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IGP — Midi-Pyrénées
Dans les Monts de Lacaune, à plus de mille mètres d'altitude, les vents séchants du Massif central transforment patiemment les cuisses de porc en jambons crus d'une finesse remarquable — une tradition charcutière millénaire que les salaisons familiales perpétuent avec fierté.
Charcuterie de Midi-Pyrénées, IGP depuis 2015.
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Les Monts de Lacaune, massif dont les crêtes culminent à plus de 1 200 mètres au Montalet, forment une cuvette topographique où se croisent les influences climatiques océanique, méditerranéenne et montagnarde — une configuration unique en France. Ce relief, encadré par la ligne de crête du Montgrand au Montalet au sud et celle de Roquecézière au pic du Merdélou au nord, façonne un climat aux précipitations abondantes et régulières, aux températures modérées, régulièrement balayé par des vents séchants comme l'autan. Ces conditions naturelles, idéales pour le salage et le séchage des viandes, ont favorisé depuis des siècles l'implantation d'une intense activité charcutière dans le Tarn.
Le métier de mazelier — celui qui abat et transforme la viande, ancêtre du charcutier — est solidement implanté à Lacaune dès le Moyen Âge, comme l'atteste le Livre Vert, cartulaire manuscrit de la ville, et une charte de 1336 qui encadre déjà les marges bénéficiaires des mazeliers. C'est toutefois au début du XXe siècle, porté par l'essor du thermalisme et l'amélioration des voies de communication, que la réputation du jambon lui-même s'affirme : le guide Voyages gastronomiques au pays de France vante alors « une excellente collection de charcuterie du pays, composée de jambon et de saucisson absolument digne d'attention ». Les premières maisons de salaison structurées naissent dans la foulée — Blanchard-Séguier et Sarl Calas en 1920, Escande-Pistre en 1922 — posant les bases d'un tissu artisanal qui rassemble aujourd'hui encore plus de trente entreprises sur les cantons de Lacaune et de Murat-sur-Vèbre.
L'obtention de l'IGP, homologuée en 2014 et entrée en vigueur en 2015, consacra cette tradition en la protégeant des imitations. Le cahier des charges délimite la zone de transformation — salage, repos, séchage et affinage réalisés dans les 11 communes des cantons de Lacaune et Murat-sur-Vèbre —, impose le salage au sel sec de mer et fixe une durée minimale d'affinage de 7 mois pour un jambon de 9 kg, portée à 12 mois pour les pièces de 11 kg, garantissant au consommateur un jambon authentiquement lié à son terroir. En 2016, la commune de Lacaune a par ailleurs été distinguée « Site Remarquable du Goût », consacrant ce lien entre le produit et son terroir.
sel de mer additionné de poivre, sucres et salpêtre ; durée de salage de 12 à 20 jours à une température de 0 à 4°C
minimum 4 semaines entre 2 et 11°C, pour laisser le sel migrer au cœur de la pièce
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Le jambon de Lacaune se déguste en tranches fines à température ambiante, que ce soit en charcuterie à l'apéritif, sur des tartines de pain de campagne, ou en planche avec cornichons et fromage de brebis. Sa finesse naturelle le destine à des préparations simples où il est mis en valeur plutôt que noyé dans des sauces.
Les accords en vins se font naturellement avec les blancs secs du Gaillac (Mauzac, Len de l'El) dont la vivacité tranche sur la richesse du gras, ou avec un rouge léger du Marcillac aux tannins rustiques. Pour l'apéritif, un rosé frais du Languedoc accompagne le jambon en manouilles lors des foires estivales des Monts de Lacaune.
Depuis : 2015
Zone couverte : 11 communes Tarn
Exigences clés : Affinage 7 à 12 mois selon le poids, salage au sel sec de mer, contrôle organoleptique semestriel, zone des cantons de Lacaune et Murat-sur-Vèbre
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