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Label Rouge — Pays de la Loire
À Saint-Gilles-Croix-de-Vie, la sardine a nourri des générations de pêcheurs vendéens et fait tourner treize conserveries à son apogée. Il n'en reste qu'une seule aujourd'hui, gardienne d'un savoir-faire millésimé que les amateurs du monde entier s'arrachent.
Produit de la mer des Pays de la Loire, Label Rouge depuis 2001.
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La pêche à la sardine sur la côte vendéenne est attestée dès le XVIIe siècle : dans la première moitié du siècle, l'arrivée de quelque 200 Maures venus d'Espagne (1615) introduit dans la région une technique de pêche au filet droit de chanvre qui permet de capturer le poisson en masse. Saint-Gilles-sur-Vie — qui fusionnera avec Croix-de-Vie en 1967 pour former Saint-Gilles-Croix-de-Vie — est alors un petit port de pêche actif de la côte atlantique vendéenne.
L'essor de la pêche sardinière s'intensifie à la fin du XVIIIe siècle, période qui marque un fort développement de l'activité sur la côte vendéenne.
La véritable transformation du secteur sardinier vendéen intervient en 1840, avec la généralisation de la mise en conserve à l'huile. Cette technique, développée en France par Nicolas Appert quelques décennies plus tôt (la première conserverie utilisant son procédé de stérilisation à la chaleur s'installe à Saint-Gilles en 1830), permet de conserver la sardine fraîche plusieurs années dans des boîtes hermétiques. Saint-Gilles-Croix-de-Vie entre dans l'ère industrielle de la sardine : les conserveries se multiplient le long du port tout au long du XIXe siècle.
En 1888, Saint-Gilles-Croix-de-Vie compte 13 conserveries actives — un chiffre remarquable pour une ville de cette taille. Les ouvrières sardinières, femmes de pêcheurs qui travaillent à la chaîne dans les ateliers, trient, étêtent, éviscèrent et mettent en boîte les sardines fraîches à la main. L'économie locale est entièrement structurée autour de la sardine : plus de 30 000 ouvrières travaillent alors dans une centaine de conserveries réparties sur toute la côte vendéenne.
Le XXe siècle voit une concentration progressive du secteur. Les petites conserveries artisanales ferment les unes après les autres. Aujourd'hui, une seule conserverie perpétue la tradition sardinière vendéenne à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, contre 13 en 1888 : la Conserverie Gendreau, fondée en 1903 par Eugène Gendreau, transmise depuis 4 générations dans la famille — Claude Gendreau (3ᵉ génération) redéploie l'entreprise en 1946, avant l'arrivée de Philippe Gendreau (4ᵉ génération et actuel PDG) en 1986. C'est Philippe Gendreau qui crée en 2005 la marque La Perle des Dieux, pour mettre en valeur ce savoir-faire sardinier.
La Perle des Dieux prépare chaque été, depuis 2004, des sardines millésimées : chaque boîte porte l'année de sa fabrication et est destinée à vieillir en cave, comme un grand vin. Les sardines s'affinent avec le temps — l'huile d'olive pénètre progressivement dans la chair, les arêtes deviennent imperceptibles, la texture devient fondante ; la maison recommande une garde de 3 à 4 ans.
Aspect
Sardines entières en boîte métal, alignées serrées, couvertes d'huile d'olive ou de tournesol selon la recette. Couleur argentée à dorée, peau intacte et brillante sur les produits Label Rouge.
Odeur
Marin et délicat — iode léger, notes d'huile d'olive, légèrement fumé sur certaines variétés. Moins agressif que les sardines industrielles.
Goût
Riche et savoureux — chair de sardine fraîche (pas surgelée) bien exprimée, goût marin prononcé mais fin, sel parfaitement dosé. Les millésimées vieillies : saveur plus complexe, plus douce.
Texture
Ferme mais fondante — chair qui se tient à la fourchette mais se délite délicatement. Arêtes présentes (comestibles), peau fine.
Les sardines de Saint-Gilles-Croix-de-Vie bénéficient du Label Rouge, attribué en 2001 — distinction exceptionnelle puisqu'il s'agit du premier poisson sauvage à obtenir cette certification en France. Le cahier des charges impose un délai maximal de 12 heures entre la pêche et le débarquement, et de 24 heures entre la pêche et la réception à l'usine, ainsi qu'une mise en boîte artisanale respectant un minimum de 4 poissons de taille homogène par boîte.
La Perle des Dieux abrite L'Atelier de la Sardine, musée interactif inauguré en 2018, qui retrace l'histoire de la pêche à la sardine vendéenne. Les sardines fraîches sont triées, coupées et mises en boîte intégralement à la main : nettoyées, éviscérées, étêtées puis emboîtées une par une selon un cahier des charges qui impose une disposition tête-bêche, côté « bleu » (dos visible) à l'ouverture.
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Sardines fraîches : Au barbecue, sel de mer et citron — une façon simple et conviviale de les déguster en saison.
Sardines en conserve : Sur un pain grillé légèrement beurré, avec des oignons rouges et de la moutarde à l'ancienne. En salade avec tomates, basilic et huile d'olive. Ou simplement à la fourchette, directement dans la boîte.
Millésimées : À ouvrir 15 min avant dégustation pour les laisser s'épanouir. Servir à température ambiante avec un pain de campagne.
Depuis : 2001
Zone couverte : Saint-Gilles-Croix-de-Vie, en Vendée
Exigences clés : Poisson sauvage frais (non congelé), débarquement sous 12h après la pêche, mise en boîte sous 24h, calibre et mise en boîte artisanale définis au cahier des charges
Industrie artisanale
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