en 1900, d'après un catalogue des archives départementales ; associée à Gustave Imbert, elle a donné la maison Marrons Imbert, officiellement fondée en 1920. Sabaton naît en 1907 : Louis Sabaton, restaurateur à Labégude, commence par des plats cuisinés et des champignons en conserve, y ajoute la crème de marrons et les marrons glacés, dont le succès est immédiat. La maison les a dans sa gamme dès 1910.

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Du marron à la Bouche Rouge

Pour Jean-David Boiron, directeur de la maison Faugier, tout commence par le fruit. Quand la bogue n'en contient qu'un, plus rond et plus gras, on l'appelle marron : c'est lui qui sert aux marrons glacés. Quand elle en contient deux ou trois, souvent aplatis d'un côté, c'est une châtaigne, qui va à la crème de marrons avec les marrons brisés.

En Ardèche, la catégorie de châtaignes destinée à devenir marrons glacés s'appelle la Bouche Rouge. La maison Faugier dit l'employer en AOP Châtaigne d'Ardèche.

Le fruit ne vient pourtant pas toujours du pays. En mai 2025, la maison a dû retirer la mention « Ardèche » de ses boîtes de crème de marrons : les services de répression des fraudes jugeaient que cette dénomination suppose des fruits de l'AOP, alors que l'entreprise emploie parfois des châtaignes d'Italie, d'Espagne ou du Portugal quand la production ardéchoise ne suffit pas.

Jean-David Boiron juge de plus en plus difficile d'obtenir de bons marrons ; le cynips du châtaignier, arrivé en Italie, s'est répandu en Europe sans remède connu. Il distingue aussi ses marrons des versions moins chères, souvent importées d'Italie et d'Espagne, qui contiennent à ses yeux beaucoup plus de sucre.

Caractéristiques du produit

Description sensorielle

Aspect

Un marron entier, de bonne taille et de forme régulière, sous une fine couche de glace brillante ; chaque pièce est unique, avec ses formes et ses textures propres.

Goût

La saveur fine de la châtaigne, que la concentration du sucre ne doit pas masquer ; le sirop est parfumé à la vanille.

Texture

Elle fond en bouche, mais chaque marron diffère et certains sont plus fermes que d'autres.

Mode de fabrication

01

Choisir les marrons

seuls conviennent les fruits assez gros, de belle forme, sans cloisons, qui se conservent longtemps et tiennent à la cui… Lire la suite
seuls conviennent les fruits assez gros, de belle forme, sans cloisons, qui se conservent longtemps et tiennent à la cuisson et au confisage. Chez Sabaton, ils sont calibrés dans un cylindre, trempés huit jours dans l'eau, puis conservés six semaines pour perdre un peu d'humidité, ce qui facilite le décollement de la seconde peau.
02

Éplucher

les marrons sont incisés, puis passés à l'eau bouillante ou à la vapeur, ou grillés et brossés ; les dernières peaux… Lire la suite
les marrons sont incisés, puis passés à l'eau bouillante ou à la vapeur, ou grillés et brossés ; les dernières peaux se retirent à la main, au couteau.
03

Emmailloter

quatre par quatre chez Faugier, deux par deux chez Sabaton, dans de petits carrés de tulle, serrés dans des paniers en i… Lire la suite
quatre par quatre chez Faugier, deux par deux chez Sabaton, dans de petits carrés de tulle, serrés dans des paniers en inox : le tulle empêche les marrons de se briser à la cuisson et au confisage. The Connexion parle plutôt de petits sacs de coton cousus à la main.
04

Cuire

le temps dépend de l'expérience du confiseur, de la variété et de la récolte ; chez Faugier, de trois à six heures d… Lire la suite
le temps dépend de l'expérience du confiseur, de la variété et de la récolte ; chez Faugier, de trois à six heures dans l'eau.
05

Confire

l'eau est remplacée par un sirop de sucre faiblement parfumé à la vanille, qui se concentre sous vide pendant 48 à 7… Lire la suite
l'eau est remplacée par un sirop de sucre faiblement parfumé à la vanille, qui se concentre sous vide pendant 48 à 72 heures chez Faugier ; au moins 48 heures chez Sabaton, où des gousses de vanille infusent dans le sirop. Les marrons mûrissent ensuite en bacs, une semaine au moins.
06

Déplier et trier

le tulle est retiré, les défauts enlevés au couteau ; on sépare les marrons entiers des cassés, et l'on écarte les «… Lire la suite
le tulle est retiré, les défauts enlevés au couteau ; on sépare les marrons entiers des cassés, et l'on écarte les « durillons », fruits restés durs faute d'avoir absorbé le sirop. Les brisures servent à d'autres produits.
07

Glacer

chaque marron reçoit une fine couche de sucre glace : en cascade puis dans un tunnel chauffant chez Faugier, avec un bre… Lire la suite
chaque marron reçoit une fine couche de sucre glace : en cascade puis dans un tunnel chauffant chez Faugier, avec un bref passage au four chez Sabaton, où les marrons reposent ensuite au moins douze heures dans une pièce à l'hygrométrie contrôlée pour fixer la glace. Cette dernière couche, fixée au four, date des années 1950 selon The Connexion ; elle évite que les marrons collent aux doigts.
08

Emballer

chaque marron est plié à la main dans un papier doré, puis rangé en coffret de bois, en boîte de confiseur ou en balloti… Lire la suite
chaque marron est plié à la main dans un papier doré, puis rangé en coffret de bois, en boîte de confiseur ou en ballotin.

Dégustation & accords

Marrons glacés de Privas — illustration générée par IA Illustration générée par IA

Le marron glacé se donne volontiers en cadeau : il coûte cher, parce qu'il est fait à la main et demande plusieurs étapes d'un grand savoir-faire. Enveloppé de papier doré et niché dans son coffret, il est reçu sur les meilleures tables comme un prince dont on apprécie l'élégance. La maison Faugier vend 95 % de sa production en une quinzaine de jours, au début de décembre.

Jean-David Boiron les aime coupés en deux, pour voir la texture légèrement brillante de l'intérieur : le marron fond en bouche et laisse goûter la saveur fine de la châtaigne. On les trouve entiers ou en brisures, en coffret de bois, en boîte de carton ou en boîte métallique ; la maison Faugier les vend en épicerie fine, en magasin d'usine et sur sa boutique en ligne.

Ils se gardent quelques semaines au frais — cinq selon The Connexion ; pour les conserver plus longtemps, Sabaton conseille un endroit sec et frais, entre 10 et 12 °C, à l'abri des écarts de température et de l'humidité, qui font fondre la glace et les rendent collants.

Labels & Certifications

À noter

Le marron glacé de Privas ne porte aucun signe officiel de qualité : ni AOP, ni IGP, ni Label Rouge. Seule sa matière première a son appellation : la Châtaigne d'Ardèche, reconnue en AOC en 2006 puis enregistrée en AOP en 2014.

Les acteurs du terroir

Une partie de la production est certifiée en agriculture biologique Producteur · Gamme bio Aubenas

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Grande maison / Confiserie artisanale

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Une partie de la production est certifiée en agriculture biologique Producteur Aubenas

Sabaton — Maison de confiserie

Grande maison / Confiserie artisanale

La Maison Sabaton se présente comme confiseur ardéchois depuis 1907, portée par une histoire familiale ancrée dans la tradition. Installée à Aubenas, en Ardèche, elle transforme la Châtaigne d'Ardèche AOP en marrons glacés, crème de marrons et écorces d'agrumes confites, et se positionne comme promotrice de l'AOP Châtaigne d'Ardèche. Ses produits sont proposés en boutique en ligne et retirables au magasin d'Aubenas.

AdresseZa La Plaine, 42 rue Paul Sabaton, 07200 Aubenas, France
Téléphone04 75 87 83 87
Emailvpc@sabaton.fr
Site websabaton.fr
Eurofeuille, logo européen de l'agriculture biologique Une partie de la production est certifiée en agriculture biologique, depuis 2006.