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Midi-Pyrénées
« La truffe est le diamant de la cuisine » — Brillat-Savarin, 1825.
Épice ou condiment de Midi-Pyrénées.
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Sur les causses calcaires du Quercy, au sud-est de Cahors, la truffe noire — Tuber melanosporum — est connue depuis des siècles : les paysans du Lot la recherchaient déjà avant le XVIIIe siècle en observant le « brûlé », cette zone sans végétation qui se forme au pied des chênes truffiers. Longtemps réservée aux tables royales et à celles des hommes d'Église, sa consommation se démocratise au XVIIIe siècle jusqu'à devenir, sous la plume de Brillat-Savarin en 1825, « le diamant de la cuisine ». C'est la crise du phylloxéra, à la fin du XIXe siècle, qui donne à la truffe du Quercy son véritable essor : les vignes détruites par le puceron sont replantées en chênes truffiers, et la truffe apporte une prospérité inattendue à un territoire par ailleurs appauvri — l'âge d'or de la production locale, qui dépasse alors 300 tonnes annuelles dans le seul département du Lot au début du XXe siècle.
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Les deux guerres mondiales et l'exode rural qui les suit mettent les truffières à mal : la production s'effondre, de 300 tonnes vers 1900 à quelques tonnes seulement aujourd'hui. Face à ce déclin, les trufficulteurs et la municipalité de Lalbenque créent en 1961 le Syndicat des trufficulteurs de la région de Lalbenque, avec un objectif précis : rassembler les ventes, jusqu'alors dispersées entre les productions agricoles de chacun, sur un marché unique et professionnalisé. Le marché de gros du mardi après-midi naît ainsi dans les années 1960 ; son succès et son cérémonial très codifié lui valent d'être inscrit en 1994 au réseau national des Sites Remarquables du Goût.
Aspect
Champignon souterrain de forme arrondie et irrégulière, de la taille d'une noix à celle d'une orange (15 à 80 g, jusqu'à 200 g pour les plus gros calibres), à l'écorce noirâtre verruqueuse parfois nuancée de rouge brique.
Odeur
Parfum caractéristique de sous-bois, de terre et d'humus, qui s'intensifie à pleine maturité — c'est cette odeur que repèrent le chien, le cochon ou la mouche à truffe lors de la récolte.
Goût
Finement poivré, évoquant selon les dégustateurs le sous-bois, des notes chocolatées ou vanillées, voire le vieux vin de Cahors.
Texture
Chair ferme, marbrée de veines blanches sur fond noir lorsqu'elle est à pleine maturité — une chair blanche ou grise signale une truffe encore immature, des veines noires une truffe gelée.
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Chaque mardi, du premier mardi de décembre au dernier mardi de mars, la rue du Marché aux Truffes de Lalbenque se transforme en salle des ventes à ciel ouvert. Les vendeurs — trufficulteurs professionnels ou simples particuliers — disposent leurs paniers derrière une corde tendue sur une cinquantaine de mètres ; les acheteurs, courtiers, restaurateurs et conserveurs, repèrent les lots et négocient à voix basse pendant que la vente reste officiellement suspendue. À 14h30 précises, le garde champêtre agite un drapeau rouge et donne un coup de sifflet : la corde tombe, les accords conclus en silence se valident aussitôt, et le marché de gros s'ouvre pour une trentaine de minutes. Depuis 1994, le marché de détail qui précède se tient sous la halle de la mairie, où les truffes triées et brossées sont vendues en petits sachets sous la marque déposée « Truffes noires de Lalbenque® ».
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La truffe noire de Lalbenque se marie classiquement aux œufs (brouillade, omelette truffée), au foie gras, aux volailles et à la purée de pommes de terre. Un plat truffé compte traditionnellement 12 à 20 g de truffe par personne. Elle se déguste aussi simplement en fines lamelles sur une tartine chaude arrosée d'huile d'olive, ou fondue en beurre truffé. Fraîche, elle se conserve quelques jours au réfrigérateur enveloppée dans du papier absorbant, dans un bocal hermétique — son parfum puissant imprègne vite les autres denrées voisines.
La truffe noire de Lalbenque ne porte aucun des six signes officiels de qualité (AOP, AOC, IGP, STG, Label Rouge, Bio) : l'appellation « truffe du Périgord », qui la désigne aussi communément, est botanique et non géographique — elle peut légalement être récoltée en Espagne, en Italie ou en Australie. Le marché de Lalbenque est en revanche reconnu « Site Remarquable du Goût » depuis 1994, et le Syndicat des trufficulteurs de la région de Lalbenque commercialise ses lots de détail sous la marque déposée « Truffes noires de Lalbenque® ».
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