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Alsace
Sur la place du Beffroi à Obernai, on ne s'arrête devant aucun autre stand avant d'avoir goûté au chaudron des vignerons : le vin chaud, star incontestée des marchés de Noël d'Alsace.
Vin chaud d'Alsace.
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Les Romains préparaient déjà un vin chaud épicé pour ses vertus digestives et pour se réchauffer en hiver, qu'ils appelaient « Conditum Paradoxum » ; les Grecs, eux, l'ont nommé « Hippocras » en référence à Hippocrate. À partir du Moyen Âge, la recette s'enrichit en France de clou de girofle, de cannelle et d'agrumes, avant de gagner en popularité dans toute l'Europe du Nord — Suède, Angleterre — jusqu'à devenir une véritable boisson de fête. Un site touristique consacré à Kaysersberg retrace un récit voisin : dès le premier siècle avant notre ère, le gourmet romain Apicius recommandait d'ajouter cannelle, laurier, clous de girofle et safran à un mélange de miel et de vin ; au Moyen Âge, l'hypocras — du nom d'Hippocrate — était réservé aux rois et aux nobles, tant la cannelle coûtait cher.
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Pour se démarquer sur le marché de Noël d'Obernai, des viticulteurs ont commencé à proposer un vin blanc chaud, épicé mais pas acide : sur la place du Beffroi, au chaudron de la Corporation des vignerons, on échange avec les viticulteurs et on choisit une bouteille de vin d'Alsace parmi celles présentées, avant de trinquer d'un « 'S gilt ! » (Santé !). Une seconde tradition, documentée par un site touristique consacré à Kaysersberg plutôt que par une source institutionnelle, décrit un vin chaud rouge : vin rouge sec, tranches d'orange ou de citron, bâtons de cannelle, clous de girofle et sucre ou miel, parfois relevé de vanille ou de cardamome. Les deux traditions coexistent sans qu'un cépage unique ne fasse consensus — le vin chaud d'Alsace tel qu'on le rencontre aujourd'hui sur les marchés de Noël emprunte à l'une ou à l'autre selon les stands.
Aspect
Couleur ambrée dorée pour la version au vin blanc, ou rubis profond pour la version au vin rouge ; tranches d'agrumes et bâtons de cannelle visibles à la surface.
Odeur
Épices chaudes — cannelle, clou de girofle — mêlées aux arômes acidulés des agrumes.
Goût
Épicé mais peu acide pour la version au vin blanc d'Alsace, délicate et conviviale ; plus corsée et légèrement sucrée pour la version au vin rouge.
Texture
Liquide chaud et légèrement sirupeux, du fait du sucre ou du miel ajouté à la préparation.
Deux déclinaisons se partagent les stands des marchés de Noël alsaciens. La première, portée par les vignerons d'Obernai, se prépare avec un vin blanc sec d'Alsace — Pinot blanc, Pinot gris, Sylvaner, Riesling ou Edelzwicker — l'Alsace produisant 90 % de vins blancs. La seconde, plus généralement associée au vin chaud tel qu'on le prépare ailleurs en France et en Europe, utilise un vin rouge sec relevé d'agrumes et d'épices.
bâtons de cannelle, clous de girofle, tranches d'orange ou de citron, sucre ou miel, parfois vanille ou cardamome.
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Le vin chaud se déguste fumant, dans un verre ou un gobelet, à la sortie d'un stand de marché de Noël — celui de la Corporation des vignerons, place du Beffroi à Obernai, avant tout autre. Il accompagne les autres gourmandises de Noël alsaciennes : pain d'épices, bredele, foie gras ou confitures, dans l'ambiance des marchés entièrement dédiés à la gastronomie et à l'artisanat. On le partage entre amis ou en famille avec un « 'S gilt ! » — Santé, en alsacien.
Le vin chaud d'Alsace ne porte aucun signe officiel (AOP, IGP, Label Rouge) : c'est une tradition culinaire des marchés de Noël, préparée par les vignerons et les stands locaux selon des recettes maison, sans cahier des charges qui l'encadre.
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