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AOP — Aquitaine
Guirlandes écarlates sur les façades blanches du Pays Basque, le piment d'Espelette est la seule épice française couronnée d'une appellation d'origine — un héritage brûlant du Nouveau Monde devenu l'âme de la cuisine basquaise.
Épice ou condiment d'Aquitaine, AOP depuis 2000.
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Le piment d'Espelette est un enfant du Nouveau Monde adopté par le Pays Basque : son ancêtre est originaire du Mexique. La tradition locale attribue son arrivée aux marins ayant accompagné Christophe Colomb lors de ses expéditions vers les Amériques, le piment ayant ensuite gagné le Pays Basque via le Portugal ou l'Espagne. De la famille des solanacées, comme la tomate ou le poivron, il s'est parfaitement adapté au climat chaud et humide de la région d'Espelette.
Dès le XVIIe siècle, ce sont les femmes basques qui cultivent, sèchent et utilisent systématiquement le piment en cuisine — pour l'assaisonnement des plats du quotidien comme pour la conservation des viandes et des jambons.
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L'aire AOP du piment d'Espelette se limite à dix communes du Pays Basque intérieur, nichées dans les collines du Labourd — deux comprises en totalité et huit en partie seulement. Ce micro-terroir bénéficie d'un climat doux et bien arrosé, réunissant les conditions qu'exige cette plante d'origine tropicale.
Le piment cultivé est la variété locale gorria (« rouge » en basque), fruit d'une sélection empirique menée au fil des siècles par les paysans basques, qui la distingue des variétés cousines de la péninsule ibérique dont elle est issue. Chaque année, les producteurs perpétuent cette sélection massale en conservant les graines des plus beaux fruits pour les semis suivants.
Ce sont traditionnellement les femmes basques qui cultivaient, récoltaient et séchaient le piment. Elles enfilaient les fruits mûrs en cordées de 20, 30 ou 40 piments qu'elles suspendaient aux façades des maisons exposées au sud pour le séchage à l'air libre. Cette pratique orne encore aujourd'hui les villages de l'aire AOP, offrant un spectacle flamboyant de guirlandes écarlates sur les murs blancs des maisons labourdines.
La Fête du Piment, créée en 1967 par le Syndicat d'Initiative d'Espelette, se déroule chaque dernier week-end d'octobre, sauf lorsque celui-ci tombe le 31 octobre. Messe solennelle avec bénédiction des piments, intronisations par la Confrérie du Piment d'Espelette — fondée en 1969 sur les conseils de la Confrérie du Jambon de Bayonne —, danses basques et vente de produits du terroir rythment cette journée devenue incontournable. Le piment d'Espelette a reçu sa consécration officielle par décret le 29 mai 2000, devenant la seule épice française bénéficiant d'une appellation d'origine protégée.
Aspect
Fruit frais de 7 à 14 cm, poids moyen 35 g, rouge vif sans trace de vert à maturité ; en poudre, couleur orangée à rouge brun.
Odeur
Arômes de foin séché, de tomate mûre, de poivron rouge et de pain grillé.
Goût
Piquant fort mais non brûlant, 4 sur l'échelle simplifiée de Scoville (1 à 10), sensation de chaleur progressive en bouche.
Texture
Poudre à mouture fine.
Récolté d'août à début décembre, poids moyen 35 g, vendu exclusivement aux transformateurs.
20, 30 ou 40 fruits enfilés, traditionnellement séchés sur les façades exposées au sud, aujourd'hui le plus souvent sur des clayettes sous serre.
Piments séchés puis broyés, exclusivement issus d'une même exploitation, sans aucun ajout. Conditionnée en pots de verre ou en sachets.
⚠️ Défi sanitaire — Athelia (Sclerotium) rolfsii (2025) : La récolte 2025 a subi la pression du champignon Athelia rolfsii (Sclerotium rolfsii), favorisée par de fortes chaleurs et l'humidité de la mi-juillet 2025 — le pathogène s'attaque au collet des plants, provoquant leur dépérissement en quelques heures et l'arrêt des échanges de sève. Cultivé en plein champ, le piment d'Espelette dispose de très peu de solutions chimiques contre ce champignon ; le président du Syndicat qualifie néanmoins la récolte 2025 de « probablement moyenne » plutôt que catastrophique. Une précédente modification temporaire du cahier des charges, en 2018, avait déjà repoussé la date de récolte du 1er au 15 décembre face à des intempéries.
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Le piment d'Espelette remplace avantageusement le poivre dans tous les plats. Il s'ajoute en fin de cuisson ou au moment de servir pour préserver ses arômes. Indispensable dans la piperade, l'axoa de veau, le poulet basquaise et sur le jambon de Bayonne, il sublime aussi les œufs, les poissons grillés, les soupes et même le chocolat. En poudre, une pincée suffit à parfumer un plat entier. La cordée entière, suspendue dans la cuisine, se gratte au couteau au fur et à mesure des besoins — un geste quotidien dans les cuisines basques.
Depuis : 2000
Zone couverte : 10 communes du Labourd (Pays Basque, 64) — 2 en totalité, 8 en partie
Exigences clés : Variété gorria exclusivement ; récolte août à début décembre ; trois présentations (frais, corde, poudre) ; conditionnement dans l'aire ; aucun additif autorisé
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