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AOP — Rhône-Alpes
Depuis 1938, première fruit français à porter l'Appellation d'Origine — la Noix de Grenoble est une pionnière des labels d'origine, produite dans les vergers alpins de l'Isère, de la Drôme et de la Savoie depuis le XIe siècle.
Fruit de Rhône-Alpes, AOP depuis 1996.
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En 1938, un siècle avant le boom des AOC gastronomiques, la Noix de Grenoble devient le premier fruit français à recevoir une appellation d'origine. Ce privilège reconnaît des siècles de culture dans la vallée de l'Isère — les plus anciens documents d'archives de la ville de Grenoble, datés de la fin du XIe siècle, évoquent déjà des redevances payées en « sétiers de noix ». Au XXe siècle, les nuciculteurs dauphinois décident d'encadrer strictement leur production face aux importations : un décret délimite en 1938 la zone d'appellation sur trois départements (Isère, Drôme, Savoie) et impose les trois variétés officielles — Franquette, Parisienne et Mayette. En 1996, la reconnaissance devient européenne par le règlement (CE) n°1107/96 du 12 juin 1996, qui inscrit la Noix de Grenoble au registre des Appellations d'Origine Protégées (AOP).
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L'aire d'appellation est limitée aux régions agricoles naturelles du Grésivaudan, des Chambarans et de la Bièvre, le long de la vallée de l'Isère. Au cœur de la plaine, les alluvions de l'Isère façonnent un sol riche et profond, très drainant — c'est là, entre Vinay et Tullins, que tout a commencé en 1938 pour l'obtention de l'appellation. Sur les coteaux ensoleillés de la Drôme des collines et des Chambarans, plus secs, c'est la Franquette qui domine ; sur les versants frais et humides au pied du Vercors, c'est le territoire de la Parisienne. Le climat alpin, venté et humide en automne, favorise une maturation lente et régulière des fruits. Environ 630 producteurs — les « nuciculteurs » — cultivent leurs vergers sur les 261 communes de la zone AOP.
La Noix de Grenoble n'est pas une noix générique : elle existe en trois déclinaisons officiellement protégées — Franquette, Mayette et Parisienne.
La Franquette est la reine incontestée — la plus cultivée (elle représenterait à elle seule la grande majorité de la production), la plus reconnue. Forme plutôt allongée, chair assez pâle, notes rappelant la noisette. Créée par un dénommé Nicoud-Franquet, sa coquille rugueuse, mince et résistante, supporte bien les manipulations mécaniques.
La Mayette, du nom de M. Mayet de Poliénas qui l'a fait fructifier, est une variété ancienne cultivée spécifiquement pour l'AOP. Fruit plutôt gros, tronqué à la base et se terminant en pointe. Sensible aux gels tardifs, elle est traditionnellement cultivée dans la région de Tullins-Poliénas.
La Parisienne, malgré son nom, est le territoire par excellence des versants frais et humides au pied du Vercors, rive gauche de l'Isère — la variété créée par M. Parisis. Forme ronde, chair blanche, coque marquée de larges sillons.
Aspect
Cerneau ferme et charnu, de couleur claire à brun clair ; coque propre et saine, sans défaut apparent.
Odeur
Évoque le pain frais, légèrement beurré.
Goût
Notes de noisette et de pain frais beurré, avec une pointe d'amertume caractéristique.
Texture
Cerneau ferme et charnu.
L'appellation ne protège que la noix en coque, sous deux formes selon son taux d'humidité — le cerneau extrait de sa coquille n'entre pas dans l'AOP.
diamètre minimal de 28 mm, cerneau ferme et charnu de couleur claire à brun clair, taux d'humidité naturel supérieur ou égal à 20 %.
même calibre minimal, mais un taux d'humidité naturel inférieur ou égal à 12 % après séchage.
floraison des noyers dans les vergers de la vallée de l'Isère.
grossissement des fruits, accumulation des réserves dans le cerneau.
lavage, tri par calibre (minimum 28 mm de diamètre).
à partir du 31 mars suivant la récolte, les noix sèches sont conservées à une température n'excédant pas 8 °C.
réalisé obligatoirement dans l'aire géographique, sous vignette d'identification de l'appellation.
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La Noix de Grenoble se savoure nature d'abord — le cerneau frais au-dessus d'une assiette, le goût doux et la texture croquante suffisent. En cuisine, elle s'exprime en huile (froide) pour arroser des salades ou des courges rôties, en pâte enrichissant poissons blancs ou gratins, ou écrasée dans un beurre blanc. En pâtisserie, elle triomphe dans les biscuits sablés, les cakes anglais, les pains d'épices — tout ce qui demande de la finesse de goût. À table, elle accompagne les fromages de chèvre ou les tommes alpines (Beaufort, Comté).
Les vins : Cour-Cheverny blanc (Loire), Condrieu (Rhône blanc), Côtes du Jura jaune (pour les noix sèches grillées).
Depuis : 1996
Exigences clés : Appellation d'Origine Protégée (AOC dès 1938, AOP par le règlement (CE) n°1107/96 du 12 juin 1996) — premier fruit français distingué Zone : Isère (38), Drôme (26), Savoie (73) — 261 communes. Trois variétés uniquement : Franquette, Mayette, Parisienne. Interdiction des régulateurs de croissance et activateurs de maturité ; traçabilité complète (déclarations, registres d'entrées/sorties).
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