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AOC — AOP — Poitou-Charentes
Premier beurre français protégé par une appellation d'origine, en 1979 — battu au rythme des saisons dans les beurreries coopératives du bocage atlantique, un beurre d'une finesse et d'une saveur uniques, fidèle gardien des traditions laitières poitevines.
Produit laitier ou œuf du Poitou-Charentes, AOP depuis 1996.
L'appellation se commercialise sous trois noms : « Beurre Charentes-Poitou », « Beurre des Charentes » et « Beurre des Deux-Sèvres ». Ce ne sont pas trois produits mais trois dénominations d'une seule et même AOP, régies par un cahier des charges unique. Le nom que porte un beurre dépend du seul département où il a été élaboré, conditionné et éventuellement congelé : les cinq départements de l'aire pour la dénomination générale, la Charente ou la Charente-Maritime pour « Beurre des Charentes », les Deux-Sèvres pour « Beurre des Deux-Sèvres ». Le lait, lui, peut provenir de toute l'aire de collecte dans les trois cas.
Ce beurre a obtenu l'Appellation d'Origine Contrôlée en 1979 — le tout premier beurre français à bénéficier d'une AOC — puis l'Appellation d'Origine Protégée européenne en 1996. Les dénominations géographiques complémentaires « Beurre des Charentes » et « Beurre des Deux-Sèvres » ont été ajoutées plus tardivement, au fil de la structuration de la filière et du regroupement des coopératives laitières de la région.
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Le beurre Charentes-Poitou possède une histoire intimement liée aux grands bouleversements agricoles du XIXe siècle français. Avant 1880, le Poitou était une région viticole prospère, couverte de vignobles produisant un vin blanc réputé. Mais le phylloxéra détruisit systématiquement ces vignes à partir de 1880, transformant le paysage économique régional en quelques années seulement.
Face à cette catastrophe, les paysans poitevins pivotèrent intelligemment vers l'activité laitière, domaine pour lequel leur bocage calcaire et humide offrait des conditions idéales. Né à Saint-Georges-du-Bois, près de Surgères, Eugène Biraud créa dès 1888 la Laiterie Coopérative de Chaillé, première coopérative laitière de la région, établissant les bases du barattage collectif. Cette innovation permit une qualité uniforme et une meilleure rémunération des producteurs laitiers.
L'épopée coopérative explose dans les décennies suivantes : 95 coopératives en 1900, 145 en 1952 ! La marque Échiré, lancée par la Coopérative laitière de la Sèvre en 1894, devint une institution. Le beurre Charentes-Poitou fut le premier beurre français à obtenir une appellation officielle en 1979. L'AOP européenne intervint en 1996, remplaçant et renforçant l'AOC nationale.
Cette organisation collective se donne rapidement les moyens de sa réputation : dès 1899, l'association affrète des wagons réfrigérés pour transporter le beurre jusqu'à Paris et concurrencer le beurre normand ; des entrepôts frigorifiques sont construits à Surgères en 1939. C'est cette dynamique coopérative qui aboutit à la demande d'appellation d'origine déposée en 1977 puis accordée en 1979.
La marque Pamplie, laiterie coopérative fondée en 1905-1906 à Pamplie (Deux-Sèvres, en Gâtine), incarne une autre excellence régionale. Surgères (Charente-Maritime), où fut créée la toute première coopérative laitière de la région en 1888, demeure aujourd'hui le siège du Syndicat des Laiteries Charentes-Poitou et d'une laiterie de la marque du même nom.
L'appellation traverse le XXe siècle industriel puis se modernise : le cahier des charges a été révisé en 2020, renforçant notamment la part d'alimentation locale du troupeau. Huit marques transforment aujourd'hui le lait de plusieurs milliers de producteurs, pour une production annuelle de l'ordre de 21 000 tonnes.
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La région Charentes-Poitou, dont les Deux-Sèvres forment la partie nord, est décrite par le cahier des charges comme une zone de transition entre le Bassin Parisien et le Bassin Aquitain, entre le Massif Central et l'Océan Atlantique — un « seuil » topographique et climatique au relief peu marqué, fait de plaines, de bas plateaux ondulés et de vallées largement remblayées d'alluvions.
Cette région de polyculture associée à l'élevage — reconvertie après la crise du phylloxéra de la fin du XIXe siècle — voit le maïs, cultivé en fourrage depuis les débuts de l'élevage laitier local, jouer un rôle déterminant dans l'alimentation des troupeaux et dans la richesse en matière grasse du lait qui en résulte.
Contrairement à une appellation limitée à un seul terroir, le « Beurre des Deux-Sèvres » désigne une règle de transformation locale au sein d'une aire de collecte de lait bien plus vaste : le lait peut provenir de tout le bassin Charentes-Poitou (Charente, Charente-Maritime, Deux-Sèvres, Vendée, Vienne, et quelques communes limitrophes), mais seuls les beurres élaborés et conditionnés dans les Deux-Sèvres peuvent porter ce nom.
C'est cette culture du maïs fourrage, particulièrement développée dans cette région chaude et sèche en été, qui façonne la caractéristique du beurre Charentes-Poitou : un lait riche en matières grasses, apte à la transformation beurrière, et une texture ferme mais malléable très recherchée en boulangerie-pâtisserie.
Aspect
couleur homogène, crème à jaune pâle.
Odeur
fine et lactique.
Goût
agréable goût franc de crème fraîche et de noisette, sans agressivité.
Texture
fondant en bouche, à la fois ferme et malléable — une texture qui lui confère une excellente aptitude au feuilletage.
sans ajout de sel, le plus courant sur les étals.
sel fin ajouté après barattage, dans la limite fixée par le cahier des charges de l'appellation.
comme pour tout beurre au lait de vache pâturant, la teinte tend à être plus soutenue lorsque les vaches broutent l'herbe fraîche, plus pâle en période de ration hivernale.
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Le barattage traditionnel à l'ancienne (méthode Échiré) s'effectue en cuves cylindriques en bois de 900 kg, tournant lentement pour préserver la structure fine de la graisse — la seule marque de l'appellation à utiliser encore ce procédé. Cette méthode rare prend environ deux heures et demie, contre un temps de malaxage plafonné à 60 minutes maximum en baratte pour l'ensemble de l'appellation.
Le beurre Charentes-Poitou est exclusivement produit à partir de crème de lait de vache, sans race laitière imposée par le cahier des charges — c'est aujourd'hui la Prim'Holstein qui domine dans les troupeaux de la zone. Les vaches pâturent les prairies naturelles du bocage atlantique et sont nourries en grande partie de maïs produit localement, un fourrage qui contribue à la richesse en matière grasse du lait.
le lait est collecté dans les 72 heures maximum après la traite la plus ancienne.
la crème mature au minimum 16 heures, entre 7 et 21°C — l'étape clé qui développe le bouquet aromatique du beurre.
60 minutes maximum en baratte, 10 minutes maximum en butyrateur, pour éliminer les dernières traces de babeurre.
le beurre peut être salé, dans la limite de 2,5 g de sel fin ou 3 g de cristaux de sel pour 100 g.
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Le beurre Charentes-Poitou se déguste d'abord nature, en petits morceaux tartinés sur du pain frais ou grillé, pour apprécier sa complexité aromatique. C'est un beurre de table par excellence, à servir à température ambiante.
Depuis : 1979
Zone couverte : Charente (16), Charente-Maritime (17), Deux-Sèvres (79), Vendée (85), Vienne (86), plus quelques communes limitrophes (décret du 29 août 1979)
Exigences clés : Premier beurre français reconnu par une appellation d'origine. Maturation biologique de la crème d'au moins 16 h entre 7 et 21 °C ; barattage en baratte de bois, baratte inox ou butyrateur ; malaxage plafonné (60 min en baratte, 10 min en butyrateur) ; au minimum 82 % de matière grasse ; addition de matières colorantes, d'antioxygènes ou de substances désacidifiantes interdite ; conditionnement en formats unitaires de 25 kg au maximum.
Depuis : 1996
Zone couverte : Lait collecté dans les départements de la Charente, de la Charente-Maritime, des Deux-Sèvres, de la Vendée et de la Vienne, plus quelques communes limitrophes. La dénomination dépend du département d'ÉLABORATION : « Beurre des Charentes » pour les beurres élaborés en Charente ou en Charente-Maritime, « Beurre des Deux-Sèvres » pour ceux élaborés dans les Deux-Sèvres.
Exigences clés : Enregistrement européen de l'appellation d'origine contrôlée, confirmant les exigences du cahier des charges national.
L'appellation porte trois dénominations — « Beurre Charentes-Poitou », « Beurre des Charentes » et « Beurre des Deux-Sèvres » — qui désignent le même produit, soumis au même cahier des charges. Seul change le département où le beurre est élaboré, conditionné et éventuellement congelé : les cinq départements de l'aire pour la dénomination générale, la Charente ou la Charente-Maritime pour « Beurre des Charentes », les Deux-Sèvres pour « Beurre des Deux-Sèvres ». Le lait, lui, provient de toute l'aire de collecte dans les trois cas. L'ensemble est géré par le Syndicat des Laiteries Charentes-Poitou (Surgères), sous le contrôle de l'INAO et de son organisme certificateur. Le cahier des charges impose notamment une alimentation du troupeau reposant en majorité sur les fourrages de la zone, une part minimale de maïs dans la ration journalière, et l'interdiction de toute matière colorante, antioxygène ou substance désacidifiante.
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