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AOC — AOP — Bourgogne
Bleue de patte, blanche de plume, rouge de crête — la seule volaille au monde à porter une AOP, et la seule à avoir inspiré Brillat-Savarin : "la reine des volailles, la volaille des rois."
Volaille fermière de Bourgogne, AOP depuis 1996.
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La Volaille de Bresse est reconnue comme la reine des volailles depuis le XIXe siècle. Les illustres gastronomes Grimod de la Reynière et Brillat-Savarin, auteur de la célèbre formule « reine des volailles, volaille des rois » (La Physiologie du goût, 1825), en chantaient les louanges. Consommée depuis l'époque romaine dans la région, elle est mentionnée pour la première fois par écrit en 1591, dans les registres de Bourg-en-Bresse. C'est à partir des années 1930 que des syndicats professionnels avicoles se constituent pour vérifier la qualité de la volaille et le respect de la race standard. Ces syndicats se regroupent en fédération avicole le 13 juillet 1933. Le point de basculement intervient le 1er août 1957, quand le président de la République René Coty promulgue la loi relative à la protection de l'appellation « Volaille de Bresse » : c'est la naissance de l'Appellation d'Origine Contrôlée (AOC), la même année que la création du CIVB. En 1996, l'Europe reconnaît officiellement l'Appellation d'Origine Protégée (AOP), faisant de la Volaille de Bresse — avec sa cousine la Dinde de Bresse, protégée séparément — la seule famille de volailles au monde à bénéficier d'une AOP.
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La plaine de la Bresse, s'étendant sur trois départements (Ain, Jura, Saône-et-Loire), constitue un terroir unique en France : sols argilo-siliceux dépourvus de calcaire, climat humide et bocage qui préserve l'humidité et l'ombre, herbe grasse riche en vers et mollusques. Après une phase de démarrage en poussinière, les volailles sont élevées en liberté sur un parcours herbeux d'au moins 10 m² par animal ; leur alimentation associe les ressources du parcours à des céréales — le maïs devant représenter au moins 40 % de la ration — et des produits laitiers régionaux.
La race Gauloise de Bresse se distingue par des caractéristiques morphologiques uniques, fixées par l'arrêté du 22 décembre 1989 : plumage entièrement blanc, pattes fines et lisses, bleutées, à quatre doigts, crête simple rouge à grandes dentelures — les trois couleurs du drapeau français. Cette convergence entre une race exceptionnelle et un terroir privilégié crée une synergie gastronomique sans équivalent.
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Chaque année depuis 1862, les « Glorieuses de Bresse » — quatre concours de volailles mortes organisés à Bourg-en-Bresse, Louhans, Montrevel-en-Bresse et Pont-de-Vaux — soumettent les plus belles volailles fines de l'année à l'appréciation d'un jury de gastronomes, professionnels et chefs de cuisine ; le Grand Prix d'Honneur des chapons est récompensé par un Vase de Sèvres offert par la Présidence de la République. La présentation traditionnelle en « robe de Bresse » — la volaille roulée et bridée dans une toile végétale (lin, chanvre ou coton) cousue en corset pour répartir les graisses sous la peau — reste un geste d'art culinaire perpétué par les éleveurs et rôtisseurs bressans.
Le Comité Interprofessionnel de la Volaille de Bresse (CIVB), créé en 1957 en même temps que l'AOC, est aujourd'hui présidé par Georges Blanc, grand chef du Guide Michelin, qui confère à cette AOP un prestige gastronomique inégalé. La filière traverse cependant un repli marqué : 700 800 volailles ont été produites en 2024 par 109 éleveurs, contre 1,5 million de volailles et 500 éleveurs dix ans plus tôt, et le CIVB anticipe une nouvelle baisse à 660 000 volailles pour 2025.
Aspect
Plumage blanc immaculé contrastant avec les pattes bleuâtres et la crête rouge. Chair blanche et très fine, peau fine et dorée. Gras bien réparti sous la peau, donnant une apparence lisse et régulière. Bague en aluminium à la patte gauche et scellé à la base du cou garantissant l'authenticité AOP.
Odeur
Arôme délicat et légèrement poivré caractéristique de la race Gauloise, particulièrement intense lors de la cuisson.
Goût
Saveur riche et nuancée, persistante en bouche. Chair moelleuse et persillée, jamais sèche. Goût plus prononcé que les volailles fermières classiques, avec une note minérale subtile provenant du terroir bressan.
Texture
Chair ferme et fine malgré sa tendreté, offrant une tenue exceptionnelle à la cuisson. Gras fondant et savoureux qui ne rassasie jamais.
L'AOP « Volaille de Bresse » couvre trois catégories réglementées par le même cahier des charges, auxquelles s'ajoute la Dinde de Bresse, protégée par une AOP distincte depuis 1976 sous la même interprofession (CIVB) :
mâle ou femelle âgé de 108 jours minimum, poids minimum 1,3 kg effilé (1 kg « prêt à cuire »)
femelle âgée de 140 jours minimum, ayant constitué sa chaîne d'œufs sans être entrée en ponte, poids minimum 1,8 kg effilé, chair plus généreuse
mâle castré âgé de 224 jours minimum, poids minimum 3,0 kg effilé, chair très grasse et délicate ; commercialisé exclusivement entre le 1er novembre et le 31 janvier
AOP distincte (1976), saisonnalité hivernale, pour les festivités de fin d'année
poussins élevés en poussinière chauffée pendant 35 jours maximum avant l'accès au parcours.
accès à un parcours herbeux d'au moins 10 m² par volaille (prairies naturelles du terroir bressan).
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La Volaille de Bresse se prépare de façons infinies — rôtie lentement, braisée au vin blanc ou Chablis, en fricassée crémeuse, ou simplement poêlée avec un beurre blanc. Une cuisson douce, sans excès de chaleur, préserve la délicatesse de la chair et l'équilibre de ses saveurs.
Pour un poulet classique : rôti à 180°C pendant 1h30, arrosé régulièrement. Pour un chapon (plus gros) : 2h à 160°C. Pour la poularde : 1h45 à 170°C.
Accords vins : Chablis blanc, Bourgogne Aligoté, Côtes du Jura blanc, Pouilly-Fuissé, Montagny. Les vins blancs secs de Bourgogne exaltent la finesse de la chair sans l'écraser.
Accords mets : crème fraîche et échalotes, champignons de Paris, truffe noire, sauce aux écrevisses, sauce madère légère, jus à la moutarde de Dijon.
Depuis : 1957
Zone couverte : Plaine de la Bresse : Ain (01), Jura (39), Saône-et-Loire (71)
Exigences clés : Race Gauloise exclusive, parcours 10 m²/animal minimum, alimentation régionale certifiée (≥ 40 % maïs), âge minimum à l'abattage : poulet 108j, poularde 140j, chapon 224j, finition en épinette
Depuis : 1996
Zone couverte : Plaine de la Bresse : Ain (01), Jura (39), Saône-et-Loire (71)
Exigences clés : Enregistrement européen de l'appellation d'origine contrôlée, confirmant les exigences du cahier des charges national.
Organisme de défense et de gestion (ODG)
Confrérie
Éleveur-Rôtisseur
Familiale (reprise 2021)
EARL — Élevage familial (Bresse)
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