Illustration générée par IA
Alsace
Chaque 6 décembre, sur le rebord des fenêtres alsaciennes, un petit bonhomme de brioche tiède attend les enfants sages — la promesse que Saint Nicolas n'a oublié personne.
Pâtisserie ou spécialité boulangère d'Alsace.
Illustration générée par IA
Le mot Mannele vient de l'alémanique alsacien et du francique lorrain : il signifie littéralement « petit bonhomme ». Cette brioche en forme de silhouette humaine est préparée depuis le XVe siècle par les boulangers de tradition germanique à l'occasion de la Saint-Nicolas, fêtée le 6 décembre, ainsi que par de nombreuses familles alsaciennes et mosellanes. Son origine reste partagée entre deux récits : certains y voient une représentation de saint Nicolas lui-même, évêque de Myre ; en Alsace, on préfère souvent y reconnaître les trois enfants que le saint aurait sauvés d'un boucher malintentionné, une légende que l'écrivain Louis Pitz a consignée dans ses Contes et légendes de Lorraine. Le conte veut que Saint Nicolas, lors d'un de ses voyages, ait retrouvé trois petits enfants enfermés dans le saloir d'un boucher, et qu'il les ait fait ressusciter d'un geste des trois doigts.
Illustration générée par IA
La brioche change de nom en changeant de département : on parle de Mannele dans le Bas-Rhin et en Moselle voisine, et de Mannala dans le Haut-Rhin, où la Saint-Nicolas se fête traditionnellement dès la veille au soir, le 5 décembre. Dans l'est de la France, la même figure porte encore d'autres noms selon les vallées : « petit Saint-Nicolas » en Lorraine, coualé ou kouâlé dans les Vosges — un mot qui signifie « tordu » en dialecte lorrain et rappelle la silhouette torsadée du bonhomme —, ou encore Jean Bonhomme en Franche-Comté. Le Mannele appartient à toute une famille de « pains de la Saint-Nicolas » alsaciens, aux côtés des Schnackle ou Schnekerle en forme d'escargot et des petits pains d'épices Läckerlis. Dégusté en famille, il accompagne volontiers un bol de chocolat chaud ou de café ; certains boulangers l'enrichissent de raisins secs ou de pépites de chocolat, voire le trempent dans le chocolat fondu.
Aspect
Petit pain brioché doré, façonné en silhouette de bonhomme — une tête ronde posée sur un corps aux bras et jambes découpés au couteau, les yeux marqués de deux pignons de pin ou de raisins secs.
Goût
Brioche légèrement sucrée, au parfum de beurre et de levure, sans épices dominantes.
Texture
Mie moelleuse et filante sous une croûte fine et brillante, obtenue par une dorure au jaune d'œuf avant cuisson.
la version la plus courante, avec deux pignons de pin en guise d'yeux.
raisins secs ou pépites de chocolat pour les yeux et les boutons, parfois trempage dans le chocolat fondu.
certains artisans déclinent le même bonhomme en pain d'épices au miel, décoré à la main de motifs en pâte d'amandes.
les bonhommes façonnés lèvent une nouvelle fois environ 30 minutes, sous un linge humide.
Illustration générée par IA
Le Mannele se déguste tiède ou à température ambiante, le plus souvent au petit-déjeuner ou au goûter du 6 décembre, avec un bol de chocolat chaud ou de café au lait — l'association classique du goûter d'enfant alsacien.
Le Mannele ne porte aucun signe officiel de qualité (AOP, IGP, Label Rouge) : c'est une pâtisserie familiale à la recette libre et non codifiée, préparée aussi bien par les boulangers de tradition germanique que par les familles alsaciennes elles-mêmes.
Artisan
Faites-vous référencer et gagnez en visibilité auprès des amateurs de produits du terroir.
Demander mon inscription