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Rossbif alsacien — illustration générée par IA Illustration générée par IA

Alsace

Rossbif alsacien

Sur l'ardoise des winstubs, le « rossbif » n'a jamais été un rôti de bœuf : « Ross », en alsacien, c'est le cheval — et sous ce nom se cache un mijoté au vin rouge que l'on tranche fin, comme un rosbif.

Plat traditionnel d'Alsace.

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L'Essentiel

Histoire & Origine

Rossbif alsacien — illustration générée par IA Illustration générée par IA

Un nom qui trompe, un plat qui ne trompe personne

Sur les ardoises des winstubs alsaciennes, le « rossbif » n'a rien d'un rôti de bœuf. Le mot français « rosbif » est pourtant bien un emprunt à l'anglais roast-beef, attesté dès la fin du XVIIe siècle pour désigner une viande rôtie — mouton d'abord, bœuf ensuite. Mais en Alsace, son emploi s'est figé au sens exclusif de viande de cheval : une réinterprétation du mot par l'alsacien et l'allemand « Ross », qui signifie « cheval », lui vaut à la fois ce sens particulier et sa graphie à deux « s ». « Le vrai rossbif, c'est de la viande de cheval », résumait il y a quelques années la patronne d'une winstub strasbourgeoise. Le plat consiste en un morceau de viande de cheval, pris le plus souvent dans la longe, parfois dans le paleron ou le collet, braisé après une marinade puis servi en tranches, habituellement accompagné de spätzle ou d'une salade de pommes de terre tiède.

Des chevaux de brasserie aux tables de fête

Le rossbif est d'abord, au XIXe siècle, un « plat du pauvre » : il naît dans les cités brassicoles d'Alsace, où les chevaux étaient employés en nombre pour le travail des brasseries, avant d'être progressivement codifié dans les livres de cuisine traditionnelle. Schiltigheim, ville de bière du Bas-Rhin, en reste l'un des berceaux les plus cités : la viande de cheval longuement braisée au vin rouge y était une spécialité, à une époque où les chevaux de trait de l'industrie brassicole étaient nombreux dans la cité.

Le rossbif est traditionnellement un plat de « Messti » — la fête patronale de chaque village ou quartier alsacien. Le chanteur Herbert Léonard racontait ainsi avoir gardé de son enfance strasbourgeoise le souvenir intact du rossbif mangé au Messti de la Krutenau, où tous les restaurants affichaient cette spécialité de cheval braisé à leur menu. Autrefois mariné trois jours et deux nuits — pour masquer l'odeur d'une viande qui n'était pas toujours fraîche, à une époque sans congélateur —, il ne marine plus souvent qu'une nuit dans les cuisines actuelles, même si certains, fidèles à la recette « à l'ancienne », conservent la longue marinade de trois jours. Il reste aujourd'hui une spécialité propre à l'Alsace et à l'est de la Moselle : en dehors de cette zone, la restauration ne propose guère de viande de cheval à sa clientèle.

Caractéristiques du produit

Description sensorielle

Aspect

Des tranches fines de viande brun foncé, nappées d'une sauce brune et onctueuse.

Goût

Une sauce corsée, parfumée par la longue cuisson au vin rouge et aux aromates (laurier, girofle, genièvre, coriandre).

Texture

Une chair fondante après plusieurs heures de mijotage, qui se tient bien et se découpe en fines tranches une fois refroidie.

Variétés & déclinaisons

Si la longe ou le paleron de cheval restent la coupe de référence, certains traiteurs et cuisiniers proposent une version au bœuf (paleron, jumeau ou rumsteck) pour les convives qui ne consomment pas de viande chevaline — une alternative assumée, qui garde la même marinade et la même cuisson longue au vin rouge.

Mode de fabrication

01

Marinade

Dans la recette « à l'ancienne », la viande marine au moins trois jours au frais dans du vin rouge, avec oignon, ail… Lire la suite
Dans la recette « à l'ancienne », la viande marine au moins trois jours au frais dans du vin rouge, avec oignon, ail, carotte, laurier, clous de girofle, baies de genièvre et grains de coriandre concassés ; beaucoup de cuisines actuelles raccourcissent cette étape à une seule nuit.
02

Rissolage

Égouttée, la viande est saisie sur toutes ses faces dans un peu d'huile, puis réservée au chaud.

03

Base de sauce

Dans la même sauteuse, les légumes et aromates de la marinade sont revenus, puis liés avec du concentré de tomate, de la… Lire la suite
Dans la même sauteuse, les légumes et aromates de la marinade sont revenus, puis liés avec du concentré de tomate, de la moutarde et de la farine légèrement torréfiée.
04

Cuisson longue

La viande rejoint la sauce et mijote à couvert environ trois heures, jusqu'à devenir fondante.

05

Refroidissement et tranchage

Laissée refroidir avant d'être découpée, la viande se tient mieux et se tranche fin ; elle est ensuite réchauffée, n… Lire la suite
Laissée refroidir avant d'être découpée, la viande se tient mieux et se tranche fin ; elle est ensuite réchauffée, nappée de sa sauce passée au tamis.

Dégustation & accords

Rossbif alsacien — illustration générée par IA Illustration générée par IA

Le rossbif se déguste bien chaud, la sauce nappant les fines tranches de viande. Les trois accompagnements traditionnels sont la salade de pommes de terre tiède, les frites et les spätzle — certains servent même les trois à la fois.

Labels & Certifications

À noter

Le rossbif alsacien ne porte aucun signe officiel de qualité (AOP, AOC, IGP, STG, Label Rouge) : c'est une recette traditionnelle et artisanale, transmise de génération en génération et déclinée différemment selon les foyers, les traiteurs et les charcuteries, jamais codifiée par un cahier des charges.

Les acteurs du terroir

Aucun acteur n'est encore référencé pour ce produit.