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IGP — Picardie
Dans les forêts d'Halatte, de Chantilly, de Saint-Gobain et de Samoussy, les tilleuls sauvages livrent aux abeilles un nectar rare, dont les apiculteurs picards tirent depuis le XVIIIe siècle un miel doré au goût frais et légèrement mentholé.
Miel de Picardie, IGP depuis 2025.
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La production de miel de tilleul en Picardie remonte au moins au XVIIIe siècle : le Dictionnaire portatif du commerce de 1770 cite déjà ce miel sous le nom de « miel jaune de Picardie », parmi les productions régionales méritant reconnaissance. L'activité apicole picarde est également attestée sous l'Ancien Régime par les « Tableaux du maximum » de plusieurs villes du territoire, qui inscrivaient le miel parmi les denrées de première nécessité dont le prix était fixé — on y trouve le « miel de pays » à Laon, le « miel bâtard du district » et le « miel blanc » à Soissons, le « miel jaune » et le « miel citrin » à Clermont et Montdidier. Au XIXe siècle, les rapports des Primes d'honneur des concours régionaux dénombrent 43 985 ruches en activité dans l'Aisne en 1866, et 36 297 ruches dans l'Oise en 1869.
Le lien entre la Picardie et le tilleul est ancien et profond : l'essence y est spontanée, on parle même de « tilleuls sauvages », et elle a donné son nom à de nombreux lieux-dits de la région (« Les Tilleuls », « Petit Tilleux », « Montilloy », « Thieux », « Tilloy »). L'étymologie même de Chantilly viendrait du latin campus tiliae, « champ de tilleuls ».
La démarche de reconnaissance en Indication Géographique Protégée trouve son origine dans l'action de quelques apiculteurs professionnels du nord de la France, réunis dès les années 2000 au sein de l'association Apiculteurs Professionnels en Pays du Nord-Picardie (APPNP), devenue depuis ADA Hauts-de-France. Ces pionniers font appel à la Chambre d'agriculture de Picardie, puis à la Chambre régionale d'agriculture des Hauts-de-France, pour intégrer la marque régionale « Terroirs Hauts-de-France », sous laquelle se développe une première démarche de qualité incluant des contrôles sur les ruchers, des analyses en laboratoire et un comité de dégustation. À partir de 2023, c'est l'association Miels des Hauts-de-France, ouverte à tout opérateur produisant ou commercialisant le miel de tilleul de Picardie, qui reprend le flambeau.
Le cahier des charges de l'IGP est homologué au niveau national par arrêté du 26 juin 2024, publié au Journal officiel du 5 juillet 2024, en vue de sa transmission à la Commission européenne. La reconnaissance européenne intervient le 11 novembre 2025, avec la publication du règlement d'exécution au Journal officiel de l'Union européenne : le « Miel de tilleul de Picardie » devient ainsi le tout premier miel sous indication géographique des Hauts-de-France — la région comptait déjà d'autres spécialités reconnues, comme le haricot de Soissons ou les volailles fermières de Licques, mais aucun miel. L'association Miels des Hauts-de-France salue dans un communiqué « l'aboutissement d'un travail collectif de plus de 20 ans ». L'événement est célébré le 15 novembre 2025 par une Fête du Miel au cloître Dewailly, à Amiens, réunissant marché de producteurs, animations culinaires et conférences sur l'apiculture.
Aspect
Miel monofloral de teinte claire, jaune paille à reflets verdâtres, se présentant sous forme liquide ou cristallisée, à la texture homogène (sans séparation de phases).
Odeur
Végétale, avec des notes fraîches et mentholées d'intensité moyenne à forte.
Goût
Rafraîchissant et mentholé, parfois qualifié de « pharmaceutique », légèrement astringent, avec une sucrosité et une acidité moyennes ; la persistance en bouche est moyenne à forte.
Texture
Homogène, liquide ou cristallisée selon l'état du miel.
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Beaucoup d'apiculteurs picards pratiquent la vente directe ; d'autres écoulent leur production en vrac auprès de négociants et de conditionneurs qui approvisionnent ensuite les rayons des distributeurs. Son goût rafraîchissant et mentholé, sa teinte claire et sa texture homogène — liquide ou cristallisée — en font un miel de dégustation, aussi bien à la cuillère qu'en tartine ou en accompagnement d'une infusion.
Depuis : 2025
Zone couverte : Aisne, Oise et Somme (cœur de l'aire), avec extension au sud du Pas-de-Calais et à quelques communes du Val-d'Oise — forêts à tilleul spontané (Halatte, Chantilly, Saint-Gobain, Samoussy notamment)
Exigences clés : Miel monofloral issu du nectar de tilleul (Tilia cordata notamment), toutes les étapes de la ruche à l'extraction réalisées dans l'aire géographique ; présence recherchée de trois marqueurs polliniques (châtaignier, tilleul, ronce), dont au moins un dominant ou d'accompagnement ; nourrissement des colonies interdit à compter du 30 avril ; commission d'examen organoleptique.
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