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IGP — Franche-Comté
Fumée dorée, parfumée au carvi — la saucisse de Montbéliard est la reine des choucroutes et des potées franc-comtoises, petite sœur de la Morteau et compagne inséparable des longues tablées d'hiver.
Charcuterie de Franche-Comté, IGP depuis 2013.
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La tradition des salaisons en Franche-Comté est l'une des plus anciennes de France. Dès le Ier siècle avant notre ère, les Mandubiens, tribu gauloise, développent une grande maîtrise du salage des viandes — un savoir-faire qu'ils transmettent aux Séquanes et aux Éduens, peuples installés sur l'actuel territoire franc-comtois ; les salaisons des Séquanes seront à leur tour réputées jusqu'à Rome. En 58 avant J.-C., César lui-même vante déjà la qualité des terres et des viandes de porc de la région ; les vestiges de fumoirs gallo-romains mis au jour à Mandeure (Epomanduodurum), près de Montbéliard, attestent l'ancienneté de ce savoir-faire. Dès le XIVe siècle, la saucisse — alors appelée andouille ou andouillette — se distingue déjà par une recette originale : un mélange de maigre et de gras de porc local, assaisonné d'ail et de carvi (cette plante locale également désignée sous le nom de cumin), longuement séchée dans une cheminée où brûlent des bois résineux.
La saucisse de Montbéliard et la saucisse de Morteau partagent la même famille, le même terroir et la même technique de fumage aux résineux. Mais elles ne sont pas sœurs jumelles : la Montbéliard est plus fine et plus courte, fermée par torsion — sans cheville de bois —, et son cahier des charges impose systématiquement du poivre ainsi que du cumin et/ou du carvi, cette graine locale aux notes anisées et poivrées. Sa fumaison minimale est également plus courte que celle de la Morteau Label Rouge (24h en tuyé traditionnel), ce qui lui donne un goût de fumé plus délicat et une chair plus souple.
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Comme pour la Morteau, les artisans du Pays de Montbéliard se sont mobilisés pour protéger l'authenticité de leur saucisse face aux imitations : une confrérie, les Compagnons du Boitchu, voit le jour dès 1977 pour la défendre et la promouvoir, suivie en 1992 d'un premier label régional, la « véritable saucisse de Montbéliard ». La filière porcine dépose son dossier de reconnaissance européenne en 2001 ; après une procédure d'opposition nationale ouverte en 2010, la saucisse de Montbéliard obtient son IGP en 2013 — plus tard que la Morteau (2010) mais avec la même ambition : garantir au consommateur une saucisse fabriquée et fumée dans les quatre départements franc-comtois, selon un cahier des charges précis.
La saucisse de Montbéliard se présente sous une forme cylindrique légèrement courbée, d'un diamètre minimum de 25 mm à l'embossage, généralement commercialisée par paires. Son boyau naturel, non coloré et fermé par torsion, prend au fumage une couleur ambrée, entre le brun et le doré — mais non homogène, laissant apparaître par transparence les zones plus foncées du maigre et plus claires du gras. La chair, rosée à rouge sombre, est hachée grossièrement mais reste bien liée à la coupe. Elle se distingue de la Morteau au premier coup d'œil : pas de cheville de bois, fermeture par simple torsion du boyau, format plus fin.
Aspect
Saucisse légèrement courbée, boyau naturel non coloré fermé par torsion, couleur ambrée entre le brun et le doré, vendue par paires.
Odeur
Arôme de fumée de résineux nettement présent, particulièrement sur le produit cru.
Goût
Flaveur fumée équilibrée et persistante en bouche, jamais acide ni âcre ; goût de viande relevé par le poivre et le cumin et/ou le carvi.
Texture
Moelleuse et souple à la cuisson, ferme et juteuse en bouche, hachage grossier bien lié qui ne se défait pas à la coupe.
La grande distinction de la Montbéliard par rapport aux autres saucisses fumées franc-comtoises est cet assaisonnement obligatoire au poivre et au cumin et/ou au carvi — cette graine locale qui apporte des notes anisées et légèrement poivrées. Son goût reste équilibré et accessible, avec un fumé plus délicat que celui de la Morteau, ce qui en fait la saucisse idéale pour la choucroute où elle doit s'intégrer sans dominer.
Porc élevé en Franche-Comté, maigre et gras sélectionnés pour la mêlée.
Crue, cuite ou surgelée, généralement vendue par paires.
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La saucisse de Montbéliard se cuit 20 à 25 minutes à l'eau frémissante, plongée en eau froide puis chauffée progressivement, sans jamais porter à forte ébullition — au risque de faire éclater le boyau — et sans la piquer avant cuisson. Elle peut aussi être cuite en papillote au four (200-210°C, 20 à 25 min), enveloppée dans du papier aluminium pour concentrer ses arômes. Son accord traditionnel par excellence est la choucroute garnie — elle y apporte fraîcheur fumée et notes anisées qui répondent aux graines de genièvre du chou. Elle accompagne aussi à merveille une potée franc-comtoise aux légumes d'hiver, une raclette ou simplement des pommes de terre nappées de cancoillotte. Côté vins, un Beaujolais Villages ou un Bourgogne rouge fruité et léger équilibre parfaitement ses notes épicées et fumées ; un Poulsard d'Arbois ou un Crémant du Jura en apéritif font aussi merveille.
Depuis : 2013
Zone couverte : Doubs (25), Jura (39), Haute-Saône (70), Territoire de Belfort (90)
Exigences clés : Boyau naturel non coloré, poivre et cumin et/ou carvi obligatoires, diamètre min. 25 mm à l'embossage, fumaison min. 6h au bois de résineux, porc élevé en Franche-Comté
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