Illustration générée par IA
Aquitaine
Sur le plateau sablonneux des Landes, les abeilles butinent au fil des saisons sept miels différents — de l'acacia délicat aux notes de fleurs blanches à l'arbousier amer et persistant, en passant par la callune, dont la texture se gélifie au repos.
Miel d'Aquitaine.
Des écrits remontant au XIIe siècle témoignent déjà de l'importance de l'apiculture sur le territoire landais et des pratiques apicoles de l'époque : dans ces étendues alors largement marécageuses, où il était difficile de circuler, seules les activités pastorales et apicoles permettaient de tirer profit d'un territoire que l'on disait hostile. Les produits de la ruche assuraient aux paysans apiculteurs un revenu d'appoint et faisaient déjà l'objet d'échanges commerciaux bien au-delà du territoire. Les premières mentions écrites retrouvées de la dénomination « Miel des Landes » datent du milieu du XIXe siècle, en 1846.
La publication, en 1857, de la loi relative à l'assainissement et aux plantations de pins des Landes de Gascogne a facilité les déplacements sur ce territoire jusque-là difficile d'accès, et l'apiculture s'y est alors développée. Une apiculture restée familiale jusque dans les années 1950, avant de laisser progressivement place à une activité professionnelle ou semi-professionnelle.
En 2006, un groupe d'apiculteurs du territoire, appuyé par l'actuelle Association de Développement de l'Apiculture en Nouvelle-Aquitaine (ADANA), lance la démarche collective visant à porter un projet de demande d'IGP « Miel des Landes ». Le projet est inscrit en 2008 dans le rapport Saddier « Pour une filière apicole durable », puis le dossier de demande de reconnaissance est officiellement déposé le 10 décembre 2019. En 2021, une commission d'enquête de l'INAO se déplace sur l'aire géographique pour en valider les contours.
Le comité national de l'INAO approuve le cahier des charges le 24 mai 2023, et le Syndicat des Miels des Landes (SML) est reconnu, à l'unanimité, organisme de défense et de gestion (ODG) du « Miel des Landes » le 30 juin 2023. Le cahier des charges est homologué par arrêté le 17 août 2023, avant que le dossier ne soit transmis à la Commission européenne le 22 septembre 2023 — ouvrant une « phase transitoire » pendant laquelle les apiculteurs souhaitant commercialiser sous cette dénomination doivent adhérer à la démarche du SML. L'organisme indépendant Qualisud certifie la démarche le 26 juin 2024 et habilite les quatre premiers opérateurs. La demande est publiée au Journal officiel de l'Union européenne le 17 juin 2026, ouvrant la procédure d'opposition européenne qui doit précéder un enregistrement définitif.
Aspect
incolore à jaune très clair pour l'acacia, ambré pour la bruyère cendrée et la callune, brun foncé à rougeâtre pour le châtaignier
Odeur
douce, subtile et florale pour l'acacia ; boisée, mélangeant fleurs séchées, cuir et réglisse pour la bruyère cendrée ; forte et pénétrante, aux notes de caramel et de cuir pour le châtaignier
Goût
du délicat et suave (acacia) au très amer et persistant (châtaignier, arbousier), en passant par des arômes chauds et épicés pour la callune
Texture
fluide pour les miels de printemps, jusqu'à la texture gélatineuse unique de la callune, qui épaissit après extraction (phénomène de thixotropie)
Le « Miel des Landes » couvre sept miels, monofloraux ou polyflorals, récoltés en succession du printemps au début de l'hiver :
(mai) — miel incolore, délicat et suave, notes de fleurs blanches
(mai-juin) — marron clair à brun, complexe, saveurs de fruits mûrs et notes de caramel
(juin-juillet) — brun, amer et persistant, notes boisées et de caramel
(juillet-août) — ambré, boisé, parfum d'amande, légère amertume
(août à octobre) — ambré à foncé, intense et persistant, notes chaudes et épicées
(octobre à décembre) — ambré, amer, notes de café ou de cacao
(« Fleurs des Landes ») — cortège de plusieurs variétés florales, sans dominante, dont la couleur et le goût varient selon la période de récolte
fixes ou transhumants, sur l'aire géographique définie, en fonction du type de miel recherché.
de l'acacia en mai à l'arbousier en fin d'année, au fil des miellées successives.
Illustration générée par IA
Du fait de ce gradient d'intensité aromatique, du délicat au puissant, les miels de printemps — acacia ou bourdaine, délicats et peu persistants — se dégustent nature sur une tartine ou dans un yaourt, sans écraser leur subtilité florale. Les miels de fin de saison — bruyère cendrée, callune, châtaignier, arbousier —, plus puissants et parfois tanniques, s'accordent avec des saveurs corsées : fromages de caractère, gibier, ou simplement une fine tranche de pain de campagne grillé.
Deux de ces miels ont déjà trouvé leur place sur des tables étoilées : le chef Christophe Dupouy a mis le miel de callune des Landes à sa carte en 2014, et le restaurant gastronomique la Villa Mirasol celui d'arbousier en 2019. Le miel de callune des Landes a par ailleurs été distingué comme produit remarquable dans Le grand guide Slow Food des produits du terroir français, paru en 2018.
Aucun signe officiel à ce jour : l'IGP « Miel des Landes » est en cours d'enregistrement européen (dossier n° UE PGI-FR-03002). Chronologie de la démarche : lancée en 2006 par un groupe d'apiculteurs du territoire ; dossier de demande déposé le 10 décembre 2019 ; cahier des charges approuvé par le comité national de l'INAO le 24 mai 2023 ; le Syndicat des Miels des Landes (SML) reconnu organisme de défense et de gestion (ODG) le 30 juin 2023 (décision n°CNIGPLRSTG2023-03) ; cahier des charges homologué par arrêté du 17 août 2023 (JORF n°0194 du 23 août 2023) ; dossier transmis à la Commission européenne le 22 septembre 2023 ; démarche certifiée par l'organisme indépendant Qualisud le 26 juin 2024 ; demande d'enregistrement publiée au Journal officiel de l'Union européenne (JOUE JO C, C/2026/3214) le 17 juin 2026, ouvrant la procédure d'opposition européenne. L'IGP n'est donc pas encore enregistrée.
Aucun acteur n'est encore référencé pour ce produit.