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IGP — Auvergne
Frotté au sel sec, séché dans l'air vif du Massif Central, affiné pendant de longs mois — le Jambon d'Auvergne rivalise avec les grands jambons secs européens, dans une discrétion toute auvergnate.
Charcuterie d'Auvergne, IGP depuis 2016.
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Le Jambon d'Auvergne plonge ses racines dans une nécessité ancestrale : conserver la viande fraîche à travers l'hiver, faute de moyen de réfrigération. La fabrication se déroulait traditionnellement l'hiver, seules les conditions hivernales des moyennes montagnes froides du Massif Central permettant alors d'assurer une bonne maîtrise des opérations de salage et de séchage. Les jambons, frottés au sel sec, se transformaient lentement en or charcutier au fil des mois.
Après la révolution agricole du XIXe siècle, l'arrivée du chemin de fer permet aux salaisons auvergnates de s'exporter au loin, principalement vers la région parisienne et le quart Sud-Est de la France. L'émigration dès 1830 de nombreux Auvergnats à Paris — qui y développent le commerce des bars et brasseries dans le sillage de celui du vin, du bois et du charbon — contribue largement à la diffusion et à la notoriété des salaisons de leur région d'origine. Plusieurs entreprises de salaison aujourd'hui implantées dans la zone ont ainsi vu le jour dès le XIXe siècle : les Salaisons Limoujoux à Clermont-Ferrand (activité attestée depuis 1845) ou les Salaisons des Monts à Tence (1870) comptent parmi les plus anciennes.
Après de longues années de démarches menées par le Consortium des Salaisons d'Auvergne, le Jambon d'Auvergne obtient sa Protection Géographique Indiquée le 10 février 2016. L'IGP définit une zone stricte (l'essentiel du Cantal, du Puy-de-Dôme et de la Haute-Loire, une partie de l'Allier, et quelques communes de Corrèze et du Lot), un affinage minimum de 8 mois, et surtout une signature gustative unique : l'ajout d'ail — en pulpe ou en poudre — dans le sel de salage. Cette touche aillée discrète est la marque de fabrique qui distingue le Jambon d'Auvergne de ses cousins lyonnais ou savoyards.
Aspect
Cuisse arrondie de couleur uniforme, ferme sans excès, avec ou sans os ; à la coupe, tranche de bonne cohésion et peu de gras de couverture, maigre rouge à rouge sombre, gras blanc à légèrement jaune ou rose
Odeur
Caractéristique du porc séché, jamais fumée, avec des arômes de type noisette, parfois accompagnés d'un léger parfum d'ail
Goût
Goût franc, avec quelquefois des notes de noisette, qui reste longtemps en bouche ; touche aillée discrète en fin de dégustation
Texture
Moelleuse à sèche selon l'affinage, jamais granuleuse
Le cahier des charges de l'IGP prévoit plusieurs formes de présentation à la vente, sous emballage ou à la coupe avec remise immédiate au consommateur : nu ou sous emballage, avec ou sans os, entier, par moitié, par quart ou par sixième, ou encore tranché sous vide ou sous atmosphère contrôlée.
Jambon entier ou en portions, avec os — La cuisse fraîche parée pèse au moins 8,5 kg à la mise au sel ; le jambon fini pèse au minimum 6 kg avec os à la sortie de l'affinage, après une perte de poids d'au moins 28 % durant tout le process.
Jambon désossé — Le désossage intervient après l'affinage, sur des produits finis satisfaisant déjà aux exigences du cahier des charges, en préparation du tranchage.
2 à 7 jours à une température de 15 à 30°C, qui développe les arômes de type noisette.
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Le jambon d'Auvergne se savoure en tranches fines (2 mm), à température ambiante (18-20°C), seul ou accompagné de pain complet grillé et beurre frais. Ses saveurs aillées s'expriment mieux sans accompagnement sucré. Accords vin : Côtes d'Auvergne rouge léger (Gamay), Mondeuse de Savoie, ou blanc sec (Marsanne). En cuisine : copieux sur une salade aux noix et lardons, dés dans un velouté de pois cassés, ou plateau de fin de repas avec fromage alpin (Cantal jeune).
Depuis : 2016
Zone couverte : Cantal (15), Puy-de-Dôme (63), Haute-Loire (43), Allier (03) — plus dix communes de Corrèze (19), dont Ussel, et la commune de Labastide-du-Haut-Mont dans le Lot (46)
Exigences clés : Salage sec additionné d'ail, sans contrainte d'origine géographique pour les porcs (seule la transformation, du salage à l'affinage, a lieu dans l'aire IGP), affinage minimum 8 mois (240 jours), jamais fumé, vente entier ou en portions (moitié, quart, sixième), avec ou sans os
Coopérative / Organisme de gestion IGP
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