Illustration générée par IA
Alsace
À l'approche de Noël, chaque cuisine alsacienne embaume la cannelle, l'anis et le beurre noisette : les Bredele sont en train de cuire.
Pâtisserie ou spécialité boulangère d'Alsace.
Illustration générée par IA
Le mot Bredele vient du vieux haut-allemand Brot (pain), avec le diminutif -ele signifiant « petit ». Ce sont donc, à l'origine, de tout petits pains sucrés et épicés — ancêtres modestes de nos biscuits de Noël actuels. Les premières traces remontent au XIVe siècle : on a retrouvé le long du Rhin d'anciens moules à bredele datant de cette époque, sans certitude qu'ils aient déjà servi aux fêtes de Noël ou à d'autres occasions festives.
La première mention écrite date de 1570 : cette année-là, le Magistrat de Strasbourg interdit le marché de la Saint-Nicolas. Les ménagères de la ville manifestent alors leur mécontentement, car elles ne peuvent plus s'approvisionner en épices et agrumes — oranges, mandarines, citrons — indispensables à la confection des bredele. C'est ainsi que les petits biscuits de Noël s'invitent, pour la première fois, dans les archives écrites de la région.
Illustration générée par IA
Pendant des siècles, les bredele restent l'apanage exclusif du foyer. Chaque famille alsacienne possède ses propres recettes, transmises de génération en génération. La confection débute dès la fin novembre, au premier week-end de l'Avent, dans une effervescence collective qui mêle les générations autour de la table de cuisine. Les boîtes en métal s'accumulent, s'échangent entre voisins, s'offrent aux visiteurs.
Ce n'est qu'à la fin du XVIIIe siècle que la production de bredele commence à sortir du cadre strictement domestique : Fortwenger, fondée en 1768 à Gertwiller, compte parmi les premières maisons à produire et commercialiser ces petits gâteaux. Au XIXe siècle, l'apparition des emporte-pièces multiplie les formes festives — étoiles, cœurs, sapins — et démocratise leur confection.
Aujourd'hui, les bredele sont l'un des emblèmes les plus reconnaissables des marchés de Noël de Strasbourg, dont le plus emblématique, le Christkindelsmarik, anime la place Broglie. Les chalets en bois regorgent de présentoirs colorés : étoiles dorées, lunes nacrées, sapins verts saupoudrés de sucre, cœurs garnis de confiture. Chaque biscuitier artisanal y défend ses recettes de famille face aux grandes maisons.
Aspect
Petits biscuits de formes variées (étoiles, lunes, cœurs, sapins, anneaux), dorés ou nappés de glace royale selon la variété.
Odeur
Le parfum qui s'échappe du four est une signature de l'Avent alsacien — cannelle, anis, vanille, et la douceur beurrée des Butterbredele.
Goût
Selon la variété, le spectre va du très délicat et beurré (Butterbredele) au robustement épicé (Zimtstern), en passant par la fraîcheur anisée (Anisbredele).
Texture
En général croquants, ce qui leur permet de se conserver dans une boîte en métal — certaines variétés moelleuses (notamment celles à l'amande) font exception.
L'Alsace compte plusieurs dizaines de variétés de bredele — les recettes se transmettent en famille, et chaque maison garde sa série. Les plus répandues :
Illustration générée par IA
le grand classique : beurre, farine, sucre, vanille. Découpés à l'emporte-pièce en sapins, lunes, étoiles et cœurs, dorés au jaune d'œuf.
Illustration générée par IA
anis vert en graines. Ronds et bombés, ils portent à leur base le « pied » craquelé que forme une nuit de séchage avant cuisson.
Illustration générée par IA
les « souabes » : amandes moulues, cannelle et zeste de citron, découpés à l'emporte-pièce et dorés à l'œuf. L'un des quatre que toutes les sources citent.
Illustration générée par IA
pâte poussée au hachoir ou à la douille, en barres cannelées, en S ou en couronnes ; stries régulières sur toute la longueur.
Illustration générée par IA
sans farine : amandes moulues, cannelle, blanc d'œuf, sous un glaçage blanc opaque. La variété la plus connue hors d'Alsace.
Illustration générée par IA
moulés dans des moules en bois sculptés, aux motifs très détaillés ; l'un des plus anciens types de bredele, connu depuis le XVIe siècle.
Illustration générée par IA
petits croissants à la vanille et aux amandes, roulés dans le sucre glace.
Illustration générée par IA
les « coquins » : deux disques sablés, celui du dessus percé de trois trous par lesquels apparaît une gelée de groseille.
Illustration générée par IA
même principe, mais une seule fenêtre évidée au centre sur une confiture de framboise, et un voile de sucre glace.
Illustration générée par IA
bâtonnets en dents de scie, obtenus sur une plaque à empreintes ; beurre et zeste de citron.
Illustration générée par IA
petits dômes de noix de coco râpée sur blanc d'œuf monté, pointes dorées à la cuisson.
Illustration générée par IA
noisettes torréfiées dans la pâte, souvent une noisette entière posée au centre.
Illustration générée par IA
au cacao, parfois nappés de chocolat noir.
Illustration générée par IA
flocons d'avoine et cacao, à la surface rustique et grumeleuse.
Illustration générée par IA
Les bredele se dégustent à température ambiante, accompagnés d'un vin chaud alsacien (Glühwein) ou d'un thé aux épices de Noël. Pour les adultes, un verre de Gewurztraminer vendanges tardives ou d'eau-de-vie de poire Williams fait merveille avec les variétés les plus épicées. Les enfants les trempent volontiers dans du chocolat chaud. Ils s'offrent dans des boîtes décoratives et voyagent bien — ambassadeurs idéaux d'Alsace pour les amis lointains.
Les bredele ne bénéficient d'aucun label IGP ou AOP — leur recette est libre, multiple et non codifiée.
Grande maison artisanale
Artisan
Artisan
Faites-vous référencer et gagnez en visibilité auprès des amateurs de produits du terroir.
Demander mon inscription