Mise à jour le

Porc de Franche-Comté — illustration générée par IA Illustration générée par IA

IGP — Franche-Comté

Porc de Franche-Comté

Sans ce porc élevé lentement dans les fermes comtoises, ni la Saucisse de Morteau ni la Saucisse de Montbéliard n'existeraient — le Porc de Franche-Comté est la matière première souveraine de toute la charcuterie fumée de la région.

Porc de Franche-Comté, IGP depuis 2010.

Découvrir

L'Essentiel

Histoire & Origine

Porc de Franche-Comté — illustration générée par IA Illustration générée par IA

L'IGP pionnière d'une filière laitière interdépendante

Le Porc de Franche-Comté n'est pas un fromage, ni un jambon : c'est une matière première, dont le cahier des charges IGP a été homologué le 10 novembre 2008 avant reconnaissance européenne en 2010 (règlement UE n°979/2010), sous la référence INAO IG/24/95. Cette reconnaissance émane d'une logique de terroir particulière qui lie indissociablement l'élevage porcin aux grandes fromageries comtoises produisant Comté, Morbier, Mont d'Or, Bleu de Gex et Gruyère. Contrairement à d'autres régions où porc et fromage sont deux filières séparées, la Franche-Comté a construit un modèle d'économie circulaire : les porcs sont nourris au petit-lait, sous-produit précieux des fromageries locales (les « fruitières »), dont les déjections amendent en retour les prairies des vaches laitières. Cette synergie confère au Porc de Franche-Comté une qualité de chair distinctive ; ses débouchés traditionnels sont les deux IGP phares de la charcuterie fumée comtoise, la Saucisse de Morteau et la Saucisse de Montbéliard.

Porc de Franche-Comté — illustration générée par IA Illustration générée par IA

Terroir des plateaux et des fromageries

La zone de production couvre quatre départements de l'ancienne région Franche-Comté : Doubs (25), Jura (39), Haute-Saône (70) et Territoire de Belfort (90). Ce territoire s'étire entre les plaines traversées par la Saône et le Doubs et les plateaux qui rejoignent la chaîne jurassienne, une région où l'agriculture est principalement tournée vers l'élevage bovin laitier. Les fromageries locales, appelées « fruitières », valorisent ce lait sous forme de fromages AOC (Comté, Morbier, Mont d'Or, Bleu de Gex, Gruyère) ; leur petite taille encourage une utilisation du lactosérum sur place, sans transport ni refroidissement, au bénéfice des élevages porcins voisins. Cette organisation ancestrale confère une harmonie écologique et économique : le petit-lait, coproduit du fromage, est consommé par les porcs dont les déjections amendent en retour les prairies qui nourrissent les vaches laitières.

Porc de Franche-Comté — illustration générée par IA Illustration générée par IA

Viande de qualité, matière première de charcuteries prestigieuses

L'IGP Porc de Franche-Comté offre une viande à la texture ferme et peu exsudative, avec des gras fermes et de couleur blanche, des qualités directement recherchées pour l'affinage des saucisses fumées. La production locale porcine dispose de débouchés régionaux à la fois en viande fraîche et sous forme de salaisons ; les salaisonniers de la région se sont d'ailleurs organisés pour faire reconnaître en IGP les deux débouchés traditionnels de la filière, la Saucisse de Morteau et la Saucisse de Montbéliard. Cette spécialisation crée une fierté collective : c'est le porc comtois qui fait la charcuterie comtoise.

Caractéristiques du produit

Description sensorielle

Aspect

Carcasse au poids chaud minimum de 75 kg (sans limite supérieure fixée). Gras de couverture ferme et de couleur blanche ; les graisses molles et huileuses sont éliminées au tri, et l'acide linoléique de la ration est plafonné à 1,7 % (matière sèche) pour limiter l'insaturation des lipides. Couleur de viande rosée et homogène.

Odeur

Fraîche et typée — seuls des mâles castrés et des femelles sont acceptés dans la filière, ce qui écarte le risque d'odeur désagréable propre aux mâles entiers.

Goût

Viande significativement plus tendre et plus juteuse que la viande standard ; une fois transformée, elle donne des jambons à l'arôme franc et très gustatif.

Texture

Texture ferme et peu exsudative, sans exsudat à la découpe ; à la cuisson, côtelettes tendres et jambons de texture ferme et onctueuse.

Variétés & déclinaisons

Sélection génétique

Plus que la race, ce sont deux gènes qui déterminent l'admission dans la filière : exclusion des animaux porteurs homozygotes du gène de sensibilité à l'halothane (hal) et de l'allèle RN- (moins de 3 % de porteurs tolérés)

Animaux acceptés

Femelles et mâles castrés uniquement ; mâles entiers, verrassons, monorchides, cryptorchides, hermaphrodites et truies de réforme sont exclus de la démarche

Formes de commercialisation

Vente sous forme fraîche réfrigérée : carcasses, découpe primaire, découpe secondaire, conditionnées ou non

Mode de fabrication

01

Sélection génétique

Exclusion des animaux porteurs homozygotes du gène halothane et de l'allèle RN- (moins de 3 % de porteurs tolérés) ;… Lire la suite
Exclusion des animaux porteurs homozygotes du gène halothane et de l'allèle RN- (moins de 3 % de porteurs tolérés) ; seuls femelles et mâles castrés sont engraissés
02

Alimentation spécifique

Petit-lait (lactosérum) obligatoire, entre 15 et 35 % de la matière sèche de la ration d'engraissement, complété de … Lire la suite
Petit-lait (lactosérum) obligatoire, entre 15 et 35 % de la matière sèche de la ration d'engraissement, complété de céréales et issues de céréales (minimum 50 % de la ration complémentaire, dont 25 % de céréales) provenant des fromageries comtoises (Comté, Morbier, Mont d'Or, Bleu de Gex, Gruyère)
03

Conduite sanitaire

Programme préventif sous responsabilité vétérinaire, nettoyage-désinfection systématique entre chaque bande d'animau… Lire la suite
Programme préventif sous responsabilité vétérinaire, nettoyage-désinfection systématique entre chaque bande d'animaux ; identification par tatouage à l'épaule avant 40 kg
04

Durée d'engraissement

Âge minimum d'abattage fixé à 182 jours (âge moyen observé entre 190 et 200 jours) ; poids chaud de carcasse d'a… Lire la suite
Âge minimum d'abattage fixé à 182 jours (âge moyen observé entre 190 et 200 jours) ; poids chaud de carcasse d'au moins 75 kg, sans limite supérieure
05

Abattage et sélection

Contrôle du pH ultime (≥ 5,50 dans le jambon, ≥ 5,40 dans la longe) et de la couleur de la viande sur l'échelle japo… Lire la suite
Contrôle du pH ultime (≥ 5,50 dans le jambon, ≥ 5,40 dans la longe) et de la couleur de la viande sur l'échelle japonaise ; élimination des graisses molles et huileuses
06

Valorisation

Débouchés traditionnels en viande fraîche et en salaisons, dont les deux IGP phares de la charcuterie fumée comtoise, Sa… Lire la suite
Débouchés traditionnels en viande fraîche et en salaisons, dont les deux IGP phares de la charcuterie fumée comtoise, Saucisse de Morteau et Saucisse de Montbéliard

Dégustation & accords

Porc de Franche-Comté — illustration générée par IA Illustration générée par IA

Le Porc de Franche-Comté ne se déguste pas directement, mais sous forme de charcuteries transformées. Voir les fiches Saucisse de Morteau et Saucisse de Montbéliard pour les suggestions d'accords. La viande fraîche se prête aux rôtis, côtes, escalopes — à cuisiner en plats régionaux bourguignons ou comtois.

Labels & Certifications

IGP

Depuis : 2010

Zone couverte : Doubs (25), Jura (39), Haute-Saône (70), Territoire de Belfort (90)

Exigences clés : Naissance, élevage et abattage en zone IGP ; petit-lait obligatoire (15-35 % de la ration) + céréales ; exclusion des porteurs du gène halothane et de l'allèle RN- ; âge d'abattage ≥ 182 jours, poids chaud de carcasse ≥ 75 kg ; contrôles de pH et de couleur de carcasse

Cahier des charges homologué le 10/11/2008.

Les acteurs du terroir

Aucun acteur n'est encore référencé pour ce produit.