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AOP — Languedoc-Roussillon
Élixir vert de la garrigue romaine — deux mille ans d'oliviculture sur les terres du Gard, portés par la Picholine, olive unique du Languedoc.
Huile du Languedoc-Roussillon, AOP depuis 2004.
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L'archéologie et les textes antiques attestent d'une oléiculture déjà active dans la région nîmoise depuis plus de deux mille ans, intensifiée avec l'implantation des colonies romaines. Le Moyen Âge est marqué par deux hivers particulièrement rigoureux qui gèlent la majorité des oliviers gardois — mais la culture repart à chaque fois, preuve de son enracinement. Au XVe siècle, l'olivier tient une place à part entière dans la trilogie méditerranéenne, aux côtés des céréales et de la vigne. Entre 1680 et 1740, une succession de sécheresses et d'hivers rigoureux — l'hiver 1709 en particulier — décime le verger oléicole gardois ; quarante années sont nécessaires pour amorcer un renouveau, qui n'atteindra jamais le niveau antérieur. C'est à partir de cette période que le nom de « Picholine » apparaît pour désigner la variété principale du Gard, alors utilisée aussi bien pour l'huilerie que pour la préparation d'olives de bouche — elle était auparavant connue sous le nom de Plant de Collias, du village dont elle est originaire.
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Le XIXe siècle marque un retour de la prospérité oléicole : en 1842, le Gard compte 11 200 hectares d'oliviers et 225 moulins. Mais le gel de 1956 porte un coup fatal à cet élan — l'oléiculture gardoise, qui représentait alors 24 % du verger national avec 2 millions d'arbres, ne compte plus que 260 000 arbres après cette catastrophe. Des plans de relance misent sur la Picholine et le regreffage pour reconstituer les vergers ; malgré de nouvelles gelées sévères en 1971 et 1985, l'olivier retrouve grâce depuis 1990. L'AOP, obtenue en novembre 2004 puis confirmée au niveau européen en 2007, reconnaît cette histoire et consacre la prédominance de la Picholine : le cahier des charges impose un minimum de 70 % de cette variété (85 % en comptant les variétés complémentaires Négrette et Noirette) sur l'ensemble des vergers de l'appellation, qui s'étend aujourd'hui sur 223 communes du Gard et de l'Hérault.
Aspect
Couleur verte, avec parfois des reflets jaunes ; huile limpide, sans dépôt
Odeur
Sensations végétales — herbe fraîche, foin coupé, artichaut cru, parfois plant de tomate
Goût
Fruité dominé par l'herbacé et le foin, avec des notes d'ananas, de prune jaune et d'artichaut cru, complétées parfois de prune rouge ou de pomme ; amertume et ardence (piquant) modérées, entre 1,5 et 4,5 sur l'échelle du Conseil oléicole international
Texture
Fluidité naturelle, légère onctuosité en bouche
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L'Huile d'Olive AOP de Nîmes se déguste d'abord à la cuillère, légèrement réchauffée dans la paume : on perçoit alors toute la complexité de son fruité herbacé et la vivacité de son amertume polyphénolique. Ce « coupage » révèle la qualité de l'huile avant de l'utiliser.
En cuisine du quotidien, elle est l'huile de finition par excellence : quelques gouttes sur un poisson grillé, une tranche de tomate fraîche avec du basilic, ou une soupe de légumes juste avant de servir. Elle accompagne aussi naturellement la brandade de Nîmes, l'aïoli et les salades de la garrigue gardoise.
À éviter : les fritures à haute température, qui détruisent les polyphénols et les arômes délicats. L'huile de Nîmes est faite pour être célébrée crue ou en cuisson douce.
Depuis : 2004
Zone couverte : 223 communes (183 dans le Gard, 40 dans l'Hérault)
Exigences clés : Picholine min. 70 % (85 % avec les variétés complémentaires Négrette et Noirette), olives jamais ramassées au sol, délai récolte→mise en œuvre ≤ 6 jours, trituration mécanique < 30°C
Confirmée au niveau européen en 2007.
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