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Bourgogne
Une pâte dorée, fine et piquante, née des graines de sénevé et du verjus bourguignon — condiment emblématique d'une gastronomie régionale qui en a fait l'or jaune de Dijon.
Épice ou condiment de Bourgogne.
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Dès le début du XIIIe siècle, la moutarde de Dijon apparaît dans les textes et les dictons populaires bourguignons. En 1381, le duc Philippe le Hardi, de retour d'une campagne menée aux côtés du roi Charles VI contre une insurrection en Flandre, aurait donné à son millier de Dijonnais sa devise personnelle « Moult me tarde » ; recopiée sur les pots des moutardiers de la ville, cette devise aurait peu à peu donné son nom au condiment. La fabrication est réglementée à plusieurs reprises entre 1390 et 1443, avant que vinaigriers et moutardiers ne s'unissent en 1634 pour en obtenir l'exclusivité et l'obligation d'apposer leur marque sur leurs pots.
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Vers 1742, un Dijonnais du nom de Jean Naigeon bouleverse la recette ancestrale en remplaçant le vinaigre par le verjus — ce jus acidulé issu de raisins verts non mûrs, cultivés dans les vignes toutes proches de la ville. Cette recette fait la renommée de la moutarde de Dijon.
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Durant deux siècles, Dijon règne sans partage sur le marché mondial de la moutarde ; les grandes maisons Maille, Amora et Fallot — cette dernière, moutarderie familiale bourguignonne installée à Beaune depuis 1840 — bâtissent des empires autour de cette recette. Mais la seconde moitié du XXe siècle voit la disparition de la culture de la graine en Bourgogne et une dépendance croissante aux importations : en 2008, 95 % des graines de moutarde consommées en France — environ 25 000 tonnes par an — provenaient du Canada, menaçant l'identité régionale du produit.
À la fin des années 1980, Amora-Maille et Fallot décident de relancer la culture de la graine de moutarde en Bourgogne même. En novembre 2009, la création de l'IGP « Moutarde de Bourgogne » officialise cet engagement : désormais, certains producteurs se vouent à fabriquer une moutarde dont les graines et le vin blanc sont exclusivement produits et transformés en Bourgogne. C'est l'affirmation d'un terroir qui refait surface après des décennies d'industrialisation.
Aspect
Pâte lisse et onctueuse, légèrement brillante, formant une masse homogène en pot
Couleur
Jaune doré intense, légèrement variable selon les cuvées
Texture
Fine et homogène (texture forte) ou granuleuse (à l'ancienne)
Odeur
Piquante et envoûtante, notes d'épices, légèrement souffrée
Goût
Piquant et acidulé, notes végétales, attaque en bouche puissante
Persistance
Chaude et longue, légère sensation de brûlure agréable en rétro-olfaction
formule classique, pâte lisse, piquant affirmé, sans matière grasse ajoutée
produit DISTINCT, protégé depuis 2009 : graines et vin blanc de Bourgogne obligatoires, fabrication sur place. Elle a sa propre fiche
graines entières visibles, texture granuleuse, saveur plus complexe et charnue
enrichie de cannelle, gingembre ou autres aromates régionaux
graines de moutarde (Brassica juncea ou Brassica nigra) triées et broyées à froid ou à la meule de pierre
ajout du verjus ou du vinaigre de vin blanc de Bourgogne pour l'IGP
repos de la pâte pour développer les saveurs
malaxage à froid pour obtenir une pâte lisse et crémeuse
mise en pots stériles, conservation fraîche recommandée
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Dégustation nature : cuillérée directe pour savourer le piquant authentique.
Accords vinicoles : Bourgogne blanc (Aligoté, Chardonnay), Beaujolais jeune ou Crémant de Bourgogne.
⚠️ La Moutarde de Dijon ne porte AUCUN signe officiel. L'IGP « Moutarde de Bourgogne » (2009), longtemps inscrite ici par erreur, protège un produit juridiquement distinct, qui a désormais sa propre fiche. L'appellation « Moutarde de Dijon », elle, n'est pas protégée juridiquement : elle renvoie au style et au savoir-faire historique, pas à l'origine des ingrédients, et peut être fabriquée à Dijon ou ailleurs. Seule fait exception la recette elle-même, encadrée depuis 1937 par décret (graines de moutarde brune, vinaigre, sel et acide citrique) — sans que cela garantisse l'origine des ingrédients. Seule la « Moutarde de Bourgogne IGP » garantit l'origine des graines et du vin ; sans elle, la moutarde peut utiliser des graines importées du Canada ou d'ailleurs. Les producteurs artisanaux comme Fallot défendent activement la relocalisation des cultures de moutarde en Bourgogne.
Confrérie
Moutarderie artisanale indépendante
Producteur IGP — Industrie artisanale
Industrie agroalimentaire — site industriel du groupe Unilever
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