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IGP — Bretagne
Un des deux seuls cidres français protégés par une IGP, le Cidre de Bretagne naît du mariage entre les pommes du massif armoricain et le savoir-faire séculaire des cidriers bretons — fruité, effervescent, authentique.
Boissons Cidricoles de Bretagne, IGP depuis 1996.
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Le mot « cidre » apparaît en Bretagne dès le VIe siècle, sous la forme « ciséra », dans les récits de Saint-Guénolé relatifs à l'abbaye de Landévennec, en vallée d'Aulne — la plus ancienne trace écrite du breuvage sur la péninsule. L'exploitation de pommiers y est ensuite attestée dès le Xe siècle, dans la région de Clohars-Carnoët près de Quimperlé. Selon la Maison Cidricole de Bretagne, la plantation des premiers vergers par le clergé remonte plus précisément aux XIe-XIIe siècles, avec un essor plus marqué au XIIIe. Le climat océanique du massif armoricain — étés tempérés, hivers peu rigoureux, absence de déficit hydrique estival — offre aux pommiers des conditions favorables à leur développement, là où la vigne, elle, ne prospère pas.
C'est en réalité au XVIe siècle, avec le développement du trafic maritime, qu'apparaissent les variétés aujourd'hui cultivées : le verger cidricole breton se renouvelle alors à partir de pommes à cidre importées du Nord-Ouest de l'Espagne (Biscaye). Amères et riches en tanins, ces pommes jouent un rôle antiseptique qui améliore sensiblement la fermentation et la conservation des cidres. Le verger ne s'implante cependant pas partout : faute de cuivre — un oligo-élément nécessaire aux pommiers — dans les granits bretons et les grès armoricains, sa culture reste circonscrite aux terroirs pourvus de roches volcaniques, de gneiss amphiboliques ou de schistes, comme le Val de Rance, le pays bigouden, la vallée de l'Aulne, le sud du Morbihan ou la vallée de la Vilaine — des terroirs qui restent aujourd'hui encore les grands bassins de plantation.
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Après 1789, la levée des lourdes taxes que le parlement de Bretagne faisait peser sur la circulation du cidre ouvre sa diffusion hors de la région ; dans la première moitié du XIXe siècle, celle-ci s'accélère nettement. Les cidres du nord de la Bretagne, réputés pour « supporter » la mer, sont alors expédiés jusqu'à Terre-Neuve et dans les colonies, où ils trouvent un public jusqu'en Amérique. En 1904, l'Ille-et-Vilaine — premier département cidricole breton — atteint son record de production avec 6 millions d'hectolitres. Dans les années 1920, la production nationale de cidre (18 millions d'hectolitres) dépasse celle de la bière (14 millions), la Bretagne en représentant alors le tiers ; 1929 marque le sommet du verger avec 22,4 millions d'arbres, faisant de la région la première de France pour la culture du pommier à cidre. C'est cette première moitié du XXe siècle, non le Moyen Âge, que l'historien Yves Le Goas désigne comme « l'âge d'or du cidre en Bretagne ». Le verger s'effondre ensuite : régression de 47 % entre 1929 et 1965 sous l'effet des primes à l'arrachage liées à la reconversion cidricole, de la mécanisation et de l'intensification laitière, puis du remembrement des parcelles — un déclin encore aggravé par l'exode rural, qui fait chuter la consommation dès les années 1920.
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Face à cette hémorragie, les derniers producteurs artisanaux lancent une démarche collective de protection. L'Indication Géographique Protégée « Cidre de Bretagne » (ou « Cidre breton ») est enregistrée en 1996 (référence IG/04/96), créant un cadre légal qui délimite l'aire de production, définit les pommes à cidre admises et encadre les méthodes d'élaboration ; son cahier des charges a depuis été modifié, la dernière fois par un règlement d'exécution européen du 10 décembre 2018. Aujourd'hui, la filière réunit 5 entreprises industrielles, 40 artisans et une centaine de producteurs fermiers qui perpétuent cette tradition.
Les vergers bretons accueillent des centaines de variétés, classées selon leur teneur en tanins et leur acidité en cinq familles — douces, douces-amères, amères, acidulées et aigres. Les plus plantées en Bretagne sont le Frequin Rouge, le Kermerrien, la Marie Ménard et la Jeanne Renard. Près de la moitié de la surface des vergers est plantée en variétés amères ou douces-amères et un tiers en variétés acidulées ou aigres, le reste en variétés douces — une répartition qui reflète le choix traditionnel des cidriers bretons, privilégiant dans leurs assemblages les variétés acides, amères et douces-amères.
Ces familles jouent des rôles complémentaires dans l'assemblage final : les variétés douces apportent le sucre résiduel, les acidulées et aigres l'équilibre en fraîcheur, les amères et douces-amères la structure tannique caractéristique du cidre breton.
Aspect
Boisson limpide ou trouble selon les assemblages, de couleur variable — jaune paille à brun acajou selon la composition variétale et le terroir —, présentant de fines bulles et une mousse légère.
Odeur
Arômes riches, charpentés et rustiques ou, selon les assemblages, à dominante fruitée et fleurie, parfois enrichis de notes de maturation épicées.
Goût
Une dominante acide et une couleur plutôt pâle pour certains cidres, une dominante amère et une robe brun acajou pour d'autres selon la composition variétale et le terroir — le Cidre de Bretagne est avant tout réputé pour l'équilibre des saveurs entre amertume, acidité et sucre.
Texture
Effervescence en fines bulles et mousse légère, obtenue par prise de mousse naturelle ou par gazéification selon les producteurs.
Le cahier des charges distingue les profils par leur degré d'alcool plutôt que par leur teneur en sucre :
titre alcoométrique acquis au plus égal à 3 % vol., pour les desserts et les goûters
entre 3 et 4 % vol., l'équilibre le plus polyvalent
4 % vol. et plus, sec et affirmé
dénomination réservée aux cidres présentant une teneur minimale en gaz carbonique (3 g/litre pour une fermentation naturelle en bouteille, 4 g/litre pour les autres), conditionnés en bouteille champenoise fermée d'un bouchon champignon
Décantation, centrifugation, filtration ou collage affinent la limpidité du cidre avant conditionnement.
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Meilleur moment — Le Cidre de Bretagne se sert plutôt frais, entre 8 et 12°C, pour lui laisser la possibilité de développer tous ses arômes.
Verres — Traditionnellement, la bolée bretonne (petit verre droit en céramique). L'interprofession recommande aussi le verre tulipe, qui concentre les arômes.
Depuis : 1996
Zone couverte : 4 départements Bretagne (22, 29, 35, 56) + cantons limitrophes en Loire-Atlantique, Mayenne, Maine-et-Loire
Exigences clés : Pommes à cidre récoltées et transformées dans l'aire, tanins ≥ 0,6 g/litre, moûts concentrés autorisés jusqu'à 40 % du volume, prise de mousse naturelle ou gazéification
Chaque opérateur — producteur de pommes, négociant ou fabricant — doit être identifié auprès du groupement gestionnaire et tenir un enregistrement ou une comptabilité matière traçant l'origine des pommes, des moûts et des cidres à chaque étape ; les quantités produites sont déclarées chaque année. La conformité au cahier des charges est vérifiée par un organisme de certification indépendant, Bureau Veritas Certification France, sur pièces et sur site.
Syndicat (organisme de défense et de gestion)
Cidrerie Artisanale
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