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IGP — Auvergne
Dans les caves fraîches du Massif Central, pendu aux crochets de fer, le saucisson sec d'Auvergne sèche lentement pendant des semaines — charcuterie de patience, symbole de la table auvergnate.
Charcuterie d'Auvergne, IGP depuis 2016.
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Le saucisson sec d'Auvergne trouve son origine dans les fermes du Massif Central, où la conservation des viandes de porc par salage et séchage relève d'une pratique paysanne ancienne, restée généralisée jusqu'au milieu du XXe siècle. En l'absence de chambre froide, seules les conditions hivernales de la moyenne montagne permettaient de maîtriser le salage et le séchage : la fabrication se concentrait donc à la saison de la « tuade », l'abattage du cochon à la ferme. Ces gestes paysans ont été décrits par les écrivains régionalistes : Suzanne Robaglia raconte en 1935, dans son livre de cuisine Margaridou, comment on « fait mangougne », tandis qu'Ulysse Rouchon détaille les techniques d'abattage et de salaison dans La vie paysanne dans la Haute-Loire (1933-1938).
Au XIXe siècle, l'arrivée du chemin de fer permet d'expédier les salaisons vers Paris et le quart Sud-Est, tandis que l'émigration massive des Auvergnats vers la capitale à partir de 1830 diffuse la réputation du saucisson à travers les bars et brasseries qu'ils y tiennent. Plusieurs entreprises de salaison aujourd'hui adhérentes du Consortium des Salaisons d'Auvergne remontent à cette époque, comme les salaisons Limoujoux à Clermont-Ferrand, en activité depuis 1845. Le Saucisson sec d'Auvergne est aujourd'hui régulièrement récompensé lors des grands concours français, notamment le Concours Général Agricole de Paris et le Concours international du meilleur saucisson Saucicréor de Nouan-le-Fuzelier.
La démarche débute en 1995, portée par l'Association de développement des industries de transformation de la viande en Auvergne — déjà détentrice du Label Rouge depuis 1977. Le dossier est proche d'aboutir en 1998, mais la loi de 1999, qui confie à l'INAO l'instruction des IGP, impose une intégration plus poussée de la filière amont : c'est pour y répondre que naît, en 2002, le Consortium des Salaisons d'Auvergne (CSA), qui réunit éleveurs, abatteurs-découpeurs et salaisonniers. Un consensus entre production et transformation est trouvé en 2004, et l'INAO valide le dossier le 5 décembre 2006. Le cahier des charges est homologué au niveau national par arrêté du 3 mars 2009, avant sa transmission à la Commission européenne par arrêté du 29 octobre 2015 et son enregistrement définitif en Indication Géographique Protégée par le règlement européen du 7 septembre 2016, publié au Journal officiel de l'Union européenne le 20 septembre 2016. Plus de vingt ans de démarche, pour un produit qui, depuis le XIXe siècle, représentait déjà l'une des grandes charcuteries du Massif Central.
Aspect
Boyau naturel pour les pièces entières (les plus grosses pièces destinées au tranchage peuvent être embossées en boyau collagénique, retiré avant tranchage) ; tranche de couleur rouge à rouge sombre, à forte cohésion, avec peu de gras mais bien réparti
Odeur
Aillée — l'ail est systématiquement incorporé à la mêlée, à raison de 1 à 3 g/kg de pulpe
Goût
Aillé, en accord avec l'aromatisation systématique à l'ail de la mêlée
Texture
Moelleuse à sèche, selon le calibre de la pièce et le degré d'affinage
Format « chaudin » — Diamètre 4 à 8 cm, longueur 10 à 20 cm, poids 200 à 400 g, durée de fabrication minimale de 21 jours. Le format le plus courant.
Format « suivant » — Diamètre 5 à 10 cm, longueur 15 à 35 cm, poids 400 à 800 g, durée de fabrication minimale de 28 jours.
Grosses pièces (« rosette », « fuseau ») — Diamètre 6 à 12 cm, longueur 20 à 50 cm, poids supérieur à 800 g, durée de fabrication minimale de 42 jours.
Saucisse sèche d'Auvergne — Boyau « menu » plus fin (diamètre 2,5 à 5 cm), poids 200 à 350 g pour les pièces courtes, jusqu'à 4 kg pour la « saucisse perche » enroulée sur une perche pour son séchage, durée de fabrication minimale de 18 jours. Même IGP que le saucisson, sous une dénomination distincte.
Ce qui distingue le Saucisson sec d'Auvergne IGP — Une origine circonscrite à la zone historique (l'Auvergne, moins le nord de l'Allier, plus le canton d'Ussel en Corrèze), un hachage gros, une aromatisation à l'ail plus soutenue que la moyenne des quelque 2 000 sortes de saucissons répertoriées en France, et une couleur plus sombre, liée au recours traditionnel à des animaux plus âgés ou plus lourds.
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Se savoure en tranches minces (2-3 mm), soit seul en apéritif, soit accompagné de pain de campagne grillé et de beurre frais. Les saveurs aromatiques se révèlent davantage à température ambiante (18-20°C) qu'au froid. Accords vin : Côtes d'Auvergne rouge léger, Gamay du Forez, ou blanc sec (Marsanne locale). Accord alcool : pastis dilué ou kir. En cuisine : râpé fin sur une salade auvergnate (lentilles vertes du Puy, chèvre frais), ou dés dans une soupe de pois cassés à l'ancienne.
Depuis : 2016
Zone couverte : Cantal (15), Puy-de-Dôme (63), Haute-Loire (43), Allier (03, moitié sud) — avec communes du canton d'Ussel en Corrèze (19) et une commune du Lot (46)
Exigences clés : Boyau naturel (sauf grosses pièces tranchées, en boyau collagénique), ail systématique dans la mêlée (1 à 3 g/kg), durée de fabrication minimale de 18 à 42 jours selon le calibre, liste positive d'ingrédients et additifs autorisés (sel, sucres, ail, ferments, nitrate/nitrite/ascorbate en dose encadrée)
Coopérative / Organisme de gestion IGP
Industrie artisanale
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